‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 122 sur 277 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

INSCRIPTION DES CHANGEMENTS DE PRESSION EXPLORÉS A L’INTÉRIEUR DES ORGANES.

Introduction du manomètre en physiologie: manomètre à mercure; kymographion de Ludwig. — Le mercure ne traduit pas fidèlement les variations rapides de la pression; mesure des moyennes : manomètre compensateur. — Moyen d’inscrire avec le tambour à levier les indications du manomètre à mercure. — Manomètres élastiques, leur mobilité; sphygmoscope ; manomètre Bourdon appliqué parFick; manomètre métallique inscrivant par un tambour à levier. — Comparaison expérimentale des différentes sortes de manomètres. — Applications; expériences sur le cheval; rapport de la pression ventriculaire gauche à la pression aortique. — Variations rhythmées de la pression du sang dans les artères. — Mesure manomélrique des forces respiratoires. — Pression dans les cavités de la plèvre; mesures de l’léasticité du poumon. — Inscriptions des variations de la pression atmosphérique.

Depuis que l’emploi du manomètre a été introduit en physiologie par Haies, cet instrument a subi des modifications nombreuses destinées à en rendre l’application plus facile et les indications plus sûres. Haies adaptait aux artères d’un grand mammifère un simple tube de verre dans lequel le sang lui-même, s’élevant jusqu’à une hauteur d’environ 6 pieds anglais, marquait ainsi la pression à laquelle il est soumis dans les artères. A ce tube incommode et fragile Poiseuille substitua l’emploi du manomètre à mercure. Ce fut d’abord im tube de verre courbé en U (l, fig. 130) dont une des branches communiquait par un ajutage effilé avec le sang d’une artère. Ladénivellationdu mercure exprimait la valeur de la pression cherchée

Le plus important perfectionnement qu’ait reçu le manomètre à

1. Cette dénivellation résultant de l’élévation du niveau dans une branche et de l’abaissement dans l’autre, il s’ensuit qu’une échelle centimétrique, d’après laquelle on lirait les changements de niveau d’une des branches, n’exprimerait que la moitié de la

mercure est celui par lequel Ludwig en fit un appareil inscripleur qu’il désigna sous le nom de kymographion. Ce fut, je crois, la première introduction d’un appareil inscripteur en physiologie. Aujourd’hui, l’usage de cet instrument est très-répandu; on n’éiudie plus guère les pressions, dans l’organisme animal, sans inscrire les variations qu’elles présentent.

J’ai longuement discuté ailleurs 1 la valeur des indications que fournit en physiologie le manomètre à mercure et crois avoir démontré que cet appareil n’est bon que pour donner la valeur d’une pression qui reste constante, ou du moins qui ne varie

Fig. 130. Différents types de manomètres à mercure. 1. Manomètre de Poiseuille. 2. Manomètre de Guettet. 3. Manomètre compensateur.

qu’avec une extrême lenteur; mais que, pour la plupart des usages physiologiques, et particulièrement pour mesurer la pression du sang dans les artères, le manomètre à mercure ne vaut rien, car il déforme, par les oscillations propres de sa colonne, les indications qu’il devrait fournir.

La seule mesure exacte que puisse donner un manomètre à

pression qui agit sur l’instrument; il faut donc doubler la valeur du mouvement produit dans la branche liLre du manomètre de Poiseuille.

Les oscillations du mercure sont deux fois plus étendues si l’on emploie la disposition adoptée par Guettet (1, fig. 130). D’un large flacon plein de mercure se détache une colonne manométrique verticale. La pression agit sur la surface du mercure contenu dans le flacon et, grâce à la grande étendue de cette surface, le changement de niveau, à peine sensible dans le flacon, se produit presque tout entier dans la colonne manométrique. Les choses se passent, pour cet instrument, comme pour un baromètre muni d’uni arge réservoir.

. 1. Physiologie médicale de la circulation du sang, p. 141.

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