II. — RÉSULTATS DE L'ASPIRATION PAR LES VENTOUSES
Résultats de Sondermann.
Sondermann, le premier, traita les otites suppurées par l'aspiration : mais si ce mérite doit lui être reconnu, il est nécéssaire d’ajouter que le nombre des cas traités par l’auteur est si restreint qu'il ne pourrait suffire à lui seul, à entraîner la conviction. Sondermann n’a publié que deux observations concernant ses expériences : encore sont-elles peu détaillées : les renseignements les plus utiles manquent :
les résultats ne sont Pas concluants : cependant, je les signalerai brièvement. L'auteur a publié deux cas d’otites sup- Purées guéries par les ventouses : les voici : 1e
Le premier est celui d’une otite suppurée chronique ancienne au cours de laquelle survint, à l’occasion d’une grippe, une poussée aiguë : le tympan était rouge etla mastoïde irès douloureuse à la pression. Malgré Paracentèse, compresses chaudes humides, glycérine boriquée, les douleurs et l’écoulement persistèrent : devant l'échec de ce traitement, Sonder- Mann essaya l’application de la méthode aspiratrice: n’ayant Pas encore imaginé ses appareils, il se servit du spéculum de Siegle et la première séance eut pour résultat l'évacuation d’une grande quantité de pus: les douleurs à la pression devinrent moins vives. À partir de ce moment, plusieurs aspirations furent pratiquées Chaque jour (Sondermann ne dit pas quelle fut la durée des séances), et au bout d’un mois la suppuration avait cessé conplètement. Le résultat définitif parut satisfaisant.
Le second cas concernait une otite aiguë suppurée avec mastoïde douloureuse et tuméfiée - l'arrêt de l'écoulement ne fut obtenu qu'au bout d’un mois et demi de traitement par l'aspiration. Les séances étaient renouvelées quatre fois par jour. |
L'auteur insiste sur la disparition rapide des douleurs Spontanées et provoquées : les malades ressentaient plutôt un effet agréable sous l'influence de l'aspiration, et l'oreille et la tête étaient béaucoup plus libres à la suite des séances. En outre, pour Sondermann, le vide produit par le spéculum favorise l'évacuation, non seulement du pus de la Caisse, mais encore de celui de la mastoïde : « La Quantité de pus évacué en une seule séance, dit-il, était si considérable qu'il ne pouvait venir uniquement de la caisse. »
2 MO due
Dans les otites chroniques suppurées il pratiqua, cinq fois par jour, une aspiration prolongée pendant trois minutes, et une fois par jour, des lavages à l’eau tiède : les résultats furent encore satisfaisants.
Outre l'évacuation du contenu liquide de la caisse, l’utilité de la ventouse réside encore dans ce fait que, particulièrement pour les suppurations chroniques chez lesquelles le tympan manque en totalité ou en partie, l'influence hyperémique doit
entrer en ligne de compte.
Résaltats de Muck.
Muck s'est servi, pour ses expériences, d'appareils assez compliqués agissant directement sur le conduit: l’un d’entre
eux est reproduit à la fin de ce travail (voir Muck : observations). Les cas traités par lui peuvent se diviser en trois
groupes :
4° Un cas de tuberculose bilatérale suppurée de l'oreille moyenne. — Ce fut sa première expérience de traitement par
la méthode de Bier. Le malade guérit.
2 Cinq cas d'otites aiguës suppurées avec perforation postéro-supérieure, en cul-de-poule : ces Cas guérirent en trois à dix jours : l'aspiration était appliquée sous forme de séances très courtes mais nombreuses : on cessait le traitement dès que l’exsudat se colorait en rouge:
3 Une vingtaine d’otites chroniques simples, avec large perforation tympanique, destruction des osselets el sécrétion abondante : l'écoulement fut arrêté en quatre à huit
semaines.
Les séances d'aspiration avaient lieu tous les deux jours:
chacune d'elles durait un quart d'heure et pendant chaque
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séance on appliquait cinq à six fois la ventouse ; celle-ci était laissée en place une minute.
D’après Muck l'aspiration agit de deux façons :
1° En hyperémiant fortement la muqueuse : il à vu nettement, à la loupe, les granulations de cette dernière plus injectées et plus volumineuses et une vascularisation intense des débris du tympan. |
2° En débarrassant la muqueuse, non seulement des sécrétions qui la recouvrent, mais encore de celles qui infiltrent son épaisseur : il se produit ainsi un drainage de la caisse et un lavage actif de toute la muqueuse. L’alcool et le nitrate d'argent, dit-il, provoquent, eux aussi, une hyperémie et une sécrétion passagère, mais c’est surtout grâce à une altération des tissus qu’ils détruisent plus ou moins.
L'auteur conclut en conseillant vivement la méthode dans les otites aiguës suppurées à perforation de siège défectueux, ou en cul-de-poule, et dans les otites suppurées chroniques où ‘la muqueuse seule est atteinte et qui résistent à tout autre traitement : toute lésion osseuse est une contre-indication à l’application des ventouses.
Résultats de Leuwer.
La technique employée par l’auteur fut la suivante : application de la ventouse à plusieurs reprises : l’appareil fut, chaque fois, laissé en place aussi longtemps qu’il s’écoula du pus par la perforation : puis, lavage et nettoyage du conduit, acide borique, tampon et pansement. A l’inverse de Sondermann qui nettoyait le conduit avant et après chaque séance, Leuwer se contente de panser le malade après l'aspiration, méthode moins pénible pour ce dernier et plus
La
simple.
Les résultats furent satisfaisants : 40 otites moyennes aiguës suppurées, ainsi traitées, guérirent : jamais la trépanation ne fut nécessaire. Parmi ces cas, 9 étaient précoces : tous, sauf deux consécutifs à la coqueluche, étaient d’origine a frigore: le temps le plus long qui s’écoula jusqu'à disparition complète de la sécrétion fut de\37 jours, et le temps le plus court, de? jours : la durée moyenne fut de 10 jours. Les otites aiguës avec perforation en cul-de-poule guérirent très rapidement, sans paracentèse : chez les nouveau-nés, se produisit quelquefois un écoulement sanguin assez abondant, explicable, d’après l’auteur par une connaissance encore insuffisante de la technique.
Leuwer conclut en disant que cette méthode n’est nullement pénible pour le malade et abrègesensiblementla durée de l’affection.
Résultats de Préobrashensky.
Il s’agissait surtout d’otites chroniques suppurées : l’aspiration n’était appliquée le plus souvent que tous les deux -ours, sauf dans les cas graves où l’on faisait des séances quotidiennes. Parfois, les malades pratiquaient eux-mêmes aspiration chez eux. La ventouse était laissée en place tant qu'il s’écoulait du pus: on l’enlevait alors et, au bout de1 à 3 minutes,on recommençait une nouvelle séance jusqu'à cessation complète del’écoulement ou apparition d’un liquide séreux.
Préobrashensky ne donne aucun détail sur les cas traités par lui : les résultats furent satisfaisants si l’on en juge par ses conclusions que voici :
1° L’aspiration nettoie l'oreille moyenneen évitant l’accumul ation et la décomposition des sécrétions.
2% L'aspiration empêche la dépression du tympan et
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