‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 70 sur 581 · CHAPITRK !\ . — DU SENS COMMUN · texte numérisé non relu

CHAPITRK !\ . — DU SENS COMMUN

est, d'après Aristote, un premier principe. Le sens commun ne serait-il autre chose que la connaissance des premiers principes? — Boèce continue :

« Il va deux sortes de conceptions communes. Les unes sont tellement communes qu'elles sont admises de tous les hommes. Par exemple, si vous dites : « De deux quantités égales ùtez des quantités égales, vous aurez encore deux quantités égales », il n'est personne qui, comprenant ce que vous dites, y contredise. Mais d'autres propositions ne sont communes qu'aux gens instruits, et cependant elles dérivent des premières; par exemple, « ce qui est incorporel n'est pas dans le lieu, » et autres propositions semblables, évidentes, non pour le vulgaire, mais pour les doctes seulement. «

Saint Thomas explique ainsi cette distiDction :

Hujus autem distinctionis ratio est, quia cum communis animi conceptio vel principium per se notum sit aliqua propositio, ex hoc quod prœdicatum est de ratione subjecti, si illud idem quod significatur per subjectum et pr^edicatum cadat in cognitionem omnium, consequens est quod hujusmodi propositio sit per se nota omnibus; sicut quid sit ccquale notum est omnibus et similiter quid sit subtrahi, et ideo pra^dicta propositio est in omnibus per se nota. Et similiter, « omne totum est majus sua parte, » et aha hujusmodi.

Sed ad apprehendendam rem incorporcam, solus intellectus sapientum consurgit. Nam vulgarium hominum intellectus non transcendunt imaginationem qua- est solum corporalium rerum; et ideo ea qua; sunt propria corporum, puta, esse in loco circumscriptive, intellectus sapientum statim removet a rébus incorporels, quod vulgus facere non potest (1).

Donc, deux sortes de principes immédiats : les uns connus seulement par les savants qui ont médité sur la nature des choses dont il est question ; les autres connus de tous, parce que tous connaissent de quoi il s'agit, et ces derniers sont les principes de sens commun. On peut donc définir le sens commun : le trésor des principes connus de tous les hommes, hahilus principiorutn ah omnibus noto-

(l) s. Thom., suiier Boetiutn de Uebdom.

78 LIVRK PREMIER. PRINCIPES I)K LOGIOl'K.

mm. Que si l'on veut introduire le raisonnement dans le domaine du sens commun, on peut encore y comprendre les premières conclusions que pose la raison plongée dans la lumière des principes, conclusions infaillibles et évidentes suivant l'adage antique : Quis m limine aberrat?

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