A L’EXTÉRIEUR
Importance, au point, de vue des applications médicales, des appareils qui n’exigent pas de mutilation.— La pression du sang d’une artère se mesure par la contre-pression nécessaire pour la surmonter; théorie du pouls. — Inscription du pouls; sphygmographe direct; sphygmographe à transmission. — Mesure absolue de la pression dans les artères de l’homme, d’après la contre-pression extérieure qui lui fait équilibre.
Pulsation du cœur ; explorateurs appropriés aux différents animaux : grenouille; mammifères de grande taille; petits mammifères.
Mesure de la pression dans le cœur par une contre-pression dans le péricarde. — Mesure de la pression du sang par le changement de volume des' organes.
La précision même des résultats que l’emploi du manomètre fournit en physiologie fait souhaiter qu’on puisse transporter à l’homme les résultats si faciles à obtenir sur les animaux. Il faudrait disposer d’une sorte de manomètre qui n’exigeât pas de mutilation. Cet appareil existe; il y a même plusieurs sortes d’instruments qui permettent de mesurer sur l’homme la pression du sang artériel, ou du moins les variations qu’elle éprouve sous certaines influences. Les sphygmographes ou inscripteurs du pouls, ainsi que les appareils dont il sera question page 290 et qui traduisent par des courbes les changements de volume des organes, sont d’excellents inscripteurs des variations de la pression du sang dans les vaisseaux.
Pour prouver que c’est bien la pression artérielle qui, par ses variations, produit les phénomènes pulsatiles dans les tissus vasculaires, je dois revenir, en quelques mots, sur la théorie du pouls, théorie qui a été pendant longtemps discutée et sur laquelle, peut-être, n’est-on pas entièrement d’accord aujourd’hui. Voici la
définition que je donnais de ce phénomène en 1861 : Le pouls est la sensation que le doigt éprouve des changements de la pression du sang dans les artères ; et plus loin : Pour avoir conscience des changements de pression , il faut déformer le calibre du vaisseau: faire perdre à l’artère sa forme cylindrique grâce à laquelle tous les points de sa paroi offrent une égale résistance à la pression intérieure exercée par le sang. Ainsi, dans la palpation du pouls, la pression du doigt qui déprime l’artère se substitue à la force élastique de la paroi du vaisseau et lutte contre la pression du sang
Cette définition s’applique également à la pulsation du cœur 1 qui tient, en grande partie du moins, au durcissement subit qu’éprouve cet organe au moment où il se resserre sur le sang qu’il renferme et le soumet à une pression énergique. Ainsi-,, c’est à la souplesse des parois des vaisseaux et à celle des cavités du cœur, que l’on doit de pouvoir constater aisément le plus ou moins de pression auquel y est soumis le sang et d’éprouver une sensation tactile de poussée plus ou moins énergique, tout à fait correspondante à ce que le manomètre nous révèle dans les changements qu’éprouvent la pression artérielle et la pression intracardiaque.
Ce n’est pas ici le lieu de rappeler par quelles phases diverses a passé l’invention du sphygmographe. J’ai essayé de tracer l’historique de cette question 2 * et de montrer qu’un bon inscripteur du pouls doit réaliser les mêmes conditions qui ont été décrites ci-dessus à propos des manomètres élastiques. En effet, c’est la force élastique d’un ressort qui doit déprimer les parois du vaisseau; en outre, dans les organes qui transmettent, amplifient et inscrivent le mouvement que le pouls imprime au ressort élastique, il faut éviter tout ce qui ferait naître des oscillations propres, capables de déformer le tracé5.
Depuis mes premières publications sur ce sujet, j’ai donné au sphygmographe une forme nouvelle qui assure encore mieux la fidélité de ses indications. Je rends le levier léger qui inscrit les pulsations artérielles absolument solidaire du ressort qui presse sur l’artère. De cette façon, il est impossible, quelle que soit la vitesse avec laquelle il est agité, que le levier inscripteur aban-