Lettre du 2 octobre
et l'ardeur, que la lucidité parfaite. Il est vrai, Far^ tiste est d'abord ému de ce qu'il observe et de ce qu'il conçoit; il jouit de la nature, il en veut faire jouir, et < la fin de la peinture est la délectation »*, comme Poussin le sait; mais les moyens par lesquels la délectation est procurée peuvent être clairement aperçus, examinés et choisis. Le beau, après qu'on l'a senti, et sans cesser de le sentir, est démontrable. De là cette certitude mathématique d'avoir, pour son compte, embrassé la beauté et non son ombre, qui donne à la vie de Poussin un tel calme, et à ses ouvrages, nonobstant sa main tremblante, une telle fermeté. Ainsi son « génie » s'est déployé dans sa méthode môme.
Il serait précieux de tenir, de la plume de Poussin, l'exposé de cette méthode. Il a songé en effet à l'écrire. Bien des fois il en avait débité la substance dans ses causeries en plein air, sur la place d'Espagne, parmi un groupe d'auditeurs déférents . Parlava bene spesso delVarte, rapporte Bellori, qui fut là lui-môme souvent*, e con tanta evidenza délie cose, che nen nierio H Pittoriy che gli altri uomini ingegnosi venivano per tidire dalla sua bocca li piu belli sensi délia pitturuy chenonà studio d'insegnare^ ma nelU occorenze proferiva. Qu'il ait projeté de consigner en un livre ses principes, ou plutôt son expérience, le fait est presque sûr. Parlant, en 1650, « d'observations qu'il a com-