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APPLICATIONS DES MANOMÈTRES

différentes soldes de manomètres. Pour cela, le mieux est de recourir à la méthode que Donders a employée avec beaucoup de succès dans le contrôle des appareils qui agissent sur le tam-

Fig. 135. P. C. Pression carotidienne du lapin recueillie avec le manomètre métallique (transmission par l'air). C. Pulsations du cœur.

bour à levier. Ce procédé consiste à faire agir sur chacun des appareils une pression connue d’avance, el à voir avec quelle fidélité chacun d’eux la traduit.

Applications.

C’est principalement à l’étude de la circulation du sang que s’appliquent les appareils rnanométriques dont la description vient d’être donnée. L’exposé détaillé des résultats obtenus à cet égard ne peut trouver place que dans un traité spécial, mais nous croyons devoir en donner un résumé succinct. Il est peu de cas où la pression d’un liquide à l’intérieur de conduits présente des variations plus nombreuses et plus compliquées, et par conséquent on ne saurait choisir un meilleur exemple pour montrer les avantages des appareils inscripteurs dans les problèmes d’hydrodynamique.

Pour comprendre les variations de la pression du sang dans les vaisseaux et dans le cœur, il n’est pas besoin d’être anatomiste. Tout lemondesait que le sang traverse tour à tour deux circuits : l’un qui le conduit à travers tous les organes du corps, c’est la

grande circulation; l’autre qui traverse seulement le poumon, c’est la petite circulation. Dans chacun de ces deux circuits, le sang traverse des organes semblables : un cœur, qui le pousse dans un système artériel ramifié ; des capillaires, qui terminent les voies artérielles et qui conduisent le sang dans l’intimité du tissu de tous les organes, et enfin des veines qui, nées par des origines très-ténues des vaisseaux capillaires, convergent et se réunissent pour former des troncs de plus en plus gros à travers lesquels le sang revient au cœur.

Dans son trajet circulaire, le sang, contenu dans des espaces à parois élastiques, est soumis à une pression variable, mais toujours décroissante depuis le ventricule du cœur d’où il est chassé par un effort puissant des parois musculeuses, jusqu’à l’oreillette, où il revient après avoir perdu en chemin toute la pression initiale dépensée contre la série d’obstacles qu’il, a rencontrés*.

C’est à travers ces décroissances successives que nous suivrons la pression du sang au moyen des manomètres inscripleurs. Dans le cœur, d’abord, nous plongerons des sondes manométriques* qui, soumises à la même pression que le sang dans lequel elles baignent, la transmettront plus ou moins loin à un tambour à levier inscripteur. Ces mômes sondes pourront être introduites à l’intérieur de gros troncs artériels, si l’on opère sur de grands animaux comme le cheval ou le bœuf. Enfin, dans les artères de plus petit calibre, quand on ne peut plus introduire dans le vaisseau l’appareil explorateur de la pression, on procède d’une manière inverse, et l’on fait arriver le sang de l’artère dans l’appareil manomélrique suivant l’ancien procédé de Haies et de Poiseuille, depuis longtemps classique en physiologie.

Expérience manométrique sur le cheval.

On constate que, dans le ventricule, la pression passe par des degrés extrêmes, s’élevant parfois à 20 ou 25 centimètres de mercure pendant l’effort du muscle cardiaque, et tombant à

1. Cette diminution de pression correspond à ce que les hydraulicicns appellent perle de charge des liquides dans les conduites; la perte est proportionnelle aux longueurs et aux racines carrées des sections des conduites.

2. Pour la description de ces instruments, voir IV* partie, chap. n.

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