‹ La Méthode Concentrique Dans Le Diagnostic Des PsychonévrosesChapitre 18 sur 21 · LAPS · texte numérisé non relu

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niveau de la portion iliaque. Enfin l’anse sigmoïde est nor-

male.

La vésicule biliaire est notablement augmentée de volume

et opaque aux rayons. *

L'examen thoracique montre une légère grisaille diffuse au sommet gauche qui ne s’éclaircit pas à la tou x; une tache au sommet droit qui s'éclaireit mieux et une tache portant de petits noyaux calcifiés dans sa portion externe.

Le cœur est dilaté tant dans ses cavités droites que gauches. «

Une deuxième radioscopie pratiquée en 1926 confirme la précédente, mais indique en plus une hypersécrétion abondante.

Un troisième examen au début de 1927 indique : ptoses gastrique et colique non réductibles. — Aérocolie et aérophagie très marquées. !

Si nous résumons cette observation en nous servant

du schéma des 5 zones, nous dirons que

10 Pour la zone psychique : nous constatons une psychonévrose émotive avec crises anxieuses où nous. relevons des éléments hystériques, phobiques et de dépression. Avec notre diagnostic, nous retrouvons donc l’élément hystérique, neurasthénique, psychasthénique, psycho-émotif avec crises anxieuses.

20 Pour la zone nerveuse : notre malade est à la fois une hyperorthosympathique et une hypervagale.

30 Pour la zone endocrinienne-: type gynandroïde avec perturbations ovariennes légères.

4° Pour la zone viscérale : on trouve de laérocolie

avec ptose gastrique et Hthiase biliaire. SA

LPS |

Rte Poe

50 Le noyau morbifique : tuberculose, scoliose chez une hérédo-alcoolique.

re

Nous avons ainsi fait un diagnostic complet des

troubles présentés par notre malade et quelle que

soit la hiérarchie de zones que l’on adopte, les différents

éléments de chacune des zones n’en persisteront pas

moins.

Obs. IL. — Mlle H.., 39 ans, institutrice.

Vient à la consultation en novembre 1926 pour : asthénie; ; crises nerveuses:

troubles mentaux divers; troubles cénesthésiques.

Cette malade présente une hérédité chargée :

Son père était très nerveux, très irritable. Mort de grippe 77 ans.

Sa mère morte à 35 ans d'asphyxie consécutive à un abcès

rétropharyngien avait toujours été en parfaite santé.

Elle avait eu deux autres enfants qui sont morts en bas âge : l’un de broncho-pneumonie, l’autre peu après la naissance. Il aurait présenté des difformités, des paralysies sur lesquelles nous ne pouvons obtenir de précision.

Une sœur maternélle psychopathe, surexcitable ne pouvait supporter le bruit ni monter en voiture. Atteinte d'in somnie constante.

Une sœur paternelle mélancolique anxieuse, avec idées

. d’auto-accusation fut internée à la suite d’une tentative de

suicide. Elle resta internée 30 ans. Elle était atteinte d’hém i-

plégie infantile droite,

Un frère du père était atteint aussi d’hémiplégie infantile.

Un demi-frère enfin eut une chorée à répétition.

Dans les antécédents personnels de notre malade on retrouve :

Rougeole et coqueluche dans l’enfance.

Troubles gastro-intestinaux constants jusqu’à 7 ans.

Réglée à 13 ans.

Jeune fille, un ictère à la suite duquel elle se plaint de l’estomac, d’anémie marquée.

Elle grandit vite, mesurant 1 mètre 70 à 15 ans.

À 15 ou 16 ans se plaint de la colonne vertébrale. Elle se tenait mal, légèrement voûtée, aussi luiimpose-t-on ur corset orthopédique pour la redresser.

Mais le fait qui domine toute son enfance c’est la crainte de sa belle-mère qui la terrorisait. Celle-ci très autoritaire, jalouse de l’affection que son père avait pour elle l’oblige à quitter la maison paternelle.

Elle se réfugie donc chez la sœur de sa mère et pour remplir ses loisirs occupe un poste d’institutrice. Elle vécut « dans un milieu de confiance » pendant un an environ « C’est la seule année de bonheur que j’ai eu dans ma vie », dit-elle.

Nous sommes en août 1908. Là se place un épisode amoureux de grande importance. Elle va passer ses vacances chez des parents de Bretagne et il s’'ébauche des projets de mariage avec un cousin, dont la famille catholique fervente ne consentira au mariage qu'après sa conversion (elle était protestante). Cédant aux sollicitations de ceux qui l’entourent elle se convertit donc «plutôt avec le cœur qu'avec l'esprit ».

Dans une sorte de roman de sa vie écrit en juillet 1909 et intitulé : Jésus et une âme elle raconte sa conversion :

«. A cette pauvre âme qui méprisait son Amour, IL € (Jésus) en laissa un autre entrer dans son cœur. Il lui «€ permitd’aimer, surtout en imagination avec toute la can -

deur, la fougue et la naïveté de ses vingt ans... Lorsqu’Il € vit cette pauvre âme complètement prise par cette af- « fection, alors II laissa découvrir au pauvre cœur toute la « folie et toute l’irréalité de son rêve. Mais il était déjà trop « tard et ce fut alors un grand, un immense brisement et « l’âme vainçue se tourna vers Jésus. L’orgueil était terrassé « par le cœur; dans sa détresse, elle n’hésita pas un instant « à reconnaître l’Enfant-Dieu comme son divin Maître,

« son sauveur et se tourna vers Celui qui seul pouvait lui « venir en aide et exaucer ses plus chers désirs. »

Elle se convertit donc et les vacances terminées revient auprès de sa tante. Mais celle-ci ne lui pardonnaït pas sa

! Conversion et pendant un an environse produisirentune série

de scènes pénibles qui aboutirent à une‘rupture complète e t le retour en Bretagne de notre malade, qui entre dans un milieu mystique de religieuses sécularisées « afin de pousser sa Conversion à bout ».

Celle-ci ne s'effectue pas sans peine. Elle a de nombreuses luttes d’esprit pour « passer d’une mentalité rationaliste à un état mystique ». Elle n’est pas en communauté d’esprit avec ceux qui l’entourent. |

Depuis sa conversion elle est devenue très scrupuleuse.

La nuit elle ades cauchemarsépouvantables. Le diable la

frappe, la déchire...

Elle à une peur effroyable des apparitions.

Elle va rester à laCommunautépendantdeuxans (1910-1911) occupée à de pieux exercices, à des lectures mystiques et là pensée tournée constamment vers celui qu’elle aime.

En octobre 1910 elle écrira:

« Années d'épreuves, de soucis, de souffrances, a mi- « sères et de sacrifices offerts pour celui que je continue « toujours à aimer ».

. Aussi l'oubli et l'indifférence de celui qu'elle aime vontils déclancher une crise de dépression, de doute, de scepticisme et la pensée même du suicide effleure son esprit.

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