‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 550 sur 581 · L'unité d'intention détermine l'unité d'action · texte numérisé non relu

L'unité d'intention détermine l'unité d'action

Voici que nous retrouvons plus visible et mieux développé le double courant (jui descend de la fin au moyen, et qui remonte du moyen à la lin.

Considérons le premier courant, et réduisons tout le système à trois termes. Pour atteindre la fin A, il faut le moyen B ; et pour obtenir B, il faut le moyen G. A est uniquement fin, G uniquement moyen, B à la fois moyen et tîn.

Or « qui veut la fin veut le moyen ». L'intention qui a pour terme A est encore une intention incomplète, tant qu'elle ne s'étend pas jusqu'à B. Elle est poussée par ce qu'elle est déjà, vers un nouveau terme où elle cherchera sa perfection et par conséquent son repos. Il y a donc là une sorte de mouvement dans l'intention, suivant la définition d'Aristote : Motus est actus entis inpotenda, in quantum est inpotentia.

Mais, à son tour, B est une fin dont G est le moyen. Donc l'intention, qui parvient à B, ne peut s'y arrêter, et elle doit passer jusqu'à G.

On le voit : la volition d'une fm, qu'on ne peut obtenir que par une série de moyens, part de cette fin, et est entraînée dans une sorte de courant, à travers toutes les fins intermédiaires, jusqu'au dernier terme qui n'est que moyen. La volonté qui décrète l'établissement du système, guidée par l'intellect pratique, descend de la fin qui n'est que fin, jusqu'au moyen qui n'est que moyen. Ou plutôt, car la volonté reste immobile dans l'intention de la fin dernière, l'acte qui veut cette fin s'étend à des termes successifs, dans un ordre qui descend toujours de la fin au moyen et se termine à ce qui n'est que moyen. On peut donc appliquer ici ce que saint Thomas dit dans un sens un peu différent :

Intentio respicit finem secundum quod est terminus motus voluntatis. In motu potest accipi terminus dupliciter. Uno

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