CHANGEMENTS DE POIDS PAR LES COMBUSTIONS
Inscription des phases de l’évaporation par les animaux.
Placé dans les conditions oü la plante se trouvait tout à l’heure, un animal traduira par la diminution de son poids la quantité d’eau qu’il perd par évaporation. Ici le problème est un peu plus complexe, si l’on veut faire la part de l’exhalation cutanée et*celle de respiration pulmonaire. Pour séparer l’une de l’autre ces deux sortes d’élimination de liquide, il faut empêcher la déperdition, soit de l’eau qui provient de la transpiration cutanée, en enfermant l’animal dans un sac imperméable, soit de l’eau qui s’échappe avec l’air expiré, en la condensant dans un flacon placé sur le plateau de la balance.
La principale difficulté que présente l’inscription du poids d’un animal tient à ce que celui-ci s’agite presque toujours dans sa cage, imprimant de brusques oscillations à la balance et aux appareils chargés d’inscrire les dénivellations des plateaux. Pour obvier à cet inconvénient, il suffirait de se servir de l’appareil Rédier dans lequel les oscillations se détruisent et s'annulent. Si l’on se servait de la balance inscrivante de Salleron, il faudrait disposer l’expérience de telle sorte que les changements de poids de l’animal se traduisissent parle déversement d’une certaine quantité de liquide; il serait alors facile, en forçant ce déversement à se faire par des voies étroites, de supprimer les oscillations dépendant des mouvements de l’animal.
Inscription des changements de poids qui se produisent dans les actions chimiques.
Dans un grand nombre de phénomènes, oxydations, hydratations, etc., le poids des corps augmente. Un appareil inscripleur sensible, traduisant fidèlement les phases de ces changements, permettrait de déterminer avec une précision extrême les influences qui en modifient l’intensité. Dans cet ordre de recherches nous citerons les expériences faites par Redier, au moyen de sa balance inscrivante, sur les phases de la combustion. Trois lampes à alcool ont été placées sur le plateau de la balance.
Dans la première phase du tracé, de 1 à 2, figure 129,*les trois
lampes brûlaient à la fois, la perte de pbids s’accusait par une rapide descente de la courbe ; au moment 2 on souffle une des lampes ; la combustion devint de 7, moins rapide, ainsi que le montre la descente du tracé de 2 à 3 ; à ce dernier point, on souffle la seconde lampe et la perte du poids n’a plus que 7, de sa vitesse primitive.
Le résultat de cette expérience pouvait facilement se prévoir ; mais le même appareil peut se prêter à des études très-intéressantes, par exemple aux changements qui se produisent dans la combustion d’une lampe, suivant l’état de la mèche, la tempéra-
Fig. 129. Courbe des phases d’une combustion.
Lire ambiante, la pression ou la composition de l’atmosphère dans laquelle elle brûle, etc.
On a vu, page 163, l’appareil désigné sous le nom de comptegouttes inscripteur. Supposons qu’un appareil de ce genre, au lieu de provoquer simplement les pointages de la fréquence des gouttes tombées, actionne un odographe au moyen d’un relais électrique, on aura un appareil d’une haute sensibilité, capable d’inscrire les moindres variations d’un écoulement. Imaginons qu’une balance hydrostatique dans laquelle se place le corps à poids variable porte, au-dessous du plateau opposé, un plongeur qui, à mesure qu’il descend dans le liquide, provoque l’issue d’eau qui actionne le compte-gouttes. Le nombre des gouttes tombées correspond directement à la perte de poids du corps pesé.
Les aréomètres à volumes variables, sont eux-mêmes des instruments très-sensibles qui donneront, par l’intermédiaire d’un changement de poids, les variations du baromètre, du thermomètre, les vitesses de la diffusion à travers les membranes; enfin, par l’intermédiaire du déversement d’un liquide, les changements lents du volume des corps, etc.