ET NY ES
« Pour qui prierai-je, à qui penserai-je; pour qui offri- « rai-je mes moindres sacrifices journaliers qui m’aident à « accomplir mon devoir ?.….
« Je ne puis même plus prier.
« Je voudrais être morte, seule la pensée du chagrin « qu'aurait mon pauvre petit père retient ce désir. »
Cette crise de doute sera de 5 mois environ et en mars 1911 elle écrira : 6
« J'ai compris toute la fragilité des affections humaines; « que rien n’est-constant ni durable sur cette terre; que .« seul le Grand Amine trompe pas, nin’abandonne jamais...»
« … J'’accepterai généreusement la tâche qui me sera « assignée, décidée à en affronter les côtés pénibles ou désa- « gréables, à surmonter les difficultés et à me dévouer sans « compter au bonheur de ceux qui m’entourent. Me dé- « vouer à Ceux que j'aimerai, Cela me semble si doux, si «facile et combien j'aurai de plaisir à ouvrir mon cœur « tout grand après l’avoir comprimé si longtemps. »
Tel est ce roman d'amour qui aura eu sur sa destinée une si grande influënce et déjà apparaît ce besoin de se confier, de se dévouer qui se manifestera un peu plus tard d’une manière impérieuse.
À partir de 1911 commence pour notre malade une période de quelques années pendant lesquelles sa santé sera très mauvaise. Elle sera graduellement amenée à cesser ses occupations.
En 1911, elle est soignée pour bacillose pulmonaire.
En 1913 apparaissent des signes «d’anémie cérébrale » : difficulté considérable de fixer son attention; mémoire très déficiente au point qu'elle était obligée de préparer ses cours et de les écrire pour le lendemain, sinon elle avait tout oublié.
Ces troubles vont en croissant et en 1914 elle est obligée de suspendre ses cours.
NT NE) re FE
sù
— Al —
A cette époque elle retrouve son cousin, alors marié, et n’éprouve plus pour lui qu’un sentiment d'amitié très pure. . Elle s'occupe sans regrets, sans jalousie de son bébé mais se trouve peinée de la froideur que lui témoigne sa cousine.
De janvier 1915 à 1917 elle se porte assez bien et peut reprendre un, poste d’institutrice.
Maïs en 1917 nouvelle période de dépression.
Les signes d’anémie cérébrale qui s'étaient atténués pendant ces deux ans reparaissent. Il s’y ajoute des troubles mentaux. Elle vivait en compagnie d’une amie très pieuse, très scrupuleuse qui à eu sur elle une grosse influence. En
. dépit de dehors très mondains, elles avaient une vie in-
térieure très profonde. Leur vie intime n'était que prières interminables, pénitences, pieuses lectures. C’est tout juste
si elles ne portaient pas un cilice.
C’est alors que se manifestent les troubles mentaux : des phobies et des hallucinations.
phobie du facteur; ! phobie des étrangers; phobie des mauvaises nouvelles. À À l’église elle a des hallucinations visuelles. Elle voit le bon Dieu, le Christ des chemins de croix avec des dimensions immenses. Elle le voyait comme sur une photographie. | D'abord tout petit et lointain il allait en grandissant de plus en plus, en se rapprochant d’elle puis brusquement disparaissait.
Quelques mois plus tard vers la fin de 1917 apparaissent des hallucinations auditives et des hallucinations psychiques : Elle entend des voix intérieures qui lui parlent. La nuit
! elles lui disent : « Lève-toi, prie, ton frère est exposé, il est
en danger. » Elle passait ses nuits en prières. Parfois elle ne
- se couchait pas. Avec sa mentalité elle prit tous ces phénomènes pathologiques pour une épreuve intérieure qui : venait du diable et elle priait de plus en plus. Mais plus elle
DA
priait, plus ces troubles se répétaient et augmentaient d’in- . tensité. La communion quotidienne lui procurait cependant une grande force.
Son directeur de conséience, consulté, l’engagea à cesser
toutes ces pratiques et à ne rien faire « ni par scrupules ni par pénitence ».
Très scrupuleuse depuis sa conversion, toujours inquiète, elle eut énormément de mal pour cesser toutes ces pratiques. C'était pour elle une véritable obsession que de prier : ÿre en était arrivée à prier pendant sa classe.
Mais malgré la reprise d’une vie normale elle continue
. à avoir des troubles mentaux.
À cette époque elle se plaint de vives douleurs dans la colonne vertébrale. d En 1920 elle est obligée de cesser tout travail. Ses douleurs lombaires augmentent, sa nervosité devient telle qu’elle ne peut plus rester au bord de la mer. C’est alors qu'ayant consulté un médecin elle à su pour la première fois qu'elle était atteinte d’une affection nerveuse.
Elle va se soigner dans une communauté loin de la mer
où elle restera de 1921 à novembre 1924, son état s’améliorant.
En 1922 se plaignant toujours de la colonne vertébrale :
elle est radiographiée et on lui trouve une lésion À la 4 vertèbre dorsale, lésion qualifiée de spondylite rhumatismale. Pendant son séjour à la communauté son besoin de se dévouer aux autres eut l’occasion de se satisfaire. Il y avait là un jeune homme gravement malade, tubereuleux cavitaire atteint d’endocardite avec lésion aortique. Il était condamné et n'avait plus d'espoir que dans une intervention surnaturelle, dans un voyage à Lourdes. Elle s’est attachée à lui, l’a entouré de soins s’efforçant d'obtenir sa guérison qui survint au bout de trois ans de soins assidus. Elle ne vivait que pour lui, voulant compléter sa guérison
MS be
:, en le réadaptant à la vie courante. Elle-même se portait beaucoup mieux lorsque, brusquement. ilssont séparés «dans des conditions inhumaines » avec interdiction de correspondre et de se revoir. « Ce jeune homme était tout pour moi,
il était le seul but de ma vie». Aussi cette rupture eut-elle
comme conséquences de la replonger dans une période de
dépression avec aggravation de tous les troubles nerveux au “elle présentait: jusque-là.
Pendant son séjour à là communauté étaient apparues des crises nerveuses. La première survint à l’occasion d’une contrariété (un voisin de chambre faisait du bruit et l'empéchaït de dormir). | 1 |
Les ‘premières crises consistaient en impression de chute,
chute qui ne se produisait pas, la malade ayant le temps de s'asseoir ou de s’allonger. Pendant la crise elle se débattait et criait. La durée de la crise était variable, quelques minutes en général. CA ATOME | Peu après l’apparition de ces crises un jour elle se brûla
la figure par suite de l’explosion d’une lampe à essence.
ë4 Elle eut une peur épouvantable delperdre là vue et fut aussi fort impressionnée par la douleur causée par là brûlure pou se disant que «si l'on doit aller en enfer on doit souffrir atroje cement ». Dès lors dans les crises suivantes elle répétera toujours avec ses mains, les mêmes gestes de défense contre les flammes. ‘Après la rupture aves son malade, cherchant un milieu ami pour s’épancher et se consoler elle va chez
son père mais sa belle-mère la terrorisait encore plus qu’au-
trefois, aussi les crises de nerfs vont-elles en se rapprochant
et en augmentant d'intensité. A plusieurs reprises elle est tombée en arrière. Parfois elle courait dans sa chambre en se cognant la tête contre les murs comme une bête traquée.
Au cours de certaines crises elle tournait en rond, presque
to ujours dans le même sens, allant en sens inverse des ai-
guilles d'une montre. :
Peace
En ce moment, en plus des troubles psychiques que nous avons vus la malade éprouvait des douleurs très violentes dans la colonne vertébrale, douleurs qui l’empêchaient de rester debout et l’obligeaient à rester allongée.
C’est alors qu’elle va consulter M. Laignel-Lavastine qui la fait entrer dans son service à l'hôpital de la Pitié où nous la suivons.
Mlle H... est une longiligne mesurant 1 m. 75 et pesant 58 kg. 600.
Légèrement anxieuse dès qu’on léphioohé cet état se dissipe rapidement. :
Actuellement elle se plaint d’asthénie marquée, d'angoisse avéc peur de la mort, de difficulté à fixer son attention, de perte de la mémoire. Elle à des crises de doute, se demandant si elle est bien dans son corps. Continuellement elle à des obsessions : obsession de la-mort, des personnes qu'elle a vues dans la journée ou longtemps auparavant, des faits qui se déroulent autour d'elle, des bruits (c° est ainsi que lorsqu'elle monte en chemin de fer, pendant plusieurs jours elle entend le bruit de la locomotive; lorsqu'elle revient de la douche pendant plusieurs heures elle entend le bruit de l’eau).
Parfois elle a des hallucinations psychiques, Après avoir écrit une lettre elle se remémore constamment les mots et les termes. Pendant une certaine période elle a ‘écrit et parlé en vers. Actuellement cela a presque passé.
Lorsqu'elle se promène dans un endroit où il y à une pièce d’eau, une rivière, une force impulsive la pousse à s’y diriger et seules ses croyances religieuses l’empêchent de s’y précipiter.
Elle a un besoin impérieux de se dévouer. C’est ainsi qu'à l'hôpital elle s'efforce de soulager et de rendre service aux autres malades. Elle à des rêves nombreux, rêves qui la soulagent, car dans ces rêves elle agit, dépense des forces,
PE LR
toutes choses qu’elle ne peut faire en réalité. Elle à enfin quelquespl énomènes un peu pait'culiers : des prémonitions, des résonnances nerveuses.
C’est ainsi qu’au moment où son père mourait elle a dit à des personnes qui l’entouraient et sans savoir que son père était malade : « Mon père vient de mourir ».
Nous transcrivons une de ses prémonitions in extenso :
Prémonition.
«Ces temps derniers, je résonnais commeavant la mort de Papa que personne ne prévoyait si proche : « Il y aura une surprise, une très grande surprise.
«Cette résonnanceétaitvenuependant plus d’une semaine.
« Quoi … Je ne prevoyais pas, n’attendant rien de parti-. culier.
« Eten écrivant à une personne amie de Béthune je resopnais nettemeni: « Ce sera Su à temps, ce sera dt à temps.
« Quoi ?... quoi ? Cela m'agaçait. PAR
«Etavant-hier er core je notais que mon et ont me fatiguait, m'usait et me labourait : Ce sera dit, ça doit: être dit, su et tout le temps ainsi.
«Je ne pouvais mettre la tête sur l’oreiller ni me reposer sans être excédée par cette résonnance que je croyais un ordre pour moi : « Maïs qu'est-ce qui faut que je dise ? Qu'est-ce qui faut qui soit dit ou su à temps ?
« Et en sortant de la douche l’autre jour : Ce ne sera pas
dit, ce ne sera pas dit Quoi donc ?
« Cela m'énervait considérablement. Je ne voyais rien
rien d’important.
«Il s'agissait d’affaires de famille. Papa avait fait son testament (je l’ai reçu hier) et il fallait que je le sache et
que j'en aie connaissance avant la visite toute proche de
mon frère.
«Ce fut une très grande surprise, en effet. La méfiance et le caractère intéressé de ma belle-mêre l’avaient inspiré.
PE Vi
RE A de ot A # Ar sa
AT Se ie BU
« Voilà une chose à laquelle je ne pe nsais, ne m'attendais | et ne prévoyais nullement. C’est bizarre lé notaire m'écrit : % « J'ai pu savoir. que votre père avait fait un testament. De.
«Il fallait que ce soit dit, sue, dit à temps. |
«Je croirais facilement au diable, si je ne croyais au bon l Dieu pour prévoir ee que je ne devinais, ni expliquais de bonne foi.
« Quoi? quoi? — Et pourtant j’ai bien cherché à deviner. Cela m'intriguait. SC
« J'espère que le subeonscient me laissera un peu plus de paix maintenant.
« D'un autre côté depuis la mortdePapa, je recommençais - à avoir à distance une peur irraisonnée de ma belle-mère; peur maladive qui devient presque parfois de l’épouvante. Je prévoyais des difficultés de sa part certainement, très sûrement même... mais je n'avais jamais pensé, fout de même. à un testament inspiré par elle ».
Elle à enfin des troubles cénesthésiques intenses : | Exagération de ses sensations internes. ee *- à Sensations désagréables difficiles à définir, au niveau x de son système osseux, du rachis en particulier, de ses nerfs : ‘1 « Elle les sent tourner autour de son corps comme des serpents. »
« Le grand sympathique lui apparaît comme une bouele à) 428 tournant tout le temps. » . | ê « Elle a l’impression d'êtretoutepetite dans un grand corps de fer et de museles qu'une force fatale anime, » 4 Elle à des bouffées de chaleur, des alternatives rapides de 5 rougeur et de pâleur, les pieds et les mains froids, la chute ue: de la partie externe du soureil. d Les règles sont moins abondantes depuis deux ans environ. Le corps thyroïde n’est pas volumineux. Une TN Le métabolisme de base est de 45, 03 soit une augmentation oil de 23,3 %. 3 ;
I n’y à pas de signes physiques d'affection organique du système nerveux.
Le pouls est instable. La tachycardie marquée pour des causes minimes : mouvements, émotions. A
Le réflexe oculo-cardiaque est positif, le pouls passe de 76 à 48 par compression des globes oculaires.
Le réflexe solaire est positif.
Le P. H. urinaire a donné les chiffres suivants :
Le 29 décembre 1926 : à 7 heures, 6,6.; à 16 heures, 7, 8. ..Le 31 décembre 1926 : à 7 heures, 7, 2; à 16 heures, 7, 6.
Notre malade présente :
19 Une scoliose légère.
Une radiographie pratiquée au niveau de la colonne lombaire a montré quelques déformations liées à la scoliose. La 4-lombaire estlégèrement asymétrique. Quelques images floues rappellent un rhumatisme vertébral chronique au début.
Tout le rachis est spontanément Honneur à la pression. ù
20 Des ptoses multiples
Une radioscopie du tube digestif pratiquée en mars 1924 indique : ptose gastro duoédéno-colique avec étirement douloureux des viscères. Pas de points ouloureux sur Fimage gastrique elle-même, dolicho-côlon.
Le rein droit est ptosé, facile à sentir à la palpation.
En 1921 elle à été opérée de rétroversion utérine.
30 Des troubles gastro-intestinaux.
Constipation opiniâtre.
Crises de côlite mucomembraneu seavec débâcles de glaires et de mucus sanguinolent.
Actuellement ce qui domine ce sont les troubles gastriques qui ressortissent à deux ordres de douleurs :
tardives, sensation de digestion lente;
précoces, sensation de crampes qui la poussent à manger. Elle est alors soulagée. Vers 4 heures du matin elle est réveillée parfois avec sensation de faim douloureuse.
RP AS eE
4° Au point de vue pulmonaire elle a été surveillée autre= & ane) fois pour tuberculose. Actuellement elle ne peus rien ss 2
particulier.
5° Appareil cardio-vasculaire. Le pouls est ARTS ra- \ pide. La tension est de 13,5-8 au Pachon, indice # D; ? Iin’y à pas de lésions orificielles. F Gus
En résumé, chez cette malade en appliquant : sché=
ma des 5 zones nous dirons : P EVENE AE 7 1° Pour la zone psychique : cette malade est une nt AU périodique avec anxiété et crises hystériques. nr) Fa
| Re OEOUr la zone nerveuse : : présentant des signes def Lae PEN vagotonie et d'hyperorthosympathie. ot : a y 30 Pour la zone endocriniene : longiligne avec pois STE insuffisant, légère insuffisance ovarienne, P. H. aug
He Ê de RAS EU «
4° Pour la zone viscérale : ptosique, scoliotique. :
FES a Va Bo Noyau morbifique : tuberculose. Le DS à surveiller. SO PAE ED : ? : ” * à + LS s . J' y. \ 4" À À ” C ee : \ k L AA é # N RENER N at A ——— Dre d 4 t) = k r. : 4 ! * d TA L l K es \ | } + d ; ! dé if £ Li 3 A t ra "1 # k $ »
’ Ne Let Vr “ { L2 t L Cÿ L < $ j * vw k. NS «i k Ÿ F. 1 wi? F \ $ 1 OS EN $ 13 k 4 ) { “ < 7 MMA Ÿ ! i ’ RS eau, à 51 1 i { f' r k ” > À VAR à t Le er Le 4 | , | ES 2% pr ' { # À L 0 * 4 a? die CT LEE ‘ Sr i 1e LTÉE EN à. RES ; ; RS OL dt CA ï i \ ; a è; v da g RL TUE À « ? FA À À ‘ CSL. LA A À . Me 2
We Des l'état actuel de nos connaissances, il ne
faut plus se contenter pour Pl étude des troubles ob- "RUN : Servés au cours des psychonévroses de l’une quelconque | ‘des quatre “étiquettes classiques : hystérie, neurasthin, psychasthénie, psychonévrose ‘émotive. “ <k RE y a lieu d'employer une méthode : la mélhode ou | concentrique. qui S ‘applique à tous les cas sans excep- | ÿ tion et qui seule, dans les cas complexes ou tous les A
| naines s'intriquent profondément, permettra des D bien mettre en évidence et de classer tous les phéno- RE
né
no -menes) pathologiques. TR ALT UT
k XL. Dans. eue UE nous groupons tous les
/ rs
symptômes observés “chez les psychonévrosiques en À | de | plisiours zones concentriques et en pnense de tout Gi
malade nous étudierons chacune de ces zones succes- CAES sivement : sp A OR Me “paie
(a | ES + “ai La zone psychique, avec. d'une part les troubles de 4 D: A ‘inter-psychologie familiale ou professionnelle et d'autre KR
$ part ceux du moi profond, du subconscient. #0. Feu EN 9 ‘ à sg, \b}. La zone nerveuse, avec d’une part les troubles du :
“es système nerveux cérébro- -spinal et d'autre part ceux. AE du no RAA ra LI 2 ER DAS A [VAE nes à € } re LL
\ es
FAP TOR A 2 i 3%