‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 579 sur 581 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Il est temps de m'arrêter, car déjà j'ai été entraîné dans l'étude de la liberté plus loin que je ne voulais aller. Et cependant les explications précédentes sont loin d'être complètes et suffisantes. Ce n'est que dans une théodicée qu'on peut envisager, dans leur ensemble, toutes les admirables voies par lesquelles la Cause Première atteint, dirige, accompagne la cause seconde, et les procédés à la fois (( suaves et puissants » par lesquels Dieu reste toujours maitre, en laissant l'homme toujours libre. Mais, si les quelques considérations précédentes ont été rigoureusement démontrées, elles demeurent et doivent être respectées dans tout système. Et voilà précisément pourquoi je me suis étendu à les expliquer, mon désir dans tout ce travail sur les causes étant uniquement de préparer le lecteur à comprendre la théodicée de saint Thomas.

Et d'ailleurs pouvais-je mieux résumer toute la doctrine de ce traité? Pouvais-je mieux établir la dignité et la grandeur de la causalité, qu'en montrant la relation entre la plus pure des causes et son chef-d'œuvre?

Une Cause qui n'est que cause, acte pur ot immuable, contenant dans l'éminence de son être toutes les réalités de ses effets, dans l'éminence de son idée toutes les raisons de ses images, dans l'éminence de sa volonté toutes les intentions de ses libres décrets !

Et son chef-d'œuvre sur la terre, ne rappelant pas seulement le Créateur par quelque trait de similitude comme les autres créatures, mais constitué formelle image de sa Cause dans son intelligence et sa volonté, cause à son tour

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et cause complète, — cause d'autant plus active quelle subit davantage la motion de sa Cause, cause libre précisément parce que son objet et sa fin sont l'Infini lui-même, et cause d'autant plus libre que son moteur lui montre mieux son objet et la pousse vers sa fin par un plus éner-

gique amour!

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