Essai, p
Comte que Mill a été amené à affirmer son attitude ; et il faut consulter surtout les lettres écrites lorsque l'enthousiasme de Mill fut tombé, à une époque où il ne cherchait pas à masquer les divergences. Il écrit en 1846 (1): « Les dissidences qui existent en matière sociale entre deux penseurs consciencieux, qui se ressemblent d’aussi près que vous et moi dans leurs principes logiques doivent tenir à ce que l’un ou l’autre n’entend pas assez bien Les lois de la nature humaine. >» Comte, qui a des œillères, comprend qu'il s’agit de la biologie, et ilestbien persuadé qu’en celte matière il en sait plus long que Mill. Mill, agacé, répond que, si Comte sait un peu plus de biologie, lui, Mill, sait beaucoup plus de psychologie : que lui, Mill a toujours cherché à perfectionner ses connaissances biologiques, tandis que Comte s’en tenait à un mépris systématique de la psychologie. Il ne peut y avoir de sociologie rationnelle que celle qui se fondera sur la connaissance de l’homme individuel : Comte pensait tout au contraire qu’il ne faut pas expliquer « l’humanité par l’homme, mais l’homme par l’humanité » (2).
Dans son article sur Mill et Comte, Littré a bien marqué (3) l’antithèse fondamentale des deux doctrines philosophiques. Pour Comte, la philosophie est l’étude du monde ; pour Mill elle est l’étude de
l’homme. L’un voit Les choses objectivement, il fait