‹ La Méthode de Bier: Dans les Suppurations Otitiques et MastoïdiennesChapitre 36 sur 49 · LISE · texte numérisé non relu

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Resultats de Stimmel.

Stimmel a eu l’occasion de traiter par l’aspiration 30 cas d'otites moyennes suppurées chroniques, sans complications d'aucune sorte. Chez deux malades, l'affection durait depuis 40 et 50 ans. Dans 7 cas, toutes les méthôdes de traitement, préconisées jusqu'à ce jour, avaient été tentées : seule, la méthode de Bier amena de l’amélioration. Toutes les autres furent également très améliorées. La durée quotidienne de la stase fut, en moyenne, de 10 à 15 minutes : l’auteur se servait d’un petit godet aspirateur ayant 3 centimètres de diamètre : il n’y eut jamais de douleurs, d’hémorragies ou de troubles de l'audition. Les résultats furent satisfaisants,

Résultats de Stenger.

Désireux de hâter la guérison des mastoïdites et d’abréger le traitement post-opératoire toujours long, Stenger imagina une méthode très spéciale lui permettant d’agir, au moyen des ventouses, sur les foyers purulents disséminés dans l’intérieur de l'os. Sa technique est la suivante :

Tout d'abord, incision longue de 2 à 3 centimètres sur l’abcès sous-périosté existant déjà. Le périoste est ruginé jusqu’au pourtour du conduit: puis, si l’on ne trouve pas de fistule, on pratique, à la gouge, un canal dans la mastoïde, jusqu’à l’antre : Existe-t-il au contraire un trajet fistuleux, on l’élargit le plus possible jusqu’au voisinage de l’antre. Dans la plaie osseuse, une mèche de gaze lâche est introduite, puis on applique, en dehors, sur la peau, la ventouse de Bier. Après un temps assez court, elle se remplit de sang et de pus. Autour de la ventouse, un bandage est placé : autant que possible, la ventouse est enlevée au bout de

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trois heures, à moins qu’elle ne soit remplie plus tôt. Mèmes séances, les jours suivants, jusqu’à ce que la plaie osseuse soit comblée et que toute sécrétion ait cessé au niveau de la mastoïde et du conduit. Dans 7 cas traités par l’auteur suivant ce procédé, la guérison fut obtenue en trois semaines en moyenne. Spira, par une technique analogue, est arrivé

sensiblement aux mêmes résultats.

Résultats personnels.

Nous avons traité par la méthode de Bier appliquée sous la forme de ventouses, un certain nombre d’otites aiguës suppurées. Dans ce but,nous nous sommes servi d’une simple cloche de verre réunie à une poire aspiratrice par un tube de caoutchouc. La cloche était d’un diamètre suffisant pour recouvrir tout le pavillon de l'oreille, et ses bords étaient renflés, mousses et arrondis afin d'éviter toute lésion des téguments et toute souffrance pour le malade. Les figures suivantes représentent deux types de ventouses utilisées par Bier et

Fig. 4 (1) Fig. 5 (2)

par Klapp dans les cas de furoncles et d’anthrax ; elles peuvent parfaitement être utilisées pour produire l’aspiration du conduit et du pavillon, et il n’est nullement nécessaire de se servir de modèles spéciaux.

1. Gravures extraites du catalogue de la maison Eschbaum, à Bonn, 2. Id°

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Les précautions indiquées plus haut ayant été observé es (stérilisation de l’appareil, désinfection des téguments), l’aspiration était pratiquée, par séances de 15 minutes de durée, chaque séance étant entrecoupée de trois pauses de 2 minutes chacune. Chaque fois que cela fut possible nous avons fait trois séances par jour, une ou deux le matin, la dernière ou les deux dernières dans la journée, mais, souvent aussi, ce nombre fut réduit lorsque le malade, par exemple, refusait de rester à l'hôpital. 3

Avant comme après chaque séance un nettoyage minutieux du conduit était fait au porte-coton : en cas de tympan bombé présentant une perforation insuffisante, la paracentèse était pratiquée.

L’aspiration n’était pas douloureuse : le malade ressentait surtout une vive tension des téguments recouverts par l’appareil : au bout de quelques instants, dans les cas de suppuration abondante, du pus crémeux apparaissait au niveau du méat et s’écoulait dans la ventouse : en général, vers la fin de chacune des séances, ce pus devenait plus fluide, quelquefois même faisait place à de la sérosité claire ou un peu trouble, parfois rosée, exceptionnellement à du sang pur: à ce moment l'aspiration était interrompue.

Dans certains cas, lorsque le conduit auditif est plus ou moins atrésié, on peut introduire et laisser en place dans le conduit un petit spéculum : cette précaution empêchera l’accolement des parois molles et favorisera l’action plus efficace de l'aspiration et l'écoulement plus facile des sécrétions.

Nous n’avons jamais constaté d'accidents sérieux au cours des séances : quelquefois, des ecchymoses sur le tympan (Obs. VII), ou de petites dilatations variqueuses sur la peau du pavillon et autour de l'oreille (Obs. II). Parfois aussi, après les séances, nous avons vu une tuméfaction des parois

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du conduit, assez accentuée pour masquer en grande partie ‘le tympan : elle n’était, le plus souvent, que transitoire.

Suivant cette méthode nous avons traité 13 otites moyennes aiguës suppurées : parmi elles, 8 ont guéri par l’aspiration jointe aux pansements secs ; 5 ont été ‘opérées : quelques-uns de ces cas étaient d’origine grippale, mais, pour beaucoup d’entre eux, l’étiologie précise ne put être déterminée : tous étaient relativement récents, datant de 2 à 40 jours.

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