CHAPITRE III
Expériences sur les propriétés osmotiques des | sacs de collodion.
Nous avons vu dans le chapitre d’Historique que tous les expérimentateurs qui se sont servis de la méthode des sacs en collodion, admettaient à priori, que la paroi du sac était infranchissable aux leucocytes et aux microbes, et qu'elle se laissait traverser très facilement par loutes les substances dissoutes. Cependantil est de notre devoir de dire que nous n'avons pas pu trouver, dans tout ce qui a été écrit sur les sacs
de collodion, des expériences ?n vitro établissant d’une façon:
péremptoire les propriétés physiques attribuées à la membrane de collodion‘. Tous admettent sans conteste avec Nocard que «la paroi du sac oppose une barrière infranchissable aux éléments figurés et qu'elle offre une paroi osmotique parfaite ». Or, si l'on voulait analyser le sens général et vague qu'on donne au mot«cosmose », on se trouverait en présence d’un grand nombre de degrés de perméabilité de ces membranes osmotiques, que les physiciens elassent : 1° en membrane filtrante qui arrête les éléments figurés, et qui laisse passer toutes les substances dissoutes sans distinction, jusqu’à la membrane semi-perméa-
À Podbelsky a étudié à ce point de vue la membrane du rosean,
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ble, qui ne laisse passer que l’eau. Entre ces deux extrèmes toute membrane doit occuper sa place correspondante.
Il est de toute nécessité que la membrane de collodion ait son rang dans cette échelle, il s'agit seulement de savoir exactement son degré de perméabilité. C'est ce qui n'a pas été fait, à ce que nous sachions.
Nous avons été surpris des résultats que nous obtenions de nos expériences, que nous avons faites, nous basant sur le principe admis dans tous les laboratoires que le collodion devait laisser passer les toxines du bacille d'Eberth et Col.
De là, nous nous sommes demandé s'il fallait, en effet, considérer la paroi du sac comme «une paroi osmotique parfaite », ce qui équivaut à une paroi filtrante.
Ceci nous à amené à instituer les expériences suivantes :
Pous nous édifier complètement sur la diffusion des toxines à travers la paroi d’un sac de collodion, nous nous sommes adressé, suivant les conseils de M: le professeur Rodet, à une toxine parfaitement connue, {ant au point de vue de sa toxicité que de sa composition chimique. Dans ce but nous. avons mis, dans un sac de collodion de Paris, une solution de 2 centim. cubes de toxine diphtérique contenant 0,50 de toxine brute, dose dix fois mortelle pour le cobave. Le sae exactement fermé est introduit comme à l'ordinaire dans le péritoine d'un cobaye de 600 gram. le 5 juin. Or, le 10 juin, il allait aussi bien que possible, Nous faisons remarquer que ce délai dépasse déja de beaucoup la période d'incubation et d'empoisonnement, que s’il y avait un passage complet el assez prompt de la toxine diphtérique, l'organisme du cobaye devait en ressentir plus tôt l'effet.
Afin de nous assurer qu'avec telle dose l'intoxication diphtérique était largement possible, par la voie péritonéale nous avons inoculé le 7 juin dans le péritoine d’un cobaye de 500 gram. une solution de toxine diphtérique, corres-
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pendant à 0,25 de toxine brute, On voit que la dose est de moitié moindre que celle contenue dans le sac du cobaye précédent, c’est pour être absolument certain que la dose du sac est largement toxique, Ce cobaye meurt le 9 juin dans la matinée.
Voici deux expériences qui se complètent et qu'il serait intéressant de répéter. Quoi qu'il en soit, bornons-nous à constater que la toxine diphtérique ne traverse pas la paroi du sac en quantité suffisante, pour déterminer l'intoxication aiguë.
Nous avons voulu nous rendre compte par des expériences in vir0 Si la paroi du collodion laisse passer les substances dissoutes et en quelle quantité. Pour cela, nous, avons fait trois sacs, remplis d’eau distillée, et chacun d'eux plongé dans le liquide sur lequel on voulait expérimenter : glucose, sérum, solution de peptone. Au bout de 2% ou 48 heures, on a cherché dans le sac les réactions correspondantes de chaeune des matières contenues dans Le liquide qui entourait le sac. Pour cette partie de nos expériences, nous avons eu recours à la connaissance technique de M. Le professeur Moitessier, qui s’est mis très obligeamment à notre disposition.
Voici les résultats auxquels nous sommes arrivés.
Le glucose, après 24 heures, avait passé dans le sac, dont le liquide réduisait fortement la liqueur de Fehling.
Les matières albuminoïdes du sérum sanguin avaient déjà traversé le sac au bout de 24 heures en quantité notable; le liquide du sac donnait, avec l'acide azotique, le réactif picroeitrique, le réactif de Scheibler (acide phosphotungstique) un anneau opaque très visible, quand on faisait tomber quelques gouttes de l’un ou de l’autre de ces réactifs sans mélanger les couches.
La richesse en albuminoïdes du contenu du sac était environ 500 fois moindre que celle du sérum.
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Quant aux peptones, leur passage à lravers les parois du saë est à peu près certain, étant donné que les matières albuminoïdes, qui ont un poids moléculaire plus élevé, traver-
sent le sac; toutefois, nous n'avons pu déceler leur présence
dans le liquide du sac. Il est probable que la quantité qui a passé n'était pas encore suffisante pour donner les réactions des peptones qui sont moins sensibles que couée des matières albuminoïdes. .