XII, p
les hommes qu'à la condition qu'ils se réconcilient encore avec la vérité. Il n'y a, sachez-le, de repos pour nous que dans la vérité, que dans la lumière complète. La discussion honnête est celle qui ne se propose rien autre que de dégager davantage cette lumière complète. Il ne faut donc plus parler ici de polémique, ou d'habileté à faire la guerre, mais d'irénique, ou de méthode pour fonder la paix. Les hommes de cœur, qui veulent savoir et faire savoir, et qui osent combattre avec franchise et feu pour ce qu'ils savent, sont donc proprement les enfants de la paix1. Et c'est sur ce mot d' « enfants de la paix » que se termine, singulièrement et avec un grand sens, cette véhémente série des Provinciales, où beaucoup se plaisent à ne voir qu'une forte machine à frapper, à blesser et à diviser plus irrémédiablement les hommes.
Telles sont les règles posées par Pascal pour les discussions. Je n'ai rien voulu y ajouter. Je les ai seulement un peu systématisées. Maladroitement, peutêtre, car il faut se souvenir (je le redis encore) que ce sont là des idées vivantes, et qui n'ont de force, qui rront même de sens que pour les esprits qui leur rendent vie.
]. XVIII, p. 270.