‹ La Méthode de Bier: Dans les Suppurations Otitiques et MastoïdiennesChapitre 6 sur 49 · RAY EE · texte numérisé non relu

RAY EE

En 1906 parut l’article de Stenger. Sur 10 malades atteints d'otites aiguës suppurées simples, 7 guérirent complètement, L'iut opéré : pour les deux derniers, le traitement fut abandonné. Enfin l’auteur, dès cette époque, appliqua aux mastoidiles sa nouvelle méthode de traitement, combinaison de la trépanation et de l'aspiration au moyen des ventouses : nous y reviendrons plus loin.

La mème année, /asslauer publia ses résultats, plus favorables que ceux de Heine et recommanda chaudement la méthode de Stenger. |

En 1907 des travaux plus importants paraissent sur la question : ce sont ceux de Fleischmann et d’Eschweiler ; le y -emier tout à fait pessimiste, considère la méthode de stase comme très dangereuse appliquée aux affections d'oreille ; ‘le second, très enthousiaste, s'élève vivement contre cette cpinion.

Depuis 1906 jusqu’à ces tout derniers temps (1908), l'école de Halle avec Schwartze et Isemer prend nettement part au débat et précisant les inconvénients et les dangers de la stase fait en définitive pencher la balance du côté des adversaires de la méthode (deuxième article d'Isemer, 1908, voir Bibliographie).

Enfin, Xôrner, dans la dernière édition de son manuel, parle assez brièvement de la stase et ne semble pas en être partisan.

Les ventouses furent employées par Bier à peu près à la même époque que la bande, dans le but de provoquer une hyperémie localisée et l'évacuation des collections purulentes. Puis l’auteur abandonna cette méthode pendant quelque temps, jusqu’au jour où Xlapp, son assistant, se mit, avec succès, à l'utiliser de nouveau.

L’aspiration en otologie est de date relativement ancienne :

PA Gers

elle fut tout d’abord considérée surtout comme un mode d'examen et de traitement des affections non suppurées des oreilles,le livre de Poliizer le prouve.Cependant,depuis longtemps déjà,M. Lermoyez avait attiré l’atiention sur son rôle possible dans le traitement des otites suppurées, lorsqu'il écrivait « qu'on pourrait remplacer la politzérisation par la raréfaction dans le conduit faite à l’aide du spéculum de Siegle, de façon à aspirer l’exsudat au lieu de le refouler » (1).

D’autres appareils que le spéculum de Siegle furent successivement employés : ce sont le tube de Gellé avecla poire, la seringue analogue à celle de l’aspirateur de Potain, et enfin le masseur de Delstanche, tous ces appareils partant du même principe : aspirer l’air dans le conduit par un embout plus ou moins rigide et éviter ainsi la rétention du pus : mais il n’était pas encore question d'hyperémie, de ventouse de Bier et d’aspiration régulière au cours des affections suppurées de l'oreille.

En 1903, Sondermann eut l’idée d'utiliser les découvertes de Bier pour traiter les otites. Dans le double but de débarrasser mécaniquement la caisse de ses sécrétions et d'obtenir une hyperémie favorable à la guérison, il. se servit des ventouses, et ses appareils, plus perfectionnés que les précédents, lui donnèrent d'excellents résultats. Il publia deux cas d’otites aiguës graves qui guérirent, avec arrêt complet de J’écoulement et rétablissement de l’audition. Des résuliats favorables furent également obtenus par lui dans plusieurs cas de suppurations chroniques.

En 1907, Muck, à Essen, signala plusieurs succès qu’il avait

obtenus par cette même méthode dans les otites suppurées

M. Lermoyez et Boulay. Thérapeutique des maladies de l'oreille,

AR

aiguës et chroniques. Il guérit même un cas de tuberculose bilatérale de l'oreille moyenne et vit, sous l'influence de l’hyperémie réalisée par la ventouse, le tissu cicatriciel remplacer peu à peu les granulations tuberculeuses.

La même année, Guyot, à Genève, et Delagenière, au Mans, reprenaient les expériences de Sondermanp, et tous deux, avec succès : le premier fut stupéfait, dit-il, de la rapidité avec laquelle on pouvait, par cette méthode, guérir les otites aiguës : le second, dans deux cas également aigus et s'accompagnant de rougeur réiro-auriculaire, obtint la guérison par simple paracentèse du tympan et application de ventouses : l'appareil était, comme ceux de Sondermann, placé sur la mastoïde et englobaïit l'oreille.

En 1908, Stimmel, à la Société de médecine de Leipzig fit ‘un rapport sur 30 cas d'otitées moyennes suppurées chroniques, sans complication d'aucune sorte: dans tous les cas les résultats furent satisfaisants. Plus récemment encore, Gaudier, à la Société française d’otologie, fit une communication sur les cas traités par lui depuis deux ans: Ses résuliais furent moins bons que ceux de ses prédécesseurs et il ne put guère constater qu’une disparition assez rapide de la douleur, surtout dans les cas de furonculose du conduit.

Nous nous bornerons à cette courte énumération : citer tous ceux qui s’occupèrent de la méthode de Bier en otologie serait inutile et fastidieux, et nous allons examiner maintenant de plus près le rôle de la bande et celui de la ven-

touse.

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