‹ La méthode concrete en science socialeChapitre 13 sur 19 · Frédéric Masson^ de l'Académie française · texte numérisé non relu

Frédéric Masson^ de l'Académie française

2. « L'auteur, s'il a sérieusement, comme on doit croire fait métier d'ouvrier..., apparaît comme un reporter ingénieux, de ceux qui, durant une nuit ou une journée, se font men" diants, chemineaux ou sous-secrétaircs d'État... Sans doute y a-t-il porté plus de sérieuXj mais guère... Dans les conversa^ lions qu'il dit avoir eues avec les ouvriers... »

» qui séduit combien d'âmes slaves ! » M. Frédéric Masson oublie la forme la plus simple de « mission », celle qui répond au besoin élémentaire d'apprendre. — Il se plaint que l'auteur « ne nous ait appris ni à quelle classe » il appartient, ni quel but il s'est proposé. » M. Masson a cependant rencontré plusieurs fois le qualificatif « cérébral », mais avec un vif déplaisir ; si l'auteur a aime ce mot, s'y plaît, le » répète », M. Masson ne l'aime pas. L'auteur déclare ici n'éprouver pour ce mot aucunedilection particulière ; s'il a le répète », ce n'est pas qu'il « s'y plaît » ; mais il ne pouvait employer celui d'intellectuel, que le dreyfusisme avait pollué. — «Son livre, bizarrement construit, renferme » six chapitres, divisés chacun en paragraphes. » Non moins bizarrement construit qu'un certain article intitulé « La Descente aux Enfers » et qui, sans que son auteur s'en soit aperçu, renferme deux parties, divisées chacune en alinéas. Mon contradicteur concède bien que, « tou- » tefois, il y a à retenir... des observations » justes, pittoresques et profitables. » Mais comme il se rattrape ! Tout « le premier cha- » pitre, Sans travail,... estnul comme rensei- » gnements ». Un industriel m'a, tout au contraire, assuré que, pour lui, ce chapitre avait été le plus instructif de tous — « Dans les con-

» versations qu'il (J. Valdour) dit avoir eues )) avec l'ouvrier, il prend l'agrément de se » prouver à soi-même sa supériorité, quitte à » humilier ses interlocuteurs, ou bien alors » c'est après coup qu'il conclut. » Dans les conversations réelles que je rapporte exactement, j'ai bien tenu les répliques que je transcris, mais sans avoir jamais obéi à d'autre intention que celle de répliquer. Cette interprétation était-elle trop compliquée pour être accessible à M. Masson? Quant à mes conclusions, elles sont toujours demeurées en liaison avec ce que j'ai fait, vu et senti. — « Bien plutôt » qu'aux défauts du régime industriel et aux » remèdes à y appliquer, sa cérébralité l'a » porté presque exclusivement aux matières » qu'elle a l'habitude d'envisager, telles la » politique et la religion. » Je suis toujours resté fidèle à mon programme qui était de noter ce que je verrais ou entendrais. La place que la religion et la politique tiennent dans mon récit est la place même qu'elles tenaient, non dans mon esprit, mais dans celui de mes compagnons et dans la réalité de leur vie. — Au contraire, chez MM™^® Van Vorst, « nulle » des préoccupations auxquelles a paru obéir » l'enquêteur français. La politique n'est point » en cause, ni la propagande confessionnelle. »

Je répète que j'ai obéi à l'unique préoccupation de chercher à connaître. Je n'ai pas suscité les faits, je les ai épiés, et j'ai noté, non pas ceux que je voulais voir apparaître, mais ceux qui me sont apparus et tels qu'ils me sont apparus. — « L'une des principales revendications ou- » vrières, à son gré, serait l'interdiction pour » le patron de prendre ou même d'accepter » des références sur les travailleurs qu'il em- » bauche. » C'est donner de mon livre une idée aussi juste que celle que l'on donnerai*^ du livre de MM'^^^ Van Vorst en assurant qu'elles formulent, parmi les principales revendications des ouvrières, l'obligation pour le patron de placer sur la table de l'atelier un bouquet de roses. Chacun sait que, pendant de très longues années, les ouvriers ont énergiquement réclamé la suppression de l'obligation légale du livret qui les astreignait à une injurieuse mise en carte. Comme on le verra dans mon étude des Mineurs, certaines grandes Compagnies ont imaginé pire.

On sera surpris qu'après avoir reçu de M. de Mun un éloge précieux *, j'aie cru devoir accor-

I. o J'ai lu ce livre avec une intense émotion : je voudrais le faire lire à tous mes amis. » Dans L'Écho de Paris du la mai 1910. (Voir les Documents annexés.) C'est contre ce témoignage de M. de Mun que Frédéric Masson partait en guerre le 7 juin suivant.

go LA METHODE CONCRETE

der quelque attention aux remarques de M. Masson. Je m'en excuse. Mais elles furent publiques, et certaines objections, qu'elles ont inspirées directement, démontrent Tinfluence regrettable que peut exercer un mauvais article d'un auteur ennuyeux.

J'y trouve néanmoins et j'en retiens une formule excellente : — le titre « La Descente aux Enfers ». On ne saurait mieux dire : aller à la vie ouvrière, c'est descendre, et cette vie est vraiment un enfer.

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