‹ La méthode des classiques françaisChapitre 45 sur 82 · Iélibien. II. p · texte numérisé non relu

Iélibien. II. p

conformémenl au programme qu'il s'est fixé. Félibien, qui l'a vu opérer, rapporte qu' « il peignait avec propreté, et d'une manière toute particulière. Il arrangeait sur sa palette toutes ses teintes si justes, qu'il ne donnait pas un coup de pinceau inutilement, et jamais ne tourmentait ses couleurs' ». On le voit bien. Il est vrai que le soin qu'il prenait, dans ses préparations, d'établir la dominante d'un tableau, tantôt par des rouges sourds, tantôt par des grés verts ou argentés, a fort mal réussi dans la moitié des cas; avec le temps, les bruns rougeàtrcs du dessous ont terni le coloris par grandes plaques; les glacis se sont décomposés. Apparemment le peintre s'est trompé dans ses calculs; mais ne supposons pas qu'il ait omis de calculer. 11 n'est pas un détail, dans la cuisine du métier, qu'il n'ait médité. Ses toiles devant voyager d'abord enveloppées de papier, il a pris soin de les vernir seulement au blanc d'oeuf, de crainte qu'un vernis gras « ne s'attache au papier qui est dedans »; mais il sait que le blanc d'œuf prend la moississure. aussi prescrit-il qu'à l'arrivée on lave la peinture à l'éponge, qu'on l'essuie avec un linge blanc qui ne peluche pas, et qu'on remplace l'enduit provisoire par un vernis lin et léger pour l'aire revenir la fraîcheur des couleurs. Ce sont des ■ caresses » à ne pas oublier, avant que personne soit admis à regarder.

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