PRÉAMBULE
Monsieur le Président, Messieurs,
Votre Association mériterait ce soir tous les éloges pour l'initiative si heureuse et si nouvelle d'avoir su attirer ses membres à une séance d'étude, si ce n'était du choix plutôt douteux du causeur.
Cette initiative n'est d'ailleurs pas la première chez vous qui mérite une mention spéciale, et elle ne fait que confirmer la bonne renommée que vous vous êtes acquise depuis longtemps à Québec. L'on sait déjà que vous voulez être utiles à tous
et à chacun en vous associant pour améliorer vos moyens et vos méthodes et pour protéger mutuellement vos intérêts ; en un mot, que vous appliquez entre vous le meilleur principe de stabilité et de progrès : la solidarité.
Le sujet qui vous intéresse ce soir n'est guère de ceux que l'on improvise et pouvait difficilement être confié à un amateur ; et, au risque de me faire un compliment, j'aime à voir dans votre choix un grand sens pratique. Vous auriez pu d'ailleurs trouver parmi mes confrères des autorités plus compétentes ; mais pour vous, sans doute, l'encouragement donné à un jeune est une bonne semence qu'il ne faut pas manquer de répandre quand l'on a quelque peu le sens de la solidarité qui doit lier et féconder l'effort des générations successives. Cette marque de confiance m'attache davantage à mon devoir professionnel, et soyez sûrs que j'espère la justifier de plus en plus dans le cours de ma carrière.
Nous causerons maintenant, Messieurs, si vous le voulez bien, de la méthode comptable en affaires.
Pour répondre à votre attente, je ne crois mieux faire que vous exposer la méthode comptable dans ses grandes lignes.
Disons d'abord qu'il ne peut être question de partie simple en comptabilité, bien que cette méthode soit encore employée dans certains bureaux. Ce sera donc la partie double qui nous intéressera, puisqu'elle seule peut donner entière satisfaction. La partie simple est condamnée par toute autorité en la matière comme étant impuissante à renseigner suffisamment, à cause des complexités sans nombre qu'il existe aujourd'hui dans les affaires. Bien qu'il nous faudra illustrer l'évolution de la partie simple à la partie double pour apprendre la raison qui a inspiré l'invention de cette dernière et qui justifie l'intransigeance que nous y attachons, il est donc convenu qu'il ne s'agit ici que de la comptabilité en partie double.
La comptabilité est, comme vous savez, la manière de tenir compte des transac-