PRESSION DANS LE SYSTÈME VASCULAIRE
Décroissance de la pression dans le système vasculaire.
Quand on suit la pression du sang d’un bout à l’autre du système vasculaire, on constate qu’elle décroît suivant les lois ordinaires de l’hydraulique. Ces lois établies par Bernouilli ont été déterminées pour des conditions beaucoup plus simples. Elles montrent ((ig. 138) que dans un tube également calibré, la pression décroît régulièrement suivant qu’on s’éloigne de la source de pression. Mais si le tube change de calibre aux différents points de sa longueur, ou si, pour une cause quelconque, la résistance à l’écou-
Fig. 138. Décroissance graduelle de la pression dans les conduits de calibre uniforme.
lement du sang varie en différents points, la pression se répartira suivant une loi plus compliquée ; c’est ce qui arrive pour la circulation du sang.
Au lieu d’un tube uniforme, prenons un tube à calibre variable comme dans la figure 139. Nous verrons que la pression ne décroît rapidement que dans les passages qui, par leur étroitesse, offrent une grande résistance et nous comprendrons que dans les artères volumineuses A elle ait pu paraître uniforme tant elle décroît faiblement, que dans les capillaires C, elle soit très-brusquement décroissante et que dans les veines Y, elle soit presque réduite à zéro.
Cette décroissance de la pression dans les différents points de l’arbre vasculaire est accompagnée d’un autre phénomène : l’uniformisation de la pression sous l’influence de l’élasticité artérielle Cet effet est du même ordre que celui qui se produit dans les
pompes à incendie, où l’action d’un réservoir à air transforme en un jet continu l’action saccadée du piston. On verra plus loin
Fig. 139. Décroissance irrégulière de la pression dans les conduits irrégulièrement calibrés.
que le pouls qui est la manifestation des inégalités saccadées de la pression du sang dans les artères diminue, puis disparaît, à mesure qu’on observe un vaisseaufplus éloigné du cœur.
mesure manométrique des forces respiratoires.
Les manomètres inscripteurs s’appliquent également à la mesure des pressions que l’air éprouve dans les conduits respiratoires. Ces instruments déterminent les maxima de pression positive qu’un homme peut développer dans un effort d’expiration en soufflant dans un manomètre; ils mesurent la force d’aspiration qui résulte de l’ampliation de la poitrine ; l’effort d’insufflation que peut fournir la contraction de la cavité buccale, etc.
Pression dans la cavité delà plèvre; mesure de l'élasticité
du poumon.
Mis en rapport avec la cavité de la plèvre, suivant la méthode de Donders, les manomètres mesurent la valeur du vide pleural, autrement dit la force de retrait du poumon1. Dans l’intestin, ils
1 Voyez Donders, Physiologie des Menschen, p. 414. Leipzig, 1859.