‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 547 sur 581 · Comment dans cet ordre la fin est une raison · texte numérisé non relu

Comment dans cet ordre la fin est une raison

Partout où il y a ordre, il y a raison de l'ordre, et cette raison pénètre l'ordre tout entier. Ici la raison est la connexion des moyens <'i la fin.

Saint Thomas démontre en effet <[ue la volonté se porte par un même acte à vouloir la fin et les moyens :

Motus voluntatis in tinem et in id quod est ad finem potest considernri dupliciter.

Uno modo, secundum quod voluntas in utrumque fertur absoliite et secundum se, et sic sunt simpliciter duo motus voluntatis in utrumque.

Alio modo, potest considerari secundum quod voluntas fertur in id quod est ad finem propter finem, et sic unus et idem subjecto motus voluntatis est tendere ad tinem et in id quod est ad finem. Cum enim dico : volo medicinam propter sanitateni, non désigne nisi unum motum voluntatis- Cujus ratio est, quia finis ratio est volendi ea qua^ sunt ad finem; idem autem actus cadit super objectum et super rationera objecti; sicut eadem visio est coloris et luminis, sicut supra dictuni est (I^ ir, q. 8, art. 3, ad ^''-^ .

Et est simile de intellectu : Quia si absolule principium et conclusionem consideret, diversa est consideratio utriusque. In hoc autem quod conclusioni propter principia assentit, est unus actus intellectus tantuni (1).

Ce que saint Thomas dit touchant la volonté doit se dire de l'intellect pratique. L'intelligence, dans tout l'établissement de l'ordre, est dirigée par une seule et même raison qui concerne la relation de fin à moyen.

S'il n'y a qu'une seule manière d'obtenir la fin, celui qui se propose la fin se propose nécessairement le moyen qui en est inséparable. Dans ce cas, la fin est raison îiécessaire du moyen, et l'intention de la fin entraîne nécessaire-

(1) s. Tliomas, T Il'\ q. 12, art. 4.

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