‹ La méthode chrétienne considérée dans ses avantages et sa nécessité et réponses à certaines difficultés [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 19 · La méthode chrétienne considérée dans ses avantages et sa nécessité et réponses à certaines difficultés [microforme] · texte numérisé non relu

La méthode chrétienne considérée dans ses avantages et sa nécessité et réponses à certaines difficultés [microforme]

À une époque encore assez rapprochée de nous, certaines per sonnes, obéissant à l'esprit de foi et de vérité, publiaient une série d'articles destinés à faire voir la nécessité de christianiser l'enseignement, et les immenses resources mises à la portée de nos maisons d'éducation pour parvenir à ce but, Des brochures suivirent ces publications, et, reconnaissons-le avec un grand sentiment de joie, le clergé dans sa presque totalité, de même que la saine portion des laïques instruits, se prononça énergiquement en faveur de la réforme chrétienne proposée. Quelques rares adversaires osèrent montrer l'oreille ; mais comme il y avait chez eux beaucoup plus de présomption que de savoir, ils furent bientôt obligés de renoncer à la lutte, sans pouvoir même se rendre le consolant témoignage d’avoir été loyaux dans leurs procédés.

Nous venons aujourd'hui prècher de rechef la croisade contre le paganisme dans l'éducation, espérant, malgré toutes les qualités qui nous manquent pour accomplir dignement le rôle que nous assumons, apporter de nouveaux développements à ceux qui ont déjà été donnés. Certains articles de journaux, c‘'tains discours, tout imprégnés de paganisme et livrés à la puiicité depuis les dernières luttes, prouvent surabondamment que :.otre démarche est légitime et nécessaire.

Mais, dira-t-on peut-être, pourquoi raviver cette question des classiques qui a déjà fait trop de bruit ? Vous allez soulever de nouvelles discussions et des plus vives. Quelles que soient les raisons que vous croyiez avoir d'élever la voix, vous devez avant tout prendre conseil de la prudence qui nous dit ici qu'il vaut infiniment mieux vous taire que parler.

A cela nous répondrons : il y a prudence et prudence. Ilya une prudence, fille de la sagesse, qui fait marcher l’homme dans la voie que lui indique la raison éclairée par la foi ; elle ne défend pas l’action, mais elle la règle. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ne blesser en rien une si belle vertu. Il y en a une autre, qu'on appelle prudence terrestre, prudence

de la chair. Elle est au service des intérêts les plus mesquins ; elle inspire les calculs de l'égoïsme ; elle rend 1Âches et timides ceux que la vérité réclame comme ses protecteurs et defenseurs naturels. L'Ecriture dit de cette prudence qu'elle est folie devant Dieu : stultitia apud Deum ; elle la qualifie d'animale, de diabo lique : animalis, diaboliea. (1 Cor, HT; Jac. XI) Cest d'elle qu'est né le modérantisme moderne, qu'on prêche sur les toits et qui ne tend qu'à la ruine de la religion et de la société, Quant à cette prudence, nous la réprouvons à l'exemple de celui qui à dit: Prudentiam prudentium reprobabo; je réprouveraila prudener des prudents, (L Cor. I, 19.)

Nous allons soulever des discussions ! Mais n'est-ce pas là un résultat désirable ? Ge n’est pas en se renfermant dans un silence absolu qu'on parvient à s'entendre. Le mutisme, quand de grands intérêts sont en jeu, ne convient qu'aux lâches où qu'aux incapacités de la pire espèce. Pour s'entendre, il faut se parler. L'est sagesse de craindre par dessus tout la manie de la dispute, inais ne tombons pas dans l'excès opposé et ne nous refusons pas à une discussion franche et loyale. Il n'est pas permis à ceux qui sentent vibrer en eux la fibre catholique de ne tenir aucun compte des observations qui leur sont adressées ; il ne leur est point permis non plus, parce que la discussion cesse de leur être agréable, d'en décrèter la cloture. Nous devons laisser ces grands airs à ceux qui se croient infaillibles ou qui regardent la vérité comme une servante dont les intérêts sont subordonnés aux leurs. Pour nous, nous ne sommes que les très-humbles servi teurs de la vérité, et, sous quelque forme qu'elle se présente, il ne nous est jamais permis de lui fermer la porte.

Si nous sommes véritablement ce que nous devons être comme chrétiens, nous devons permettre qu'on nous avertisse de l’erreur Où nous sommes engagés ; et bien loin de regarder cet avertissement comme une insulte ; sachons le recevoir avec reconnaissance aussi bien que le donner avec charité. Oh! combien les discussions seraient plus fécondes, si elles étaient animés de cet esprit ; si l'amour-propre pouvait y rester toujours complètement étranger ; si enfin on s’estimait heureux d'être vaincu par la vérité. Il faut bien l’avouer, cette disposition est rare, même chez ceux que la vérité a choisis pour ses organes et interprètes. Elle suppose une abnégation plus difficile à acquérir que celle qui fait abandonner pour Dieu les biens et les honneurs de ce monde. Ce n’est qu'au prix de la plus attentive vigilance et des plus généreux efforts qu’on peut conserver toujours, dans sa pureté sans tache, cette sincérité qui faisait dire à St. Augustin : Volo à veritate superari. Et pourtant n'estce pas là la seule disposition digne d’un chrétien, d'un homime raisonnable ? Vaincre, quand on n'a pas la vérité pour soi, n’estce pas subir la plus funeste de toutes les défaites ? Est-il une

hon dan:

de :

défa tous

con:

Ei auss sont fomc vous de v bles:

mai véril véri enjo notr dont pour sur paro

Ur frèr exig pers doct épro pou

E ceux veul leur se tr frap]

SŒUiNs ; timides fenseurs e devant e diabo st d'elle s toits et

Quant ui qui à prudence

as là un n silence aaud de 1 qu'aux e parler.

dispute, sons pas 8 à CEUX r aucun leur est eur être sgrands la vérité nés aux es ser visente, il

comme de l’errder cet ir avec 6, Oh!

s étaient ster touheureux > disposiour ses difficile biens et us attenonserver ii faisait int n'esthomime oi, n'esttil une

honte plus grande pour l'intelligence que celle de ce confirmer dans l'erreur ? Quoi de plus glorieux au contraire pour elle que de s'affranchir de l'erreur, et de reconquérir la vérité. Une défaite qui aurait ce résultat ne serait-elle pas le plus beau de tous les triomphes ? Voilà, oui voilà ce que nous devons avoir constamment présent à l'esprit afin de ne pas laisser obscurcir l'œil de notre âme par le brouillard du préjugé.

Comment on doit pratiquer la charité dans les discussions.

En théorie on peut admettre les discussions ; mais, ajoute-t-on aussitôt, de fait elles sont sujettes à tant d inconvénients, elles sont si peu profitables, qu'il vaut mieux les étouffer que les lomenter. Avez-vous réfléchi que la discussion surtout que vous venez soulever contristera peut-être le cœur de plusieurs de vos frères, et que mieux vaut sacrifier tout le reste que de blesser la charité ?

Sans doute il est pénible de contrister le cœur de ses frères, mais, à notre avis, il l’est encore plus de sacrifier les droits de la vérité. La première charité du chrétien, c’est l'amour de la vérité. Le divin Maitre nous l’a souvent répété, il nous a même enjoint de tout sacrifier pour eile: père, mère, frères, sœurs, notre vie mème, s’il en est besoin. il ne s'est pas contenté de donner ce précepte, il a de plus prèché d'exemple: il est mort pour rendre témoignage à la vérité, et il a profondément gémi sur le sort de ceux qui se scandaliseraient à l’occasion de sa parole et de sa conduite.

Un chrétien, quel qu’il soit, fut-il même le dernier d’entre ses frères, s’il est convaincu que l'intérêt de la vérité et de la foi exige qu'il parle, il parlera, et l'amour dont il est animé pour les personnes n'ôtera rien à la liberté avec laquelle il combattra les doctrines. Si ses adversaires sont aussi sincères que lui, tout en éprouvant quelque tristesse, ils ne pourront s'empêcher d’avoir pour lui de la reconnaissance.

En un mot, la vérité a des droits imprescriptibles ; malheur à ceux qui ne peuvent la porter; malheur à ceux surtout qui veulent la retenir captive, parce que dans leur amour-propre et leur vanité personnelle, ils ne veulent pas s’avouer qu'ils ont pu se tromper, que la vérité a pu pénétrer chez autrui avant de frapper à leur porte.

Il en est encore qui, tout en permettant les discussions, voudraient qu'elles ne se fissent qu'au détriment des bons principes, car ils exigent des ménagements pour les personnes tels qu'il devient impossible de faire valoir la vérité avec cette force qu'elle doit avoir en s’affirmant, Nous dirons à ceux-là, au risque de nous répéter, que la bienveillance envers des adversaires n'est une vertu qu'autant qu'elle ne donne pas dans l'excès. Nous ne voulons pas nous associer à ceux qui ne savent aimer la douceur qu'au détriment de la force, et qui, abusant d'un mot de St, François de Sales, se persuadent que la sévérité et une sainte indignation ne peuvent jamais être utiles pour la défense de la vérité,

Parmi nos adversaires, il faut distinguer ceux qui se trompent de bonne foi de ceux qui se trompent sciemment; ceux qui combattent la vérité, parce qu'ils la prennent pour l'erreur, de ceux qui lui font la guerre pour favoriser certaines mauvaises petites passions ; ceux qui errent n'ayant pas les moyens de s'instruire de la vérité, de ceux qui se refusent obstinément à des lectures qui confondraient leur ignorance et leur mauvaise foi. Ce n’est pas à ceux-ci que s'applique le mot de St. François de Sales ; ce ne sont pas là les mouches que l'on prend plus sûrement avec une goutte de miel qu'avec des tonneaux de vinaigre. Ce sont des frélons qui ne vivent que pour blesser de leur aiguillon envenimé ; tout le miel dont on voudrait les régaler ne servirait qu’à les rendre plus insolents.

Nous les combattrons donc, avec modération autant qu'il faut, sans doute, mais sans faiblesse. Ils trouveront très-mauvais que nous les démasquions ; ils nons appelleront intolérants, fanatiques, perturbateurs, révolutionnaires peut-être, N'importe, nous les laisserons dire ; leur colère nous honore. L’'apôtre ne nous dit-il pas que le défenseur de la vérité doit savoir user de la verge aussi bien que de l'esprit de douceur, gourmander aussi bien que supplier et convaincre? Notre-Seigneur lui-même, si doux envers les pêcheurs et les infidèles, n’était-il pas impito able à l'égard des corrupteurs orgucilleux de la loi, des tyrans hypo: crites de la conscience de leurs frères ? Qu'on ouvre les saints Evangiles, on verra avec qu’elle énergie d'expression il stigmatise toute cette race des pédants d'Israël, que l’Ecriture nomme Pharisiens, qui veulent subordonner la vérité aux intérêts de leur amour-propre. Il leur reproche de fermer le royaume du ciel à une grande multitude d'âmes ; il les appelle une race adultère, une race de vipères, des chefs aveugles et insensés, des sépulcres blanchis, des orgueilleux qui cherchent leur propre gloire et négligent de procurer celle de Dieu, des impudents qui crèvent de vanité et font parade d'une vaine science, des ambitieux qui veulent avoir les premières places et porter le titre de maîtres et de docteurs. Les Pharisiens de nos jours, et malheureusement il y en a beaucoup

no a ea MR ES à NN HS A Dm Eh PRÉ home Lee 2

AY re nocturne

BCUSSIONS, ons prinnnes tels ette force u risque versaires 8 l'excès, aimer la in mot de ne sainte ise de la

trompent ceux qui rreur, de lauvaises oyens de nément à mauvaise François sûrement Ce sont aiguillon servirait

w’il faut, ivais que its, fana- ‘importe, ipôtre ne r user de der aussi même, si itoyable ins hypoles saints igmatise

nomme érêts de paume du adultère, sépulcres négligent ilé et font avoir les rs. Les eaucoup

de pré: Foret: AE 2e 2e Mai ont dl gas at D A ht ÈS #53 Di hs san hot

trop, peuventils prétendre à plus d'égards que n'en méritaient leurs aieux ?

Pour compléter ce que nous avons à dire sur ce sujet, nous ne saurions mieux faire que de citer les paroles d’un des plus illus. tres prélats de la France, Mgr. Pie, évèque de Poitiers. Voici comment il s'exprime dans une de ses instructions synodales sur les principales erreurs du temps présent :

« Et comme on insiste particulièrement sur la difficulté d'ob- « server la charité dans les discussions religieuses, je réponds « que les grands docteurs nous fournissent encore à cet égard et « des règles et des modèles, Dans une foule de textes dont la “connaissance est élémentaire, et qui ne sont nouveaux que « pour ceux qui ne savent rien, ils recommandent la mesure, la « modération, l'indulgence envers les ennemis même de Dieu et « de la vérité, Ce qui n'empêche pas que, sans contredire leurs « a principes, ils n'emploient eux-mêmes à tout instant « l'arme de l'indignation, quelquefois celle du ridicule, avec une « vivacité et une liberté de langage qui effaroucheraient notre « délicatesse moderne, La charité, en effet, implique avant tout « l'amour de Dieu et de la vérité ; elle ne craint donc pas de «tirer le glaive du fourreau pour l'intérèt* de la cause divine. « sachant que plus d'un ennemi ne peut être renversé ou guéri «“ que par des coups hardis ou des incisions salutaires.”

Page 1