Cf. plus haut, chap. LE
DNESSAL; p.142.
une variété de conclusions spécifiques. L’un des procédés est purement inductif; l’autre est mêlé d’induction et de raisonnement ; l'un est a posteriori, l'autre a priori ; dans un cas on raisonne sur une expérience, et dans l’autre sur une hypothèse. La méthode de l’économie politique est la méthode a priori ou abstraite ; et Mill l’assimile à la méthode géométrique, au lieu d’opposer celle-ci à la méthode physique considérée comme la meilleure.
L’Æssai avaitété écrit du vivant de James Mill ; peutêtre Stuard Mill tenait-il alors à ne pas accuser les différences qui le séparaient de son père (1). Au reste, il s’agit là d’une divergence accessoire. Notre auteur lui-même ne devait pas y attacher une grande importance, puisqu’en rééditant l’Æssai, en 1844, un an après la Logique, il ne changea pas la rédaction sur ce point. D’ailleurs l’antithèse fondamentale des deux méthodes a priori et a posteriori se retrouve dans la Logique ; et nous verrons aussi que, pour la méthode préconisée par Mill, l'exposé de l’Essai et celui du VI° Livre concordent absolument. Dans la critique même de la méthode expérimentale, l’analogie est frappante : Mill raisonne dans les deux cas sur le même exemple, l'efficacité du protectionnisme. Il faut seulement considérer l’exposé de la Logique comme plus complet, et peut-être plus sincère, pour la raison que nous suggérions tout à l’heure. C’est
1. Mill nous dit dans l’Autobiographie (ch. VI, p.192) qu'il lui était pénible, du vivant de son père, de dire toute sa pensée sur les ques-
tions sur lesquelles il n’était pas d'accord avec lui.
à lui que nous nous attacherons spécialement dans les pages qui vont suivre, Il n'y a pas lieu de s’arrèter à ce fait que Mill y discute la méthode de la science sociale en général ; car toutes les branches spéciales de cette science, y compris l'Économie politique, sont dans la même situation ; il est manifeste d’ailleurs que, lorsque Mill parle de la science sociale, il pense constamment à l’économie politique : sa culture, ses préoccupations constantes le laissent supposer ; les exemples sur lesquels il raisonne le prouvent clairement.
Le sixième livre est le dernier de la Logique : c’est après avoir passé en revue les méthodes des diverses sciences que Mill s’oceupe des sciences morales, et d'une façon fort naturelle, il pense que les méthodes qui ont réussi à assurer la constitution des sciences physiques assureront aussi laconstitution des sciences morales (1). C’est done par rapport aux méthodes étudiées dans les premiers livres de la Log'ique que Mill va définir celles qui conviennent aux sciences de l’homme, et particulièrement à la science sociale.
Il y a deux méthodes principales : la méthode déductive et la méthode expérimentale (2). L’antithèse n’est pas, comme on le croit souvent, entre déductif ei inductif, mais entre déductif et expérimental : au fond Mill estime qu’en dernière analyse tout procédé
scientifique est une induction ou repose sur une induc-
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