HISTORIQUE
Nous n'en sommes plus aux comptes sur tables de cire, feuilles sèches, ou sur le petit jouet des chinois fait de gros grains, semblables à des grains de chapelet, en-
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filés sur des baguettes. Non plus à une sorte de journal qui enregistrait les transactions au jour le jour, et, sans plus de frais, quand le paiement avait lieu, l’on rayait le montant de l’achat et l’on indiquait en travers la date du règlement.
Vous saisissez aisément que la multiplicité des transactions ne pouvait tolérer bien longtemps ce procédé. C'est alors qu’on a eu recours au classement des transactions d’après leur nature, d’où est sorti le Grand Livre, souvent appelé Ledger. C’est de là, à vrai dire, que date la comptabilité.
Depuis, l’on s’est évertué à classer les transactions de façon de plus en plus scientifique, et l’on en est venu aux livres auxiliaires, qui facilitent sensiblement le travail tout en donnant des résultats bien supérieurs, même au point de vue des entrées frauduleuses. Ces livres auxiliaires permettent en outre de distribuer la besogne entre plusieurs employés sans qu'ils ne puissent se nuire entre eux. Vous avez peut-être constaté que c’est un problème assez difficile parfois que celui de la distribution des charges dans un bureau, de ste que chaque employé soit indépenant du voisin pour l’exécution de sa be-
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sogne, et que l’exécution générale soit bien ordonnée et bien équilibrée.
Nous avons jusqu’à présent deux livres principaux en vue : le Journal qui enregistre les transactions quotidiennes, et le Grand Livre qui sert à classer les transactions dans un ordre logique, pour faciliter les références futures. Un livre de Caisse est aussi de rigueur, mais en réalité ce livre n’est qu’un compte qu’on extrait du Grand Livre pour faciliter le travail.
Originairemert le Grand Livre était tenu avec une seule colonne sur chaque page, d’où l’on faisai* une addition ou une soustraction au montant précédent, selon qu’on enregistrait une vente ou un paiement. L’on s’est aperçu plus tard que ces additions et soustractions, sur une même colonne, prêtaient à des erreurs nombreuses, et c’est alors qu’on a inauguré les colonnes “ Débit ” et Crédit ” pour le Grand Livre.
Malgré cette amélioration, le seul contrôle possible encore était la vérification minutieuse et répétée de chacun des comp-
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tes au Grand Livre. L'on s’est demandé dans le temps, s’il n’y avait pas moyen de contrôler les erreurs autrement que par une vérification longue et jamais sûre ; et, se demandant la nature des transactions la conclusion s’est imposée que chacune d'elles était un transfert et qu'il y avait toujours deux parties en cause ; d’où l’on a aperçu le contrôle possible par l’équilibre qu’apporterait l'entrée aux deux parties intéressées. Comme dans une balance, par exemple, où l'on met autant de pesanteur d’un côté que de l’autre pour établir l’équilibre. Ainsi en affaires, si vous vendez à un client, son compte augmente au débit, et, pour contrebalancer ce débit, ls partie double diminue d’autre part votre compte de marchandises en faisant un crédit au compte de ventes pour le montant vendu. Avec cette méthode, en tout temps, pour vérifier vos livres, il suffit d’'additionner les balances au Débit et au Crédit de vos comptes pour voir, par l’égalité des totaux, que toutes les transactions sont bien enregistrées et qu'aucune erreur d’addition ou d’omission n’est survenue durant la dernière période.
Bien que cette méthode paraisse plus
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longue que les précédentes, elle a 400 ans d'existence à son crédit, sans qu'on ait encore pu en inventer de meilleure, si ce n’est des améliorations de formes qui ne changent en 1ien le principe.