‹ La méthode des classiques françaisChapitre 32 sur 82 · Lettre du 2 octobre 1G · texte numérisé non relu

Lettre du 2 octobre 1G

et l'ardeur, que la lucidité parfaite. 11 est vrai, l'artiste est d'abord ému de ce qu'il observe et de ce qu'il conçoit; il jouit de la nature, il en veut faire jouir, et « la fin de la peinture est la délectation »\ comme Poussin le sait; mais les moyens par lesquels la délectation est procurée peuvent être clairement aperçus* examinés et choisis. Le beau, après qu'on l'a senti, el sans cesser de le sentir, est démontrable. De là celte certitude mathématique d'avoir, pour son compte, embrassé la beauté et non son ombre, qui donne à la vie de Poussin un tel calme, et à ses ouvrages, nonobstant sa main tremblante, une telle fermeté. Ainsi son « génie » s'est déployé dans sa méthode même.

Il serait précieux de tenir, de la plume de Poussin, l'exposé de celte méthode. Il a songé en effet à l'écrire. Hien des fois il en avait débité la substance dans ses causeries eu plein air, sur la place d'Espagne, parmi un groupe d'auditeurs déférents. Parlava bene spessô delVarte, rapporte Bellori, qui fut là lui-même souvent2, e con tarda evidenza délie cose, clie tien meno U Pittori, che gli allri uomini ingegnosi venîvano per h dire dalla sua bocca li pin belli sensi délia pittura, che non à studio d'insegnare, ma nelle occorenze proferiva. Qu'il ait projeté de consigner en un livre ses principes, ou plutôt son expérience, le fait est presque sûr. Parlant, en 1650, « d'observations qu'il a com-

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