CHAPITRE PREMIER
Historique
Dans les premières années de la connaissance du bacille d'Eberth-Gaffkv, plusieurs expérimentaleurs se sont assurés que les cultures de ce bacille, injectées dans les veines ou le péritoine des animaux de Jaboratoire, sont douées d'un pouvoir infectant, et quele bacille d'Eberth est capable de provoquer une maladie infectieuse analogue à la fièvre typhoïde de l’homme. D'autres auteurs, entre autres Sirotinin, refusent l'action infectieuse du bacille; et ils attribuent la maladie expérimentale qu'ils obtiennent aux ptomaïnes contenues dans les cultures. Sirotinin arrive à cette conclusion des expériences qu'il à faites avec des cultures
stérilisées par la chaleur ou la filtration. Il accorde aux cul-
tures vivantes et aux cultures stérilisées un égal pouvoir toxi-
en PE
que. Cette dernière donnée n'est guère admise aujourd'hui par la plupart des bactériologistes. On s'accorde à reconnaitre que les cultures, dont les bacilles sont Lués’ par la chaleur sont, en effet, toxiques, mais d’une activité sensiblement moindre que les cultures vivantes.
Quant aux cultures filtrées, ilest également universellement reconnu qu'elles sont douées d’une faible toxicité, laquelle se montre très variable d'une culture à l’autre.
- L'interprétation qui domine à propos de ce dernier fait, c'est que la toxine typhique serait fixée sur les corps bacillaires. M. Rodet a fait quelques expériences pour élucider ee point, el il arrive à croire que, contrairement à ce que pensent les auteurs, les produits actifs du bacille diffusent réellement dans les milieux des cultures, et qu'il ne faut pas chercher là la faible activité des produits de fabrication. Il attribue aux corps bacillaires la propriété pyogène et, aux. produits solubles, les propriétés pyrétogène, vasodilatatrice, phlogogène et sphacélisante. En dernier lieu, disons que «ces produits solubles diffusés dans les bouillons de culture des bacilles d'Eberth sont puissamment favorisants à l'égard des bacilles vivants » (Rodet).
On voit que la toxine du bacille d'Eberth se trouve dans le bouillon ordinaire en quantité qu'on ne peut pas utiliser. Aussi s’est-on beaucoup attaché, dans ces dernières années, à trouver des milieux nutritifs un peu spéciaux ou des conditions particulières où le bacille d'Eberth puisse laisser et diffuser des toxines plus actives.
M. Sanarelli tue par la chaleur les cultures en bouillon et les conserve dans cet état plusieurs semaines, puis les filtre, comptant sur cette macération prolongée pour faire diffuser dans le liquide la toxine contenue dans les corps bacillaires.
M. Chantemesse utilise une macération à froid de rate et de moelle osseuse, additionnée d’une petite quantité de sang
bee
humain défibriné, Selon lui, le produit de filtration à travers
la porcelaine se montre toxique pour les animaux, el il serait
toxique au maximum du cinquième au sixième jour, puis la
toxicité diminuerait pour disparaitre au quinzième jour.
M. Rodet a obtenu de rehausser la virulence et la toxicité des cultures des bacilles d’Eberth et coli, en se servant, comme milieu de culture, des bouillies de rate. Il conclut que « les bouillies, c’est-à-dire les milieux de cultures composés en partie-de liquide, en partie de solide, spécialement les bouillies spléniques, sont particulièrement favorables à l’activité des cultures des bacilles d'Erberth et coli: s'il s'agit d’expérimenter sur le pouvoir infectant des cultures complètes, les bouillies stérilisées sans putréfaction sont indiquées; mais un certain degré de putréfaction de ces milieux
est favorable à l'obtention des produits toxiques ».
Il résulte des études faites sur les cultures complètes aussi bien que sur les cultures chauffées ou filtrées du bacillus coli communs, qu'elles possédent des propriétés à peu de chose près les mêmes que celles des cultures du baeille d'Eberth.
Ceci ne doit pas nous surprendre, vu la parenté de ces deux
bacilles, admise par la majorité des bactériologistes, parenté très proche qui arrive à en faire deux variétés appartenant à la même espèce (Rodet et Roux).
On s'accorde à trouver les toxines du coli secrétées dans les milieux habituels, peu actives, très variables comme les toxines typhiques. « La toxicité des produits solubles du
bacille d'Escherich est, comme sa virulence, sujette à des variations étendues » (Gilbert). Roger a vu les toxines coliennes frapper chez la grenouille la moelle, le cœur, les mus-
cles. Mentionnons aussi l’action favorisante des toxines à l'égard du coli. |
Pour en augmenter le rendemerit toxique, nous avons vu plus haut que M, Rodet utilise les bouillies de rate, surtout