‹ La Methode Des Sacs De CollodionChapitre 24 sur 28 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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Comme nous le disions précédemment,nous avons employé, dans nos expériences, soit des sacs remplis de cultures faites (de 48 heures) du bacille d'Eberth ou de coli, soit des sacs

remplis de bouillon ou d’eau stérilisée qu'on ensemençait à J'instant mème. L'observation du sujet, ainsi que sa destinée,

démontrent que l'organisme a réagi différemment dans l'un

4 ou l’autre cas. Récapitulons ce que nous ont donné, d'une

4 part, ces lapins; d'autre part, les cobayes.

: Dans la catégorie des lapins traités avec une culture ter-

4 minée d'Eberth, on relève deux survies, deux morts en

$ 7 jours, avec le sac ouvert {sans parler de lexpérience

F compliquée d'infection mixte). L'ensemencement extempo-

rané à donné une mort tardive.

; Dans le groupe de lapins traités par le coli, la culture faite

| a occasionné trois morts, dont deux en 6 et 7 jours, et une

4 troisième en 45 jours. L’ensemencement immédiat à, à son ee actif, 4 survies, dont une avec sac ouvert, ef une mort en

; 39 Jours.

; D'une façon générale, les sacs à culture faite ont été moins

bien supportés par les lapins que les sacs à ensemencement

À extemporané, puisque des lapins traités de cette dernière

manière ont souvent survécu.

Faut-il penser qu'en introduisant une culture faite dans un sac de collodion, les toxines qui se trouvaient déjà toutes

produites dans la culture traversaient d'emblée la paroi du sac el allaient impressionner l'organisme, après avoir subi peut-être une exaltation de leur pouvoir actif dans Pintérieur du sac; tandis que, avec l'autre méthode, ces mêmes produits toxiques seraient versés dans l'organisme, au fur et à mesure de leur production, et, par suile, moins brutalement. Il est plus probable que cette différence tient à ce que nous n'avons pas affaire aux mêmes produits dans le cas d'une culture x vitro, et dans le cas d’une culture qui s'opère dans le sac. Quoi qu'il en soit de l'interprétation, le fait est que le bouillon ensemencé au moment de la mise en sac à été bien mieux supporté que la culture faite, du moins par les lapins.

Quant aux cobayes, sauf deux survies, presque tous sont morts d'auto-infection intestinale ; nous n'avons pas observé

de mort spontanée sans fertilité d'humeurs. Nous discute-

rons plus loin l'interprétation de ce fait.

On à pu voir que le séjour longtemps prolongé du sac dans le périloine äu sujet à expérience faisait acquérir au sae de collodion une double enveloppe organique; une première fibrineuse, quelquefois assez épaisse (plus épaisse dans le cas de rupture du sac), formant une véritable coque à ce dernier, el une seconde en dedans de la première, caséeuse, molle, blanc-jaunàtre, que le microscope trouve constituée par des leucocytes exclusivement, avec des bacilles lorsqu'il y à rupture. La formation de cette couche peut être facilement expliquée par les propriétés chimiotaxiques positives

des Loxines contenues dans le sac ou en. voie de diffusion :

les globules blancs attirés ainsi vers la paroi du sac etne pouvant y pénétrer, vu Pimperméabilité du collodion aux éléments figurés, forment ce magma autour de lui.

I est à remarquer que celte réaction phagocytaire est beau

coup plus accusée chez les lapins que chez les cobaves ; la pins”

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plupart du temps, celté double enveloppe manquait chez ces derniers. Avec les mêmes saes, les mêmes cultures, l'égal séjour dans le péritoine on trouve une réaction leucocytaire considérable ou minime selon les sujets (lapins ou cobayes).

Nous ne saurions donner d'interprétation ferme de ce fait, 11 peut s'agir de différence dans la toxicité des cultures, dans la perméabilité du sac ou encore dans la différence de réaction tndividuelle du sujet.

Le résultat le plus frappant de nos expériences, c'est qu'on n'observe Jamais d'intoxicalion pure, aiguë, mais quelquefois la mort arrive par intoxication lente ; nous pensons que c'est là la cause de la mort-plus ou moins tardive des lapins sans infection (avec stérilité des humeurs). :

Nous avons vu que chez les cobayes la mort arrive généralement avec une auto-infection dont le point de départ est certainement lintestin, étant donnés les caractères que nous avons trouvés aux bacilles des humeurs. Même dans ce cas, il nous paraît vraisemblable qu'il intervient une intoxication partie du sac; 1lest vrai qu'on pourrait accuser altération des parois de l'intestin du voisinage du sac, mais les cobayes lémoins ont les mêmes raisons pour avoir des lésions de voisinage, sans que la mort s'en suive. |

L'absence d'intoxication pure aiguë ne peut recevoir que deux interprétations : ou bien il ne se fabrique pas de toxines actives dans le sac, ou bien elles ne le traversent pas. Avec les idées régnantes sur les propriétés physiques de la paroi des sacs de collodion, il faudrait admettre la première interprélalion, Mais nos expériences x ritro, que nous avons relatées dans le chapitre précédent, nous montrent que les matières albuminoïdes et les peptones traversent difficilement et en faible quantité la paroi du sac, et par suite des toxines d’une nature chimique peuvent se former dans le sac sans produire d'effet, ef nous croyons, en

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effet, que le contenu du sac subit une certaine modification, lavorable précisément à l'élaboration des produits toxiques. Nous avons donc été amené à mettre en évidence la toxicité du contenu des sacs. Ainsi le contenu du sac de l'expérience VIT (cobayes série Eberth) injecté intégralement sous la peau d'un cobaye à la dose de deux tiers de centimètre cube esl suffisant à amener la mort au bout de 24 h. Il en est absolument de même du contenu du sac de expérience VHI (cob. même série), à la dose d'un centimètre cube et quart. La culture en bouillon du premier bacille, n'ayant pas passé par sac, injectée à la dose correspondante à un cobaye est incapable de déterminer la mort du cobaye témoin; la culture du second bacille amène la mort, mais seulement au quatrième jour. Ces expériences montrent que le contenu du sac de ces deux cobayes était doué d’un pouvoir infectant supérieur comparativement avec les cultures en bouillon de ces mêmes bacilles. ; |

Ce résultat peut s'expliquer de deux manières; on peut penser d'abord à l'exaltation de la virulence du bacille luimême, ou bien à l'existence des produits vraiment toxiques. Or, en isolant le bacille du contenu du sac de l’expériencell par la culture, et en injectant cette dernière sous la peau d'un cobaye, on à vu qu'il n’était pas doué d’une grande virulence et que le sujet a survécu. Il nous semble qu'il est tout naturel d'admettre l'élaboration de produits toxiques, dans l'intérieur du sac et pendant son séjour dans le périloine.

Nous avons cherché à éliminer, dans des essais sur la toxicité du contenu, l'intervention des bacilles vivants, en les luant, soit en chauffant le liquide pendant une heure à 55°, soit en le traitant par le chloroforme. Le premier moyen ne nous à rien donné. Par le chloroforme nous avons obtenu un contenu ne renfermant plus de bacilles vivants {du moins,

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