‹ La méthode des classiques françaisChapitre 59 sur 82 · Provinciales, XVII, p · texte numérisé non relu

Provinciales, XVII, p

teur de cette proposition « d'ignorance et de malice, de quereller le P. Bauny sur une opinion qui n'est point rejetée dans l'école » ; et qui des lors, de détestable devient sans reproche. A quoi Pascal réplique

fortement : « Dites-moi, je vous prie, quel est le but que vous vous proposez dans vos écrits? Est-ce de parler avec sincérité"? Non, mes Pères, puisque vos réponses s'entre-détruisent. Est-ce de suivre la vérité de la foi? Aussi peu, puisque vous autorisez une maxime détestable selon vous-mêmes. Mais considérons que, quand vous avez dit que cette maxime est détestable, vous avez nié en même temps qu'elle fut du P. Bauny : et ainsi il était innocent : et quand vous avouez qu'elle est de lui, vous soutenez en même temps qu'elle est bonne: et ainsi il est innocent encore. De sorte que l'innocence de ce Père étant la seule chose commune à vos deux réponses, il est visible que c'est aussi la seule chose que vous y recherchez, et que vous n'avez pour objet que la défense de vos Pères, en disant d'une même maxime qu'elle est dans votre livre et qu'elle n'y est pas, qu'elle est bonne et qu'elle est mauvaise : non pas selon la vérité, qui ne change jamais, mais selon votre intérêt, qui change à toute heure1 ». Et voilà l'explication de ces contradictions; c'est que par-dessus la vérité, qu'on aime peu, faute de cœur, on met les intérêts de son corps, de son parti, de ce

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