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neltement verte en couche mince, présentant, par réflexion, une sorte de fluorescence brune. Corrélativement la bande de Menzies se modifie et l’on observe, en effet, une absorption lui ressemblant, mais siluée vers } — 620.
Le phénomène se produit instantanément si, après avoir ajouté la solution de nitrile à la solulion de méthémoglobine fluorée, on traite le mélange par un peu d'un réducteur. La bande à } — 620 résiste aux réductleurs el aux alcalis. Je me propose de rechercher si ces phénomènes ne sont pas dus à un dérivé spécial de l'azoxyhémoglobine, ou s'ils ne traduisent pas plulôt une altération profonde de la matière colorante du sang.
Action de l'acide cyanhydrique
£n ajoutant un peu d’une solution étendue de CNH à une solulion de méthémoglobine fluorée, la bande de Menzies disparait, tandis que le liquide prend la coloration rose clair de la cyanométhémoglobine et montre, dans son spectre, l'absorption caractéristique du vert autour de À —534. La réaction inverse est plus difficile à réaliser. Comme je l'ai constaté avec le professeur Vice, il faut presque saturer de NaF une solution de cyamométhémoglobine pour y faire apparaître la #ande de Menzies.
L'ensemble de ces réactions montre que la modification spectrale qu'impriment à la méthémoglobine les composés fluorés de l'ordre des fluorures, et notamment le fluorure de sodium, n est pas due à une modification profonde de la méthémoglobine. L'obtention d'hémoglobine réduite par le sulfure ammonique, la facile transformation en cyanométhémoglobine, le fait que les spectres de la méthémoglobine acide et de la méthémoglobine en solution fluorée puissent se transformer l'un dans l'autre suivant la quantité de fluorure et de sels neutres en présence, tout amène à penser que le spectre caractéristique entrevu par Mexzes, et dont
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nous avons fait l'étude !, le professeur Vizce et moi, est dû, comme nous l'avons dit, à une combinaison fluorée de la méthémoglobine.
Obtention de cristaux de méthémoglobine fluorée
Nous fûmes ainsi conduits à essayer d'obtenir celte combinaison à l’état cristallisé.
Nous y sommes parvenus en employant le procédé au sulfate ammonique (modification du procédé .de Schulz) qui à été décrit à propos de la préparation de la méthémoglobine cristallisée. I suffit de partir d'une solution concentrée de méthémoglobine cristallisée, additionnée de suffisamment de NaF pour qu'elle donne nettement le spectre à 2 bandes de la méthémoglobine fluorée.
Nous avons ainsi obtenu * une abondante cristallisalion (avec la méthémoglobine de cheval).Les cristaux ont le même aspect géométrique que ceux obtenus avec la même méthémoglobine dans les mêmes conditions; mais ils s’en distinguenttrès nettement par leur coloration et leurs propriétés spectrales.
Ils présentent le dichroïsme observé avec la solution de méthémoglobine fluorée : les lamelles minces apparaissent au microscope colorées en vert; les prismes, plus épais, offrent la coloration rouge bégonia spéciale. Souvent nous avons pu voir, en observant les cristaux dans une couche liquide assez épaisse pour qu'ils puissent s'y mouvoir, apparaitre allernalivement dans un même cristal les deux colo: ralions suivant qu'il se présentait de face ou de champ.
! Nous avons entrepris une étude spectrophotométrique de la méthémoglobine fluorée, qui doit apporter de nouveaux arguments à l'appui de notre manière .de voir.
? Ville et Derrien, G. R., 140, 1195 (ter mai 1905).
Les plus larges lamelles peuvent être examinées av microspectroscope. Elles absorbent les mêmes radiations que les solutions fluorées de méthémoglobine.
Toutefois cette combinaison est instable. Les cristaux ne peuvent être conservés, avec les caractères qui viennent d’êlre indiqués, qu'en présence d'un excès de {luorure de sodm dissous. Nous en avons conservé ainsi dans une solution à demi saturée de sulfate ammonique, où ils sont insolubles. Lorsqu'on veut les recueillir, soit par filtration, soit par centrifugation, la méthémoglobine fluorée se décompose. La purée cristalline perd sa couleur rouge spéciale, devient brunâtre et l’on constate au spectroscope qu'on n’a plus affaire qu'à de la méthémoglobine ordinaire.
On ne peut tirer de cette instabilité de Ia méthémoglobine {luorée, séparée des eaux-mères, un argument contre son existence. La chimie fournit assez d'exemples d’instabilités analogues : le bromhydrate de bromure de cuivre ne peut exisler qu'en présence d’un excès d’acide bromhydrique ; l’hydrate de chlore n’est stable qu'en présence d’un excès de chlore. On a même obtenu des fluorures de diazoïques, plus ou moins instables !. Enfin, l'acide fluoplombique est encore plus tastable que notre méthémoglobine fluorée et
ne peut exister qu’en solution.
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MM. Piettre et Vila n'ont pas voulu admettre que, comme nous l'avons démontré dans le chapitre précédent, la bande qu'ils ont observée à à — 63%, en examinant des solutions sanguines sous 20°", n'est autre que la bande de la méthémoglobine.lls ont préféré nier l'existence de la méthémoglo-
1 Hantzsch et Vock, — D, ch. G.,86, 2059 (1903),
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bine, ense basant sur des assertions gratuites {C. R., 140, 1351) ou sur d'anciennes expériences de Bour (P. et V, Bull. Soc. chimiq. (3), 83, 578), réfutées par Hürner en 1894". [ls continuent donc à attribuer à l'oxryhémoglobine * a bande à » — 634. C'est donc l'oryhémoglohine qui, pour eux, donne, sousl'influence desfluorures, la bande de Menzies qu'ils appellen‘ « la caractéristique optique du fluor »,
Action comparée de NaF sur l'oxyhémoglobine el la méthémoglobine
A l'examen spectroscopique sous faible épaisseur et à la température du laboratoire (15°-20°), l'addition de NaF à des solutions de méthémoglobine et à des solutions d'oxyhémoglobine, donne, comme nous l'avons constaté *, immédiatement le spectre de la méthémoglobine fluorée avec la méthémoglobine et ne modifie pas le spectre de l'oxyhémoglobine.
Ceci fournit done, comme nous l'avons dit, une démons- {ration nouvelle de cette opinion que les absorptions que, dans ces conditions, présente, dans le vert, le spectre de la méthémoglobine dite acide ne sont pas dues à un reste d'oxyhémoglobine. Ces absorptions disparaissant sous l'action de Naë°, tandis que persistent dans les mêmes conditions les bandes de l'oxyhémoglobine.
Ce fait, d'autre part, n’est pas contraire à la manière de voir actuelle du professeur BerriN-Saxs, qui attribue en partie ces absorplions à la méthémoglobine alcaline, et que j'ai soulenue plus haut. Nous avons vu, en effet, qu’une pelite quantité de méthémoglobine alcaline peut être trans-
! Eng. Archivf. Physiol., 1894, 130.
? P.et V. Bull, Soc. chimiq., 5 octobre 1905, p. 1083. * Ville et Derrien, Bullet. Soc. chimiq. (3), 83, 858 (1905).
pr es formée en méthémoglobine fluorée par une quantité suffisante de NarF.
Donc l’action de NaF est nettement différente quand on examine, sous faible épaisseur, immédiatement après leur fluoration, les solutions d’oxyhémoglobine ‘et celles de méthémoglobine. Si l'on prolonge l'observation, on verra à la longue (au bout d'au moins six heures à 15°) apparaître la bande de Menzies dans lasolution qui ne donnait primitivement que le spectre de l’oxyhémoglobine. C'est que l'oxyhémoglobine, suivant son habitude, s'est méthémoglobinisée. En effet, la carboxyhémoglobine, qui résiste mieux aux agents mélhémoglobinisants, ne présente, dans les mêmes conditions, la bande de Menzies que beaucoup plus tard.
Application à la recherche de la mélhémoglobine
Nous avons dit, le professeur Vizze et moi, que la grande visibilité de la bande de Menzies pourrait servir à la recherche de la méthémoglobine !.
Nous avons ainsi constaté qu'une solution de méthémoglobine qui, vue sous 5°", laissait à peine deviner la bande à2— 634, donnait par NaF une bande de Menzies encore visible sous 2°*5.
On peut donc, par addition de fluorure de sodium et examen conséculif immédiat, doubler la sensibilité de la méthode ordinaire de recherche de la méthémoglobine (qui décèle les quantités de méthémoglobine pouvant avoir une significalion en toxicologie ou en clinique).
Avec l'examen spectroscopique sous grande épaisseur, sans les précautions difficiles à réaliser que J'indiquais, on trouverait de la méthémoglobine partout, étant donnée la
1 CG. R, 140, p. 743, en note (1905),
=" PE facilité avec laquelle s'amorce la méthémoglobinisation de l'oxyhémoglobine.
Mais comme celle méthémoglobinisation, qui s’amorce si facilement, ne se continue que très lentement à la tempéra- Lure ordinaire, on ne peut craindre qu’elle soit l'origine d'une quantité de méthémoglobine décelable par l'examen sous faible épaisseur et que l’on puisse CHARS avec la méthémoglobine pathologique.
La trop grande sensibilité d’un procédé de recherche peut être quelquefois un inconvénient.
Application à la recherche des fluorures
La méthémoglobine donnant, sous l'influence des fluorures, un spectre nettement caractérisé (bande de Menzies) devient un réactif sensible des composés fluorés, comme par sa transformation en eyanométhémoglobine (large bande à 1 = 534), elle est un réactif sensible de l'acide prussique (Kogerr el ses élèves).
En employant la méthémoglobine : on peut avoir un réacif constant et des résultats comparables, ce qu'on ne peut espérer en employant des mélanges variables d'oxyhémoglobine et de méthémoglobine provenant d'oxyhémoglobine partiellement méthémoglobinisée. Enfin, on peut avoir une sensibilité grande {out en conservant les avantages de l'examen spectroscopique sous faible épaisseur. Dans certains cas, on pourra augmenter la sensibilité de la méthode autant qu’on le voudra en diminuant la quantité de réactif (méthémoglobine) tout en augmentant l'épaisseur du liquide soumis à l'examen spectroscopique.
Pour être logiques avec eux-mêmes, MM Prerrre el Via sont obligés d'opérer constamment avec-des tubes de 20,
Te puisque pour eux la « caractéristique optique du fluor » consiste dans le déplacement de } — 634 à x — 612 de la bande du spectre de l'oxyhémoglobine qu'on ne voit que sous une grande épaisseur ‘.
Dans l'emploi de la méthémoglobine à la recherche des fluorures, il faudra tenir grand compte des propriétés de la méthémoglobine fluorée précédemment indiquées. C’est ainsi que, puisqu'elle ne peut se former en milieu alealin qu’en présence d’un grand excès de fluorure, il vaudra mieux opérer en milieu toujours légèrement acide. Éviter pour les mêmes raisons la présence de l'acide cyanhydrique. En
présence de rifriles,la réaction sera moins nette puisque la
bande à } — 634 est remplacée alors non par la bande de MENZIES (1 — 612), mais par une bande à 2 — 620. Se
rappeler aussi que la méthémoglobine fluorée redonne de la méthémoglobine, s’il y a peu de fluorure en présence de beaucoup de sels neutres étrangers.
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Nous avons récemment, le professeur Vizze et moi, à la suite de ces considérations, décrit un nouveau procédé de recherches des antiseptiques fluorés dans les substances alimenlaires, qui doit prochainementparaître dans le Bulletin de la Sociélé chimique de Paris. Nous pensons que l'hygiène y lrouvera un procédé ulile, parce que nous nous sommes attachés à le rendre aussi simple, aussi facile et aussi rapide que possible. Dans la majorité des cas, l'examen spectroscopique d'une petite quantité de liquide, contenu dans un simple tube à essais, peut suflire.
1 À Ja suite de notre note sur le rôle que joue la méthémoglobine dans ces phénomènes {C. R., 13 mars 1905), MM. Piettre et Vila ont reconnu que l’oxyhémoglobine « naturellement ou artificiellement vieillie » donnait la bande à ] = 634
sous faible épaisseur (Bull, Soc. chimiq., 5 mai 1905).