Remerciment présenté au Roi (en 1665); ibid., p
demandait, et ne croyant pas que rien fût au-dessous de ses soins. A l'Académie, Racine raconte qu'il apportait un « esprit de douceur, d'égalité, de déférence même », qu'il « laissait ses lauriers à la porte », et de tous était « le plus modeste à parler, à prononcer, même sur des matières de poésie*. »
Gardait-il cette même bonhomie à l'égard des critiques et à l'égard du public? car c'est ici la pieire de touche du caractère des écrivains.
11 était, dit-il lui-même, « de ceux qui ne se tiennent pas impeccables, et qu'un avis particulier oblige autant qu'une censure publique offense' ». Nous ne trouvons pas, il est vrai dans le peu de documents qui nous restent, s'il demandait souvent de ces « avis particuliers », ni comment il les recevait. Nous croyons qu'il arrêtait lui-même ce qu'il voulait faire, sans conseillers, sans se laisser déconcerter par rien, sauf toutefois par quelques règles des Anciens, dont il n'osait s'affranchir, tâchant de « s'accommoder avec elles et de les amener jusqu'à lui^ ». En revanche, nous savons, par l'affaire du Cidy comment il accueillait les « censures publiques ». D'abord, il essaya d'esquiver celle que l'Académie, par ordre, élabora sur son chef-
1 . Discours prononcé par Racine à TAcadémie française, le 2 janvier 1685, en recevant Thomas Corneille.
2. Première lettre au P. Boulart (1652), éd. Marty-Laveaux, X, p. 459.