‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 27 sur 102 · Logique, 1. VI, ch. XIE, $ 5, t. II, p · texte numérisé non relu

Logique, 1. VI, ch. XIE, $ 5, t. II, p

re Mill reproche aux Français (1) d'avoir méconnu cette vérité, et d’avoir pris l'habitude de résoudre les questions pratiques à l’aide de « maximes supposées universelles », qu’on oublie de rapporter à leurs justifications théoriques, et auxquelles par suite on se dispense d’apporter les limitations nécessaires.

On peut done, à bon droit, faire honneur à Stuart Mill d'avoir vu clairement le danger que présente pour l'élaboration de la science l’existence de préoccupations pratiques immédiates, et d’avoir en même temps formulé de façon énergique la dépendance de la pratique à l'égard de la théorie, Il prétendit luimême donner l'exemple, et l’on sait qu’il a intitulé son grand ouvrage de 1848 : Principes d'économie politique avec quelques-unes de leurs applications à l’économie sociale. Il tient manifestement à ce que son ouvrage apparaisse comme ayant à la fois une valeur spéculative et un intérêt pratique. La qualité vraiment distinctive du livre d’Ad. Smith, nous dit-il dans la préface de la première édition, « celle par laquelle il diffère surtout de quelques autres qui l’ont égalé ou même surpassé comme simples expositions des principes généraux de la matière, c’est qu'il associe constamment les principes avec leurs applications » (2). Mill prétend renouer cette tradition, mais il a soin d'ajouter qu'il ne consent pas à acheter cet

avantage au prix du sacrifice des raisonnements stric-

1. Logique, 1. VI, ch. XIL, $ 4, 6. IL, p. 554, 2. Principes, Préface, t. I, p. XXI.

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tement scientifiques. On peut luireprocher seulement, semble-t-il, une hâte imprudente à passer des théories à leurs applications. Mais en somme il aborde son œuvre économique avec les mèmes sentiments que ceux qui lui avaient inspiré ses doctrines logiques. Son attitude paraît absolument rationnelle, et l’on pourait s'étonner qu’elle n’ait pas rallié tous les suffrages, si l’on ne savait qu'il est à la fois plus facile et plus séduisant de disserter sur les problèmes les plus complexes de la pratique que d'arriver sur des questions plus simples à une certitude scientifique (1).

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