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méthémoglobinisante elle-même, en utilisant les recherches de v. MeriG ! d’après lesquelles cette action s'exercerait d'autant plus facilement que le sang est moins alcalin. Ë
Ce rôle antiméthémoglobinisant des alcalins a été étudié in vivo et in vitro par P. Mason?, mais élant donné la facile confusion par un examen spectroscopique simplement qualitatif, de la méthémoglobine alcaline et de l’oxyhémoglobine, surtout si les deux sont mélangées, cette étude est à reprendre spectrophotométriquement.
Parmi les poisons méthémoglobinisants, signalés comme ayant occasionné des intoxications chez l'homme”, le cLlorate de polasse vient au premier rang. Aux cas de mort déjà connus, il faut ajouter l'observation récente d’ALBRECHT * qui montre quel rôle considérable il faut sans doute attribuer aux causes prédisposantes indiquées par von MeriNG (dyspnée et fièvre, en plus de la diminution de l'alcalinité du sang‘ et commande, par suite, d'être circonspect dans l'administration des poisons méthémoglobinisants chez cerlains malades.
On à encore signalé des empoisonnements mortels, avec mélhémoglobinémie, par : l'acide pyrogallique, la nifrobenzine, la nitroglycérine (trinitrine), l’aniline. Certains cas sont d'origine criminelle La recherche de la méthémoglobine dans le sang peut donc avoir une valeur médico-légale. Mais celle valeur diminue à mesure que l'examen est fait plus
! Das chlorsaure Kali, Berlin, 1885.
? Archives internat. de Pharmacodyn., 5, 307 (1898). * Cf. Vibert. Toxicologie cliniq. et médico-légale, 1900, pp. 332-400. * Société imp. roy. des médecins de Vienne, 24 novembre 1905. Intoxication mortel:e, avec méthémoglobinémie, par CIOSK, chez un enfant de 3 ans qui en prit 1 gr. en ? jours, mort le deuxième jour. (Cf. Presse médicale du 9 décembre 1905.)
Se tardivement après la mort, la méthémoglobine tendant alors à se réduire en hémoglobine.
Il est à rappeler, d'autre part, que certains de ces poisons, dits méthémoglobinisants peuvent avoir, surtout dans l’organisme, une action plus complexe ou plus profonde sur la matière colorante du sang. C’est ainsi que L. Mour, dans une étude sur l’intorication professionnelle par le benzène et ses dérivés ',nota bien la présence de méthémoglobine dans le sang de ses malades, mais (rouva, en outre, constamment de l’ématoporphyrine dans leurs urines. J'ai encore à signaler ici l'action complexe des nitrites. Au point de vue médico-légal, il est intéressant de noter que, sous l'influence de la putréfaclion, le sang des animaux intoxiqués par les nitrites devient rouge pourpre et montre, au spectroscope, les deux bandes dans le vert de l'hémoglobine bioxyazotée — qui résistent aux réducteurs — présentant, en somme, les réactions de la carboxyhémoglobine, de sorte qu’il pourrait y avoir aisément confusion avec une inloricalion par l’oxyde de carbone (HALDANE, MAkGILL et MAvRoGoRDATO) ?.
Pathologie des Maladies infectieuses
Depuis que l’on sait que les maladies infectieuses sont sous la dépendance des toxines microbiennes et que les infections sont ain-i ramenées aux intoxications, il était naturel de chercher à trouver, là aussi, la méthémoglobine dans le sang. C'est ainsi que Havem' pensa faire cette
1 Deutsch. medic, Wochenschr., 14902, no 5, p. 73.
2 Journ. of Physiol., 21, pp. 168-169 (1897)
Du Sang (1889), p. 365. — C'est donc à tort que Kobert (Pflüger’'s. Arch. f. Physiol. 82. [1900] p. 607) attribue à Maschka (Prag. med. Wocheuschr., n° 19 [1893]) la priorité de cette idée.
1) GRR
recherche en particulier dans les seplicémies. Mais il n'avait obtenu en 1889 que des résultats négatifs ".
D'après M. Lappé, dont j'ai déjà examiné l'étude sur l’action méthémoglobinisante des microbes, on trouverait de la méthémoglobine dans les formes graves de septicémie diphtérique. (Rappelons qu’in vitro, le bacille de Lôfiler est; d’après lui, le microbe qui a l'action méthémoglobinisante la plus nette.) De Ruvyrer a signalé dans le sang des sujets alteints d’œdème malin une bande d'absorption dans le rouge, à côté de celles de l'oxyhémoglobine ? : il faudrait revoir si elle n’est pas due à la méthémoglobine. MarcHAND * avait rapproché les modifications que présente le sang dans la maladie de Winckel de celles qu'il subit sous l'influence des chlorates ; la recherche de la méthémoglobine serail ainsi à refaire dans cette variété d'ictère infectieux des nouveau-nés. Il serait intéressant enfin d'étudier aussi, à ce point de vue,les maladies, comme la Malaria. dont les agents parasitaires s’attaquent surtout aux globules rouges. On a d’ailleurs signalé plusieurs fois la méthémoglobinurie dans le paludisme “.
En somme, pour ce qui concerne le rèle à faire jouer à la méthémoglobine dans la pathogénie ou la symptomatologie des maladies infectieuses, plus de desiderata que d’acquis.
C'estque, comme le fait remarquer M. Lareé *, ces recherches sont très délicates, à cause de la faible quantité de
En 1900, dans ses Leçons sur les maladies du sang, il n'a pas encore ren contré de méthémoglobinémie en dehors d'actions pharmacodynamiques.
? M, Labbé. Arch. de méd. expérim., 15, 377 (1903).
2 Th. Bertin-Sans, p, 73,
* D. Pace, Methemoglobinuria parossistica da malaria (Giorn. internat. di Scienz. med., Gen. 1894). Cf. Blumenthal. Pathologie des Harnes am Krankenbett. Berlin, 1903, p. 337.
SNLOC. cit, 0p 1378,
\ re méthémoylobine qui peut exister dans le sang cireu'ant, à cause de sa rapide éliminalion el à cause aussi de sa transformation subite en hémoglobine réduite au moment de la mort. Ce médecin pense néanmoins que ces recherches mérileraient d'être reprises avec une technique plus perfeclionnée. [La spectrophotométrie serait évidemment la méthode de choix si elle ne nécessitait l'emploi d'appareils très délicats et coûteux. Peut-être qu'avec certaines précautions, l'examen spectroscopique en tubes longs pourrait
rendre des services. J'examinerai cette question de technique au prochain chapitre.|
Sémiotique
Dans cette partie de la médecine, est-ce encore une insuffisance de technique qui fait qu’une idée intéressante du professeur L. Barp n’a pas donné ce qu'elle aurait pu don: ner? Pour Barp, lhémoglobine, «substance cellulaire dérivée», naît, meurt et, tout en restant hémoglobine, varie de composition et de résistance suivant les diverses phases de son évolution et suivant les états pathologiques. La clinique pourrait donc retirer de l'étude de ces variations des éléments de diagnostic ou de pronostic. C’est l’idée qui inspira les thèses de deux élèves de Barp, Mazzer! et VEYRASSAT ?. La méthode qui doit apprécier ces variations de qualité des hémoglobines pathologiques est basée sur leur vitesse de transformation en méthémoglobine sous l'influence du ferricyanure (Mazzer). Quelques gouttes de sang sont diluées jusqu'à
1 Des variations de qualité de l’hémoglobine et de leur valeur clinique. (Th. méd,, Genève 1901, n° 10.) 2 Des variations de résistance des hématies et de l’hémoglobine. (Th, méd., Lyon 1901-1902, n° 159.) )
106% galité de teinte avec un étalon au picro-carmin; pour un volume constant, on ajoute six gouttes d’une solution de ferricyanure de potassium à 1/1000; le temps qui s'écoule entre la chute de la dernière goutte et l'apparition au spectroscope de la bande dans le rouge est pris comme mesure de la résistance de l'hémoglobine. Pour les individus sains, celte résistance serait de 12 à 13 minutes pour Mazrrer, et de 9 à 10 pour VeyrassaT. Ce dernier à trouvé que cette résistance est toujours diminuée dans tout état pathologique, tout en reconnaissant que le procédé peu précis employé ne permet pas d'en apprécier facilement les degrés.
Mais peut-on espérer qu'une technique meilleure puisse conduire à une mesure clinique de la résistance de l’hémoglobine à la méthémoglobinisation? Je ne le crois pas. Car on ne peut, dans les résultats obtenus, faire la part de ce qui revient à l'altérabilité de l'hémoglobine et de ce qui est dù aux variations de l'alcalinité du sang.
Voici une expérience qui montre que la bande de la méthémoglobine apparaîl d'autant plus lentement que le sang est plus alcalin, J'ai opéré à la lempéralure de 14° et avec une solution de ferricyanure de potassium à 1/1000 et récente.
Tubes à essais de 15°" de diamètre, conte- Durée qui s'écoule entre l'addition de5 goutnant chacun 1 ce. de sang de bœuf défi- tes de ferricyanure de potassium et l'apbriné dilué au 1/10 et en plus : parition de la bande à À — 654 :
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alcaline à côté d’une faible bande à x — 634,et lestubes de 1 à 5 présentent après
On peut donc croire que la diminution de résistance de l'hémoglobine, déterminée parle procédé MazLer, traduit surtout une diminution de l'alcalinité du sang.
Certaines observations cliniques de la thèse de V£yrassarT viennent à l'appui de celle interprétation. L’altérabilité de l’'hémoglobine y apparaît très variable dans les néphrites. Dans l'observation XXIX,elleest de 7’, presque normale, et dans l'observation XXXIL elle n’est que de 3’. Or, on peut voir que le malade XXIX élimine encore assez bien el n’a que peu d’œdème, tandis que le malade XXXITI a le rein bien plus fermé et de l'œdème généralisé, et l’on sait que l'acidité que n’excrèle pas le rein diminue le litre hémoalcalimélrique. Les observations de chlorose dénotent toutes une diminulion de la résistance de l'hémoglobine. C’est que ce sont des chloroses déjà avancées. Or, on sait qu’à ce moment le titre hémoalcalimétrique s’abaisse au point que l'alcalinité devient à peine sensible. On aurait, au contraire, noté, sans doute, une augmentalion de résistance à la période initiale, lorsqu'il n’y a qu'oligochromémie dans oligocythémie, car alors le tilre hémo-alcalimétrique est nolablement augmenté. (GræBer) ‘. En fait, quelques observations de la thèse de MazLer accusent pour la résistance de l'hémoglobine des chiffres supérieurs à la moyenne normale, qui est de 12 à 13’ pour cet auteur, Son observation XXIX donne notamment 18 minutes. Il s'agit d’une anémie causée par des hémorragies intestinales intermiltentes, où, après chaque crise, « le taux de l’hémoglobine baisse beaucoup, tandis que les globules restent en proportion assez notable ». L'alcalinité n'a pas été dosée, mais elle doit êlre augmentée alors comme dans les autres cas d’oligochromémie
méthémoglobinisation, une pointe de rose, dans leur coloration brune, qui va en s’accentuant de 1 à 5. Ce qui montre que les retards à l'apparition de la bande à 1 = 634 sont dus aux temps pris pour la formation préalable de quantités croissantes de méthëmo-alcaline, Ceci donne une idée de ce que pout être la soi-disant action antiméthémoglobinisante des alcalins. |
1Cf, Lambling. Encyclop. Frémy. Le sang et la respiration, p. 224, et aussi la thèse de Drouin toujours citée pour tout ce qui touche à l'alcalinité du sang. (Thèse méd, Paris 1897, n°83.)
sans oligocythémie de Græser. Les rapports de la vitesse de méthémoglobinisation et de l’alcalinité du sang, tels que je viens dé les indiquer, mériteraient donc une vérification clinique — ave dosage de l’alcalinité. On verrait, ensuite, s’il y a lieu d'améliorer le procédé MaLLer qui, alors,ne renseignerait plus sur l’altérabilité de l’hémoglobine, mais pourrait donner des notions sur les varialion: de l’alcalinité du sang, et celà d'une façon simple, avec quelque: gouttes de sang seulement.