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La méthode des classiques français

Des trois études rassemblées ici, la deuxième, sur la Méthode classique de Poussin, est la seule inédite. C'est aussi la seule où faie prétendu apporter quelque chose de neuf : la cinémalographie, si je puis dire, d'une abeille dans le mystère de la mellification. La première élude, sur Corneille, a déjà paru en accompagnement d'une édition scolaire. J'y avais mis deux ou trois remarques dont la simplicité insolite peut faire réfléchir encore sur un très vieux sujet. L'essai de systématisation de la dialectique de Pascal dans les Provinciales, reproduit à la fin de ce volume, a d'abord été publié dans le Bulletin de TUnion pour l'action morale. L'objet en est de montrer, sur un exemple, ce qui est le sel de notre classicisme : l'esprit de soumission parfaite à la vérité.

Je crois inutile d'excuser la forme, plébéienne, primaire, de ces démonstrations destinées à un public non spécial : je les aurais faites encore plus simples, si j'avais pu.

Par le rapprochement de ces divers morceaux, je me propose d'éclairer, provisoirement, un fait dont

h AVAM-PHOPOS.

j'espère apporter bientôt la preuve détaillée, ainsi qu'une explication historique probable : c'est que les ouvrages, très peu nombreux, décidément installés dans notre acquis perpétuel comme classiques, doivent cette solidité singulière èi ce qu'ils ont été produits par un procédé d'invention singulier aussi, qu'il faut décrire.

Ce ne sont point des fictions. L'auteur ri a pas cru qu'il pût disposer des données de fait. Pas plus que Vaède ionien, qui consultait sa muse, garant divin d'authenticité, sur un effectif de flotte, sur un nom de guerrier obscur, et qui n'eut pas osé retirer d'une liste de morts un héros que les poètes romanesques se fussent ingéniés à faire survivre, le poète, une fois imprégné de la discipline scientifique, ne se permet point d'insérer son caprice dans la réalité. Tandis que la tragédie romanesque se fraye son lit, la tragédie classique suit le méandre de l'histoire; elle en est un approfondissement. La comédie classique se plie au déterminisme rigoureux des caractères donnes, des passions; elle n'est pas inventrice de fables. Dans cet art, l'arbitraire n'a point de place; le réel, avec ses lois secrètes et sûres, affleure partout .

Ce sont là des images émules de la nature, qui offrent a V étudiant une étoffe résistante presque a l'égal de la nature même.

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