PRÉFACE
SOMMAIRE. — $ I. Le Traité de l'Amour de Dieu dans l’ensemble des œuvres de Saint François de Sales. — $ IT. L’objet du présent travail. — Division.
€ Quand une lecture vous élève l’esprit et qu’elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l’ouvrage : il est bon et fait de main d’ouvrier » (1). On se surprend à répéter ces paroles en quittant la lecture du Traité de l'Amour de Dieu. Nul ouvrage n’a mieux mérité l'éloge qu’elles expriment. Par ailleurs, ce livre, le dernier en date de saint François de Sales (1616), est aussi le plus parfait qu'il ait éerit : 1l y est maître de sa pensée comme de son style.
$ L — Le Traité de l Amour de Dieu dans l’ensemble des œuvres de saint François de Sales.
Lorsqu'il nous raconte «la Vie de la sainte Charité » (2), n'est-ce pas son âme qu'il nous révèle en une histoire qu'il a d’abord vécue lui-même ? — En cela cependant il ne cherche pas un simple plaisir d'écrivain : 1l vise un but pratique.
(1) CE. La Bruyère, Les Caractères, ch. I, Des ouvrages de l’esprit, édit. Servois, p. 12, Paris, 1881.
(2) Cf. Œuvres de saint François de Sales, édit. Dom Mackey, t. IV, introd., p. IX, Annecy, 1894. Toutes nos références, tirées du Traité de l'Amour de Dieu, sont faites d’après cette édition.
Après avoir gravi les plus hautes cîimes de l’amour divin, il souhaite d’y mener son « amy lecteur », afin de le rendre riche en la sainte dilection. De là, ce courant de chaude sympathie qui circule à travers son œuvre et contre laquelle personne ne se défend. Il en enveloppe son disciple et le tient sous le charme à force de condescendance et de bonne grâce.
L'expérience a éclairé son zèle et lui a appris que «qui prêche avec amour, prêche assez contre l’hérétique quoiqu'il ne dise un seul mot de dispute contre lui » (1). Cette remarque nous livre le secret de son étonnante puissance de persuasion. Fi de la controverse désormais ! car rien ne vaut à son avis une limpide exposition de la doctrine de l'Amour de Dieu. L'analyse psychologique ne lui a-t-elle pas découvert l'irrésistible attrait, qu’exerce sur l’âme la seule pensée de son Créateur : « Si tost que l’homme pense un peu attentivement a la Divinité, il sent une certaine douce esmotion de cœur, qui tesmoigne que Dieu est Dieu du cœur humain » (2). Aussi, retenir notre esprit en la considération de la souveraine Bonté afin de le rapprocher d’elle, constituera toute son entreprise.
Il la poursuit avec une science philosophique et théologique, dont l’étendue, la solidité et la sûreté l’ont fait appeler à Juste titre « le Docteur de la dévotion » (3). — « Les intuitions de la sainteté s’unissant chez lui aux intuitions du génie, il explore comme en se Jouant les profondeurs du cœur de l’homme et les profondeurs du cœur de Dieu, il sonde ces deux abîmes, qui s'appellent et se répondent
. (1) Cf. J. P. Camus, Espril du b. François de Sales, Partie dix-huitième, Sect. XXIK, — Œuvres complètes de saint François de Sales, 6e édit., t. I, p. 632, Paris 1884.
(2) Trailté, LV. ch 15, t' IN, p.74:
(3) CE. TOURNEMINE, cité par Dom Mackey, t. I, Introd. Générale, p. LVIII.
P. Pa-=29 Pitt P. 36, PAT P, 59, D#-61.
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