‹ La méthode concentrique dans l'étude des psychonévrosésChapitre 6 sur 17 · I. — Les psychonévrosés · texte numérisé non relu

I. — Les psychonévrosés

Les psychonévrosés sont dilliciles à définir, car, à mon avis, les psychonévroses ne sont ni d"s maladies, ni des affections, ni même des syndromes. Une maladie est définie par sa cause, une affection par sa localisation morbide, un syndrome par la physionomie propre à la perturbation fonctionnelle. Le tableau des psychonévroses est trop complexe et trop mouvant pour être encadré dans un de ces groupes. Vis-à-vis des psychonévrosés, il faut procéder par élimination comme pour la reconnaissance d'un sel. Ces malades étant pratiquement intermédiaires aux psychopathes et aux individus atteints d'affection organique du système nerveux, il y a lieu d'établir une première limite du côté psychiatrique et du côté neurologique. Vn psychopathe, qui n'a pas conscience dé son état morbide et est désinséré du réel, n'est pas un psychonévrosé. Un névropathe qui, selon le critère de mon maître Babinski, présente des signes physiques d'affection organique du système nerveux, n'est pas non plus un psychonévrosé. Mais il peut y avoir chez un psychonévrosé association d'alfeetion nerveuse organique et, d'autre part, beaucoup d'affections mentales avant leur plein épanouissement ont un stade psychonévrosique. Les psychonévroses ne me paraissent donc ni des maladies, ni des affections, ni des syndromes, mais seulement des stades évolutifs d'affections extrêmement variées.

Ce qui caractérise donc les psychonévrosés, c'est qu'ils n'ont pas de signes physiques d'affection organique du système nerveux, ont conscience de leur état pathologique,

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et ne sont pas désinsérés de leur milieu social. Quand ou les analyse, on trouve chez eux absence de signes neurologiques du système sensorio-moteur, mais constamment des signes de perturbation du sympathique ; et, d'autre pari, il existe en général, chez ces malades, un manque de hiérarchie entre les divers troubles des fonctions psychiques, nerveuses, endocriniennes ou viscérales qu'ils présentent.

Dans une de mes leçons précédentes (1), j'ai montré que pour diagnostiquer les psychopathes il faut nettoyer l'atmosphère périphérique des réactions psychiques et sociales et du monde intime ; étudier la seconde zone nerveuse dans sa partie externe sensorio-motrice et sa partie interne sympathique, puis la zone endocrinienne, enfin, la zone viscérale, pour arriver au centre du noyau morbifique.

Chez les psychonévrosés, il y a un mélange des manifestations sympathiques et nerveuses sensorio-motrices, et, d'autre part, la perturbation porte sur les tendances moyennes de mon maître Pierre Janet ; les tendances inférieures étant souvent indemnes, de même que les supérieures qui se caractérisent en ce que leur point d'origine est diffus et que leur point d'arrivée est dans la morale et l'esthétique. C'est la zone moyenne qui est atteinte.

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