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PRESSION DANS LE CŒUR ET DANS L’AORTE

zéro et parfois au-dessous 1 dans les phases de relâchement du muscle.

Dans les grosses artères, la pression est identique à celle du ventricule, au moment où le sang sort du cœur; mais, pendant le relâchement du cœur, la pression artérielle ne subit pas la chute profonde qui vient d’être signalée pour le ventricule; cela lient à l’existence de soupapes ou valvules qui empêchent le sang artériel de rétrograder dans le cœur. Le sang est donc poussé dans un système de conduits élastiques, d’où il ne peut s’écouler que graduellement, par les voies étroites et lointaines du système capillaire.

L’identité de la pression maximum du sang dans les artères el dans le ventricule se prouve expérimentalement de la manière suivante : on introduit par l’artère carotide d’un cheval une sonde manomélrique qui, traversant l’aorte, pénètre dans le ventricule gauche2. En faisant passer la sonde du ventricule dans l’aorte el réciproquement, on obtient des indications comparatives de la pression dans ces deux points du système circulatoire, indications d’autant plus sûres qu’elles sont faites au même instant et avec le même instrument.

. Rapports «1e la pression ventriculaire gauche à la pression aortique.

Voici les détails de cette expérience qui est d’une importance capitale en physiologie :

Deux sondes cardiaques de même sensibilité étaient plongées l’une dans le ventricule gauche (elle avait passé par la carotide et l’aorte), et l’autre dans l’aorte. La première donnait (fig. 136) le tracé n° 1, la seconde le tracé n° 2 que j’ai souvent désigné sous le nom de pouls aortique. Vers le milieu de l’expérience, on retire la sonde ventriculaire; on voit alors la pression s’élever soudainement en a, ce qui provient de ce que, d’un ventricule relâché où la

pression est presque nulle, la sonde passé dans l’aorte où le sang,

1. Celle chute au-dessous de zéro tient à l’aspiration que l’élasticité pulmonaire produit dans la poitrine; on la constate au moyen de la sonde à pressions négatives , dont il sera question plus tard.

2. Cette sonde peut s’engagera travers les lèvres de la valvule sans en troubler la fonction.

retenu par les valvules sigmoïdes, garde une pression élevée qui ne décroît que lentement par l’écoulement qui se fait à travers les petits vaisseaux.

La pression aortique se relève au moment b jusqu’en c, par suite d’une nouvelle arrivée de sang du ventricule. Une courbe ponctuée, rappelant les différentes variations de la pression du ventricule gauche, montre que la pression est sensiblement la même dans le ventricule et dans l’aorte pendant les maxima de l’effort systolique du ventricule, tandis que, dans ces deux régions, elle diffère beaucoup pendant la phase diastolique du ventricule.

Cette différence et cette ressemblance alternatives entre les

Fig. 136. Comparaison de la pression du sang dans la ventricule gauche et dans l’aorte.

pressions cardiaque et artérielle proviennent, avons-nous dil, de ce que l’aorte et le ventricule sont tantôt en large communication, tantôt entièrement séparés l'un de l’autre parles valvules sigmoïdes. C’est ainsi que, dans le cylindre d’une pompe, la pression peut être très-fortement négative pendant que le cylindre s’emplit, tandis que le conduit qui en émane garde toujours une pression positive, grâce à la soupape qui le ferme au moment de l’aspiration. Dans l’instant où la pompe chasse le liquide dans le tube, la pression est positive, aussi bien dans le cylindre que dans le tuyau, parce que ces cavités sont en large communication l’une avec l’autre.

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