‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 17 sur 102 · Essais politiques el philosophiques, p · texte numérisé non relu

Essais politiques el philosophiques, p

4. Aulobiographie, chap. V,p. 150,— Voir plus loin chapitre III, $1,

5. Autobiographie, chap. VE, p. 175 sqq.— cf, chap. VII, p.219 sqq.

opte

dit-il, l'honneur et le plus grand bonheur de sa vie, aussi bien que l’origine de tout ce qu'il a fait pour l'amélioration des conditions de l'humanité . » La plupart des critiques estiment que Mill a exagéré l’influence qu’eut sur lui Mrs Taylor (1) ; les idées précises qu’il lui doit sont, en somme, en nombre restreint et de portée limitée : le chapitre de l'Économie politique sur l’avenir des classes ouvrières, une tendance générale vers un «socialisme modéré,» une partie du livre sur la Liberté (2). Mais il paraît bien probable, — les critiques ne sont pas loin de se mettre d'accord sur ce point, — que Mill, s’il ne doit presque aucune de ses doctrines fondamentales à celle qui devait être sa femme, subit pourtant de la part de celle-ci une influence générale qut fut très profonde: M. Belot estime que cet homme, qui avait vécu dans les livres, a pu être en quelque sorte vivifié par une âme plus libre de toute influence d'école ; elle a pu réveiller en lui le sens du réel ; et il est fort possible, conclut-il, qu'en un sens il lui doive beaucoup et qu’en un autre sens il ne lui doive rien (3). » M. Fernand Faure pense qu'elle contribua sans doute, « dans une large mesure, à faire de lui le plus généreux des penseurs, le plus noble des caractères » (4). MM. W. Minto et J.-M. Mitchell

remarquent que, si l'on examine de près les textes

1 Bain, p. 171. —F. Faure, p.275, col. 2.

. Belot, VIe Livre, p. 15.

3 Belot, lc

ÉFaure, lc.

rs

Soie

de Mill, on voit qu'il fut, pour Mrs Taylor comme en toutes circonstances, exact et équitable: il reconnaît en somme qu’il ne lui doit aucane de ses théories, mais qu'elle exerça son action sur son idéal individuel et social (1). Telle nous parait bien être la vérité, et, si nous considérons spécialement la méthode de l’économie politique, il nous parait utile de faire une place à cette influence : nous verrons que la préoccupation constante qu'a eue Mill de l’amélioration des conditions de la vie humaine, a agi puissamment sur la conception qu'il s’est faite de la science économique;et il n’est pas douteux que Mrs Taylor a favorisé le développement en lui de cette tendance.

Mais ilfaut, semble-t-il, accorder plus d'importance encore à l'influence des Saint-Simoniens : elle ne fut peut-être pas aussi profonde ; elle ne s’exerça pas d’une manière aussi constante ; mais elle se présenta sous une forme plus déterminée, et elle affecta plus directement ses doctrines ; au reste les deux influences devaient s'exercer à peu près dans le même sens et elles commencèrent à agir vers la mème époque. Mill enfant avait vu Saint-Simon chez J.-B. Say (2); mais c'est vers 1829-1830 qu’il prit contact avec les œuvres des Saint-Simoniens(3). Assurément il ne fut pas leur disciple, au sens strict du mot. Lorsque Gus-

tave d’Eichthal, avec une ardeur qu'il jugea lui-même

1, W. Minto et J.-M. Mitchell, p. 456, col 2. 2. Aulobiographie, chap. IL, p. 54.

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