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rouge de la méthémoglobine est situé vers } — 633. Ces faits ont été observés à l'examen spectroscopique ordinaire, sous une épaisseur de 15 milliniètres, avec du sang dilué traité par différents agents méthémoglobinisants, avec des solulions de cristaux d'oxvhémoglobine en partie méthémoglobinisés spontanément et avec des solutions de méthémoglobine cristallisée. | ;
En plus de la bande à } — 612, le spectre des solutions de méthémoglobine fluorée présente une bande plus large et moins foncée, située entre b et F, à l’union du vert et du bleu. Cette bande d'absorption rappelle la quatrième bande du spectre de la méthémoglobine acide, mais elle empiète plus sur le bleu que cette dernière et son milieu se trouve vers le } = 494".
Nous obtenons donc ainsi en traitant la m#éthémoglohine, en solution, par NaF, d'une facon immédiate, les apparences speclrales qui ne s'étaient manifestées qu'à la longue dans les extraits spléniques et les solutions d'oxyhémoglobine observés par MENzIEs.
Menzies trouve que la bande entre b et Fest à x — 500, mais il reconnait, au commencement de son mémoire, n'être pas très sûr de ses délerminations dans cette région du spectre. Le spectre observé par Mexzres est done dà à l’action de NaF non sur l’oxyhémoglobine, comme il le pensait, mais sur Ja mélhémoglobine qui en dérive si facilement. C’est pourquoi il rendait le phénomène plus net en ajoutant un peu d'acide acétique. Il reconnait d’ailleurs, lui-même, quel-
! Ville et Derrien. C. R., 140, 1196. (1° mai 1905). MM. Piettre et Vila ont signalé plus tard (5 mai 1905) (Bull. Soc. chim., 88, 576) une bande au même 1 = 494 sous l'influence du ferricyanure. Un peu plus tard (15 mai) (CG. R., 140, 1351), ils attribuent cette même bande (= 494) au sang frais et à l'oxyhémoglo-
bine fluorée ou non.Sous l'influence du ferricyanure, elle se place cette fois-ci au À— 500:
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ques pages plus loin, une action méthémoglobinisante à l'acide acélique dilué (Pietrre et Via! ont retrouvé récemment cette action de l'acide acétique sur le renforcement de la bande de Menzies — quand'on opère en présence d’un excès d'oxyhémoglobine) ?.
Voici quels sont les caractères des solutions de méthémoglobine traitées parle fluorure de sodium. Comme ces carac-
—tères sont les mêmes si l’on remplace NaF par le fluorure
d’ammonium, les fluosilicales, les fluoborates et les fluotitanales alcalins, et aussi par l'acide fluorhydrique en solulion très diluée, nous désignerons la méthémoglobine ainsi traitée sous le nom de méthémoglobine fuorée.
Taudis que les solutions de méthémoglobine dite acide sont brunes monochroïques, les solutions de méthémoglobine fuorée, observées à l'état concentré, sont d’un rouge grenat un peu vert, rappelant assez bien la coloration du dessous des feuilles de certains bégonias. Les solutions diluées présentent cette coloration à la lumière réfléchie et sont verdàtres à la lumière transmise.
Leur spectre d'absorption présente les deux bandes qui viennent d’être indiquées.
La bande de Menzies est la plus nette. Son bord gauche (celui situé vers le rouge) estmieux limité que son bord droit, qui est estompé et s'étend plus ou moins vers le jaune suivant la concentration.
Avec quelles autres absorptions de la même région, produites par d’autres dérivés de la matière colorante du sang, pourrait-on la confondre ?
L'hématine alcaline présente, en général, une bande floue
1P.et V.C. R, 140, 1060 (10 avril 1905).
2 On constate aussi un léger renforcement de la bande de Menzies en acidulant ” des solutions de méthémoglobine fluorée qui contiennent encore un peu de méthé-
moglobine alcaline.
OO qui dépasse la raie D, et dont l’axe est plus rapproché . du jaune (= 606). :
Ziemke et Müzcer ont publié (Archiv f. Physiol., 1901. Suppl. p. 180) un spectre qui présente, dans l'orangé, une absorption ressemblant fort à la bande de Menzies. Elle s'étend, d’après leur dessin, entre les 22625 et 600, ayant par conséquent son axe vers À — 612. Mais son bord gauche est moins net que celui de la bande de Menzies. Le reste du. spectre ne présente d’ailleurs rien de commun avec celui de la méthémoglobine fluorée. Zigmke et MüLzer ont obtena. ce spectre avec | « hématine neutre » préparée par la méthode d’ARNOLD.
D'autre part, on sait que, dans certains cas (alcool et sels), la bande de l’hématine alcaline est renforcée. Les liquides présentent alors des colorations voisines de celles des solutions de méthémoglobine fluorée , mais qui ont toujours
une pointe de jaune.
Action des réducteurs
D'ailleurs, dans tous ces cas, on aura, sous l’action des réducteurs, le spectre de l’hémochromogène, tandis qu'avec la méthémoglobine fluorée on observe alors la bande de Slokes.
Si la solution de méthémoglobine fluorée est ancienne, il se sera formé un peu d'hémaline et l’on verra se surajouter à la bande de Stokes Ia première bande de l'hémochromogène. (Cela n’est pas spécial à NaF; l’action du temps se fait sentir de la même façon sur les solutions de méthémoglobine alcaline et de cyanométhémoglobine, par exemple,
1 Cf, Ipsen. Vierteljahresb. f. gerichtl. Med., 19, { (1900).
En Iye NE qui, à la longue, peuvent ne plus donner, sous l'influence des réducteurs, que le spectre de l'hémochromogène ‘.)
Action des alcalis
Sous l'influence des alcalis, ainsi que des carbonates et bicarbonates alcalins, les solutions de méthémoglobine fluorée donnent le spectre de la méthémoglobine alcaline. L'addilion ménagée d'acide chlorhydrique très dilué fait reparaître le spectre de la méthémoglobine fluorée.
On peut aussi obtenir le spectre de la méthémoglobine fluorée à partir d’une solulion de méthémoglobine alcaline ; mais, dans ce cas, il faut ajouter NaF, en poudre, en grande quantité, Nous avons quelquefois, dans cette expérience, pu déceler une apparition de la bande à à — 634 précédant la formation de la bande à 2 — 612. II semble donc que la mélhémoglobine ne réagisse pas avec les fluorures lorsqu'elle existe sous la forme qui donne le spectre dit alcalin. NaF ajouté agit d'abord comme nous avons vu agir NaCI sur la méthémoglobine alcaline, pour la ramener à l’état de méthémoglobine brune, qui est alors sensible à l’action de NaF.
Action des sels neutres
Les sels neutres (NaCI, Na°S0*, MgS0*, NaNO’, etc.) transforment la méthémoglobine fluorée en méthémoglobine acide. C’est ainsi, par exemple, qu’en ajoutant goutte à goutte une solution saturée de Na à une solution de méthémoglobine fluorée, placée, dans un tube à essais, devant la fente du spectroscope, on constate que la 4ande de Mensies diminue d'intensité en s’élargissant à gauche, par suite de la
1 Ziemke et Müller, loc. cit , p. 185.
LNSUEEE transformation partielle de la méthémoglobine fluorée en mélhémoglobine acide ; la présence de cette dernière s'accuse de plus en plus et, finalement, on observe exclusivement le spectre de la méthémoglobine acide".
Aclion des nitriles
Les nitrites, nous l'avons vu à plusieurs reprises, ont une action complexe sur la matière colorante du sang. Leur action spéciale s’accuse encore ici. MM. Pierre et Vira ont, en effet, constaté ? (sous 20°") que, en présence des nitriles et du fluorure de sodium, la malière colorante du sang absorbe la lumière rouge autour de
1 = 620. Celle nouvelle posilion caractérise, pour ces auteurs, «le
complexe coloré soumis à la double influence des composés nitrés el fluorés * ».
Nous venons de voir que, sous l'influence des sels neutres en présence des fluorures, on pouvait avoir des mélanges de méthémoglobine et de méthémoglobine fluorée et que la juxtaposition des deux spectres pouvait donner dans l'orangé des ahsorplions dont les intensilés maxima étaient comprises entre 1 = 634 et } = 612. On peut donc avoir ainsi une bande à 1 — 620 sans qu’intervienne de composé uitré.
J'ai conslalé, d'autre part, que de l’hématine pure(procédé Cazeneuve), dissoute dans de l'alcool acidulé par l'acide fluorhydrique donne une bande d’absorplion dont le milieu est à À = 620, sans qu'intervienne de composé mitré.
Cependant le nilrite de sodium a bien une action spéciale sur la mélhémoglobine fluorée.
En ajoutant d'une solution récente de nitrite de sodium à des solutions de méthémoglobine fluorée donnant un spectre caractéristique nel,;examinées dans des tubes à essais de 15"" de diamètre, on constale qu'il ne se produit de changement qu’au bout d’un cerlain temps. Les solutions prennent peu à peu une coloration
! Ville et Derrien. G. R., 140, 1195 (1° mai 1905). ?P.ot V. CG. R., 140, 1060 (10 avril 1905).
# P.et V. Bull, Soc. chimiq.(3), 83, p. 576.