‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 90 sur 581 · Conclusion de ce livre · texte numérisé non relu

Conclusion de ce livre

Je me suis étendu, plus que je n'en avais l'intention, sur ces études de logique ; la crainte de n'être pas suffisamment compris m'a rendu prolixe. Mais j'accepte ce reproche sans trop de honte; car, pour que la métaphysique de nos docteurs se fixe dans l'esprit du lecteur, il faut que sa raison soit, d'avance, comme toute imbibée de la lo^-ique Aristotélicienne.

D'ailleurs, ces longues études sur la science, sur le nécessaire, sur l'universel, sur les principes premiers, ont pour ejQfet de rendre plus ferme et plus précise la notion de l'être. Or, nous venons de l'apprendre, cette notion est le point de départ de la vraie métaphysique.

Qu'on le sache donc bien : il n'y a dans le combat entre la vérité et l'erreur que deux positions franches, la notre et celle d'Heraclite. Aucune position intermédiaire n'est défendable. Forcément, il faut choisir entre le camp de l'être ou celui du néant.

Si l'on se résout à admettre que l'être procède du nonêtre, que la réalité provient du néant, que l'actualité a sa cause dans la possibilité, en un mot que le non-être prime l'être; alors on est disciple d'Heraclite et d'Hegel et l'on ne doit reculer devant aucune absurdité.

Si l'on a l'esprit trop fier pour ces débauches de pensée, qu'on se range sous le drapeau de l'être, et qu'on affirme hautement : L'être prime le non-être. Mais il faut que cette affirmation soit puissante, universelle, inflexible. Lorsqu'une formule exprime la notion même de l'être, on ne peut la restreindre, l'admettre dans un cas, et la nier dans un autre, la défendre dans cet exemple et l'abandonner dans cet autre.

(1) Essai sur l'armenide, par Riaux, p. 209.

Partout et toujours, cette maxime doit primer; et dès l'instant que la métaphysique de l'être viendrait à s'en départir, elle perdrait toute sa force contre la métaphysique du néant.

Nous marcherons donc, avec toute l'humanité , dans la voie naturelle de la raison : nous resterons toujours fidèles à ce g-rand axiome : L'être -[jrime le non-être; nous l'invoquerons sans cesse. Notre dialectique aura pour but de démontrer toute vérité par cette lumière et de refouler toute erreur dans le trou noir d'Heraclite et d'Hegel.

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