‹ La méthode des classiques françaisChapitre 72 sur 82 · Saint Hilaire, Contre Confiance · texte numérisé non relu

Saint Hilaire, Contre Confiance

ô. XI, p. 39-40. La substance de ce passage et de toute la onzième Lettre a été fournie à Pascal par Antoine Arnauld. i. WlII. p. 264.

témoignage, celui de la foi (entendez, par le témoignage de la conscience et celui de la tradition), on est instruit de ce qui doit être. La distinction faite par Pascal se ramène donc à celle du fait et du droit. Distinction qu'il importe d'observer exactement : combien de discussions s'égarent par cette faute de mé- . tliode, qui est de brouiller la recherche d'un point de fait par l'intrusion abusive d'une question de droit ! Par exemple, quand le P. Layman prononce qu'il est permis de tuer (en duel), « lorsque, autrement, on serait en péril de perdre sa fortune ou son honneur », et ajoute « que ce cas-là est fort rare », il manque précisément à cette distinction nécessaire. De savoir si ce cas-là est rare, et de savoir si le duel est permis, « ce sont deux questions séparées », rime de fait, l'autre de droit. « Layman, en qualité de casuiste, doit juger si le duel est permis, et il déclare que oui. Nous jugerons bien sans lui si ce cas-là est rare, — et nous lui déclarons qu'il est fort ordinaire »*.

Toute la discussion sur les cinq propositions attribuées à Jansénius est un autre et fameux exemple de cette ambiguïté. 1° Est-il exact, oui ou non, que Jansénius ait écrit ceci? — question de fait. 2° Si l'on a montré qu'il l'a écrit en effet, a-t-il eu tort ou raison de l'écrire? — question de droit. — Vous refusez de faire cette division? Il vous plaît de tout mêler? C'est

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