VITESSE DU SANG DANS LES ARTÈRES
lequel se lisait la déviation du pendule ; la modification par laquelle son inventeur l’a transformé en un appareil inscrivant n’a fait qu’en augmenter les défauts :
ce sont encore les effets de l’inertie et l’obéissance très-imparfaite du pendule aux variations du courant sanguin.
Dans le même but que Yierordt,
Chauveau construisit un Hémodromographe qui, mieux que tous les autres appareils, atteint le but que l’auteur s’était proposé, à savoir l’inscription des plus légères variations de la vitesse du sang.
Un tube T T, que le courant sanguin traverse (fig. 122), est fermé en partie par un disque léger placé à l’extrémité d’une aiguille qui plonge dans le courant du sang, tandis que l’autre extrémité L après avoir traversé une membrane de caoutchouc agit sur un tambour à air. La partie de l’aiguille qui est immergée -subit, de par le courant, des déviations plus ou moins fortes et plus ou moins rapides; celle qui est au dehors transmet à un tambour à air, puis à un levier inscripteur, des déviations pareilles, mais de sens inverse. (Les détails de la construction et de l’emploi de cet instrument seront donnés Technique, chap. n.)
L’emploi de l’appareil de Chauveau a révélé des particularités fort intéressantes de la vitesse du sang artériel; il a montré que chaque ondée sanguine lancée dans les artères y
produit des saccades multiples (fig. 122), dans lesquelles on lit les effets de la systole ventriculaire, ceux de la clôture de valvules sigmoïdes de l’aorte, ceux enfin des oscillations longitudinales de
Fig. 122. Hémodromographe de Chauveau. (Un sphygmoscope S est adapté au tube de l'appareil et donne en même temps les variations de la pression du sang.)
la colonne sanguine à l’intérieur des vaisseaux élastiques qui la contiennent.
Il n’y a pas lieu d’exposer ici les résultats que fournit l’appareil de Chauveau; ils ont été publiés avec de grands détails par cet éminent physiologiste et par plusieurs de ses élèves. Nous en reproduirons plus loin les principaux résultats. (Technique, chnp. ii.)
Fig. 123. Ligne V, variations de la vitesse du sang dans l’artère carotide d’un cheval, inscrites avec l'Iiémodromographe de Chauveau. Une ligne ponctuée 0 correspond à la vitesse zéro.
Le troisième genre de mesure des vitesses d’un liquide est basé sur la détermination de la pression dans deux tubes de Pitot; le principe est le suivant. On sait que les piézomètres 1 mesurenl ce qu’on appelle, en hydraulique, la pression latérale du liquide contre les parois du tuyau d’écoulement. Si ces tubes, au lieu d’être simplement branchés sur la paroi, se prolongeaient dans l’intérieur du conduit, puis, se coudant à angle droit, venaient présenter leurs ouvertures, soit contre le courant du liquide, soit en sens inverse, on verrait que le niveau auquel s’élève le liquide est plus haut dans le premier cas, moins haut dans le second.
Soit (fig. 124) un tuyau T dans lequel coule un liquide suivant la direction des flèches. Sur ce tube, une série de piézomètres ont leurs niveaux suivant la ligne ab oblique descendante (voir p. 32). Mais, parmi les piézomètres, se trouvent deux tubes de Pitot, Pl et P2. Le premier de ces tubes a son orifice coudé à l’intérieur du tuyau d’écoulement et tourné contre le courant du liquide. Le niveau de Pl est supérieur à celui des piézomètres; P2, au contraire, a son niveau plus bas que les piézomètres, parce que
1. Tubes de verre branchés sur une conduite d’eau et dans lesquels le liquide s’élève à différentes hauteurs