‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 105 sur 277 · VITESSE DANS LES CONDUITS · texte numérisé non relu

VITESSE DANS LES CONDUITS

d'après le nombre des mouvements alternatifs qui se. sont produits, en un même temps, dans deux expériences différentes, on peut juger de la vitesse relative des deux courants sanguins mesurés.

Dogiel a exécuté de nombreuses mesures de la vitesse du sang, dans le laboratoire de Ludwig, au moyen de cet appareil. Pour simplifier l’expérience, et pour n’avoir pas à compter le nombre de fois qu’il tournait le robinet qui sert à inverser le courant, Dogiel faisait écrire, sur un cylindre tournant, chacun de ces mouvements du robinet; il déduisait, de leur nombre, le volume absolu du êang qui avait traversé l’appareil, et de leur fréquence relative, la vitesse du sang dans le vaisseau.

Cette méthode doit fournir des mesures bien plus exactes que celle de Yolkmann, d’abord parce que c’est toujours du sang qui sort de l’appareil pour pénétrer dans le bout inférieur du vaisseau *, et que par conséquent ce sang doit circuler à travers les capillaires avec les résistances normales, ce qui n’avait probablement pas lieu pour l’eau de l’appareil de Yolkmann. En outre, la précision des mesures de Ludwig s’accroît, en raison même du nombre des mensurations successives qui sont faites. L’inversipn possible du sens du courant permet de répéter indéfiniment cen mesures du débit sanguin, et d’atténuer beaucoup l’erreur qui pourrait se glisser dans une mensuration isolée*.

Restent deux objections à faire à l’instrument : c’est que le jeu du robinet produit, à certains intervalles, des temps d’arrêt dans le mouvement du liquide et que, sous celte influence, la vitesse moyenne du courant doit diminuer. En outre, l’appareil de Ludwig ne peut prétendre qu’à la mesure de la moyenne vitesse du mouvement du sang; or, un des points les plus intéressants peut-être de la circulation artérielle, c’est la détermination des phases singulières de la vitesse du sang aux différents instants de chaque révolution du cœur1 2 3.

1. L’huile, par sa légèreté spécifique, surnage toujours au-dessus du sang et ne peut s’échapper par l’ouverture inférieure qui s’ouvre dans l’artère.

2. Dogiel. Arbeilenaus der physiol. Anstalt von Ludwig (Die Ausmessung desslromenden Blut Volumina, 18G8).

3. Dans ces dernières années, l’industrie a produit un compteur des liquides qui circulent dans les conduits, basé sur un principe analogue. L’eau passe alternativement dans deux corps de pompe dont chacun est mis, tour à tour et d’une manière automatique, en rapport avec le bout supérieur, puis avec le bout inférieur du tube dont on mesure le courant intérieur. Le nombre de ces coups de piston produits en un temps

La seconde manière de mesurer la vitesse d’un liquide est, avonsnous dit, d’employer cette vitesse à produire un travail que l’on mesure. Qu’une hélice plonge à l’intérieur du fluide en mouvement et. que son axe engrène avec la série des mobiles d’un compteur, on lira, au bout d’un temps donné, le nombre de tours de l’hélice, d’où se déduira, avec une certaine approximation, la vitesse du courant. Si, au lieu d’un compteur à cadrans, l’hélice actionnait un appareil inscripteur des actes discontinus, elle donnerait une courbe assez précise des phases de la vitesse moyenne du courant.

Ce procédé a été également employé à déterminer la vitesse des courants d’air dans les cheminées; l’anémomètre rotatif de Robinson est encore un instrument du même ordre. Tous ces appareils gagneraient beaucoup à être rendus inscripteurs, car leurs indications ayant surtout une valeur relative, il y aurait tout avantage à dégager clairement, au moyen d’une courbe, les phases variables du phénomène étudié.

Presque toujours l’inertie de l’hélice immergée fait qu’elle n’obéit pas très-rapidement aux variations du courant qui l’entraîne : elle résiste aux débuts des accroissements de vitesse du fluide et elle ne subit pas instantanément les effets du ralentissement du courant. En conséquence, elle atténue l’intensité des variations du mouvement, et tend à n’indiquer qu’une valeur moyenne de la vitesse du liquide; c’est le défaut commun à tous les appareils que nous avons passés en revue jusqu’ici.

On en peut dire autant d’un appareil imaginé par le physiologiste allemand Vierordt pour mesurer la vitesse du sang dans les artères. Cet instrument est basé sur l’emploi du pendule hydrodynamique dont la déviation, sous l’influence d’un courant de liquide, croît, dans un rapport constant, avec la vitesse de celui-ci. L’ Hémotachomètre de Vierordt portait un cadran extérieur sur

donné révèle la quantité de liquide qui a traversé le tube, puisque chaque coup de piston correspond au passage d’un volume connu de liquide. Si'l’on appliquait, à la fréquence de ces coups de piston, les procédés d’inscription précédemment indiqués pour traduire en courbe la fréquence des actes successifs, on aurait réalisé, sans doute, un des meilleurs appareils inscripteurs du mouvement des liquides dans les conduits.

Toutefois, un inconvénient existe dans l’emploi pratique de ces appareils : par cela seul que le jeu des pistons est automatique, c’est à la vitesse du liquide qu’est emprunté le travail nécessaire au mouvement des pompes alternatives. Si réduite que soit la quantité de travail ainsi dépensée, elle n’en constitue pas moins une cause d’altération du phénomène qu’il s’agit de mesurer.’

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