‹ La méthode des classiques françaisChapitre 31 sur 82 · NICOLAS POUSSIN · texte numérisé non relu

NICOLAS POUSSIN

Ouand nous disons que Poussin, avec une méthode pauvre et scolaire, est tout de même un arliste de génie, c'est une parole, sachons-le, qu'il n'eût pas approuvée et qu à peine il eût comprise. Sans doute il admettait qu il faut du génie pour faire des ouvrages vraiment beaux, et il croyait Lieu, quanta lui, n'en pas manquer ; mais il faisait consister ce génie en un pouvoir extraordinaire, non seulement d'inventer, mais plus encore déjuger absolument ses inventions, pouvoir qui n'est pas différent chez l'artiste et chez le savant. 11 ne croyait pas qu'on pût créer rien qui vaille en sabandonnant à l'inspiration. Il disait bien qu'il ne pouvait travailler qu'étant « en bonne veine »2: mais j'expliquerai tout à l'heure que cette disposition qu'il sentait favorable à son art était moins la fougue

1. J'ai donné ailleurs sur Poussin une esquisse biographique d'après les sources originales (dans la collection des Grands artistes, H. Laurens, éditeur). La question de la Méthode, n'est qu'indiquée dans ce précédent ouvrage. Ici je l'ai reprise avec un développement tout différent.

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