‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 38 sur 102 · Littré, p · texte numérisé non relu

Littré, p

en —

et morale de l’homme est soumise, comme le reste de la nature, à des lois générales, nécessaires et conslantes (1). Les spéculations morales et sociales du xvir° siècle, avaient lentement müri cette idée ; et Mill lui-même sait bien qu’elle ne date pas d’hier : « Montesquieu, Machiavel même, dit-il quelque part (2), Adam Smith et tous les économistes, tant en France qu’en Angleterre, Bentham et tous les penseurs de son école, avaient la pleine conviction que les phénomènes sociaux se conforment à des lois invariables. » Mill ne pense pas autrement : il serait ridicule de mettre l’homme en dehors de la nature. Dans un article de la London Review, en 1835 (3), Stuart Mill nous montre bien son sentiment à cet égard : il y examine les opinions du professeur Sedgwick sur les études à l’Université de Cambridge ; Sedgwick distinguait : l'étude des lois de la nature ; l’étude des littératures anciennes ; l’étude de nousmêmes, comme individus et comme êtres sociaux. Mill s'étonne, se scandalise presque de cette classification qui semble mettre l’homme hors de la nature, et considère son activité individuelle et sociale comme soustraite à l’empire des lois naturelles.

Aussi ne sommes-nous pas surpris de voir Mill, dans le second chapitre du VI° Livre, affirmer énergiquement que les actions humaines sont soumises à la loi de causalité. Mais il s’explique longuement

Page 1