Physiol. méd. de la circulation, p
?. Ibid., p. 178.
SPHYGMOGRAPHE.
donne ies organes qui lui transmettent le mouvement et soit projeté plus haut qu’il ne devrait l’être réellement.
Je me borne à représenter figure 141 cette nouvelle disposition
Fig. 141. Disposition nouvelle du ressort et du levier du sphygmographe : ï, plaque d’ivoire qui appuie sur l’artère avec une pression qui dépend de la tension du ressort r; b, vis verticale qui, au moyen d'un mouvement de bascule, s’applique contre un galet g avec lequel elle engrène, de manière à entraîner le levier iuscripleur.
par laquelle une vis reliée au ressort de pression vient s’enfoncer dans la gorge d’une poulie molletée à laquelle elle imprime, à chaque pulsation artérielle, une rotation d’un certain nombre de degrés; c’est ce mouvement que le levier amplifie et inscrit.
La figure 142 montre le sphygmographe appliqué sur le poignet
Fig. 142. Sphygmographe direct inscrivant le tracé du pouls.
t inscrivant les pulsations de l’artère radiale. Enfin, la figure 143 représente un tracé fourni par cet instrument, dans les conditions de santé, sous l’influence d’un effort.
Ce que traduit le sphygmographe, c’est la façon dont la près-
sion varie dans une artère, abstraction faite de la valeur absolue de ces variations et de la valeur moyenne de la pression du sangdans le vaisseau. Les tracés du pouls sont de même ordre que ceux de la pression artérielle inscrits avec un manomètre élastique. L’identité des deux sortes de tracés devient évidente lorsqu’on
Fig. 143. Tracés du pouls obtenus avec le sphygmographe direct.
compare la courbe du pouls radial à celle qu’une artère de moyen calibre du cheval fournit au manomètre élastique.
Ainsi, le sphygmographe fournit les mêmes indications qu’un manomètre élastique; il renseigne sur les variations que subit la pression du sang dans les artères. Mais n’y a-t-il pas moyen de graduer les indications du sphymographe? Ne peut-on pas savoir quelle est la valeur absolue de la pression du sang dans les artères d’un homme ?
Cette préoccupation semble avoir tourmenté beaucoup certains médecins qui ont adopté l’usage du sphygmographe et qui, reconnaissant la supériorité des tracés du pouls sur les impressions tactiles, ont cru que l’instrument pouvait donner plus encore ; ils
SPHYGMOGRAPHE.
lui ont demandé aussi la valeur absolue de la pression du sang, d’après le degré de contre-pression que le ressort doit développer pour donner le tracé du pouls avec le maximum d’amplitude. Plusieurs médecins praticiens firent construire des vis graduées destinées à exprimer le degré de tension qu’elles donnent au ressort, et, d’après cette tension, croyaient mesurer la pression du sang. Ces tentatives ne peuvent donner aucun résultat. En effet, l’effort que le sang exerce contre le ressort de l’instrument ne tient pas seulement à l’intensité de la pression à laquelle le sang est soumis à l’intérieur du vaisseau, il tient encore à l’étendue de la paroi vasculaire sur laquelle agit cette pression sanguine, c’est-à-dire à la grosseur du vaisseau exploré.
Sur un même sujet, la pression sera sensiblement la même dans toutes les artères, mais elle produira un plus grand effort sur les plus gros vaisseaux et nécessitera une pression plus grande du sphygmographe pour déprimer la paroi artérielle et manifester le phénomène du pouls. C’est ainsi que les deux radiales d’un même sujet, explorées toutes deux au même instant, peuvent ne pas nécessiter la même pression du ressort du sphygmographe : les deux radiales peuvent en effet avoir un calibre différent. Est-ce à dire que la pression n’est pas égale dans toutes deux? Et quand un anévrysme résiste à une contre-pression de plusieurs kilogrammes, tandis que 100 grammes suffisent à aplatir l’artère radiale du sujet porteur de la tumeur, est-ce à dire que la pression du sang soit plus grande dans la poche que dans le vaisseau?
Depuis quelques années plusieurs auteurs ont proposé de nouveaux sphygmographes ; quelques-uns de ces instruments ne sonl que des variantes de celui que j’ai imaginé, il en est même où. le mode d’inscription seul est changé, la photographie étant substituée à l’emploi d’un style traceur1. D’autres appareils ont été construits dans le but de simplifier le sphygmographe, de le rendre plus portatif ou plus facile à appliquer 2.
J’ai moi-même essayé de plusieurs dispositions pour faire que les indications du sphygmographe puissent se transmettre à distance et s’inscrire concurremment avec d’autres mouvements.
1. Stein. Das Licht, 1877, et Berlin Klinick Wochcnscli., 1876, n" 12. — Winlornitz et R. Ultzmann Barl. Klin. Woch., 1876, n° 51.
2. Voir la liste des sphygmographes proposés par diflércnts auteurs (Technique).
Yoici l’une de celles que j’ai adoptées pour transmettre par des tubes à air les indications du sphygmographe.
Sphygmographe à transmission.
La monture ordinaire est conservée; on la voit dans la figure 144 appliquée sur le poignet. Lavis verticale qui, reliée au ressort de pression, reçoit les mouvements du pouls, au lieu de s’engrener à la façon ordinaire avec l’axe du levier in-
âMHMrcit
Fig. Mi. Sphygmographe à transmission.
scripleur, s’engrène avec une pièce basculante qui actionne la membrane d’un tambour à air. Ce tambour explorateur du pouls est relié par un tube avec un tambour inscripteur. L’inspection de la figure montre comment le soulèvement du ressort et de la vis agissent, par un mouvement de sonnette, pour comprimer la membrane du premier tambour, ce qui fait soulever le levier du second. Dans l’emploi de cet appareil, il faut donner aux membranes de caoutchouc de l’un et de l’autre tambour une tension très-faible et diminuer, autant que possible, les frottements du
SPHYGMOGRAPHE.
levier sur le papier. Sans ces précautions, la pulsation inscrite serait très-affaiblie.
On obtient, avec le sphygmographe à transmission, des tracés d’une longueur indéfinie, si l’on écrit en spirale sur un cylindre de grande longueur. On peut, en outre, inscrire la pulsation artérielle en même temps que celle du cœur, ce qui fournit des éléments de comparaisons très-importants entre les formes de ces deux sortes de pulsations. Enfin, comme l’appareil inscripteur est distinct de l’explorateur, le sujet en expérience a la liberté de prendre toutes les attitudes possibles pendant que le tracé s’inscrit.
Ainsi, quand on élève le bras sur lequel est placé un sphygmographe à transmission, la pesanteur qui agit en sens inverse du cours du sang produit une diminution de la pression dans l’artère explorée. Inversement, si le bras est abaissé et la main pendante, la pression sera élevée dans le vaisseau. Dans ces conditions alternativement contraires, la pesanteur d’une colonne de sang ayant la longueur du bras s’ajoute à la pression développée par l’effort du cœur, ou se retranche de cette pression.
Mesures de la pression absolue du sang dans les artères de l’homme.
Tous les sphygmographes ne donnent qu’une mesure relative de la pression du sang artériel et des variations si rapides qu’elle présente à chaque instant ; ils diffèrent en cela du manomètre à mesure qui, mis en communication directe avec le sang des vaisseaux, en indique la pression d’une manière absolue.
Or il est possiblé d’avoir une mesure au moins approchée de la pression du sang dans les artères humaines *.
Cette mesure s’obtient d’après la contre-pression extérieure qui suffit pour empêcher le sang d’aborder dans l’intérieur d’un organe. Il est clair que si tout afflux du sang dans un membre est empêché par une contre-pression s’exerçant à sa surface, c’est que la pression du sang, même dans les maximacorrespondant à la systole du ventricule, est inférieure à la contre-pression qui tend à effacer le calibre des vaisseaux (voir, pour les détails de cette méthode, Technique, chap. vii).
1. Voir pour les détails, théoriques et expérimentaux, Travaux du labor ., 1876, |». 309 et suiv.
Mesure de la pression intra-cardiaque par une contre-pression
dans le péricarde.
Le docteur François-Franck a fait, dans mon laboratoire, des expériences desquelles il résulte que du liquide injecté dans le péricarde comprime extérieurement les cavités du cœur et, les empêchant de se remplir, arrête la fonction cardiaque. La compression agit d’abord sur la partie du cœur où la pression est la plus basse, c’est-à-dire sur les oreillettes, qui s’affaissent aussitôt que la pression intra-péricardique a atteint la valeur de 2 centimètres de mercure; à ce moment, le cœur cesse d’envoyer du sang dans les artères, mais cet arrêt n’est que passager, car le sang qui revient par le système veineux élève graduellement la pression dans l’oreillette, et bientôt, malgré la contre-pression, le cœur reprend ses mouvements. Qu’on élève davantage la pression dans Je péricarde, et l’arrêt du cœur se reproduira de nouveau. François-Franck entreprend en ce moment des expériences dans le but d’étudier le mécanisme de la mort dans les hémorrhagies intra-péricardiques. Il constate que la mort survient plus ou moins vite suivant l’importance de l’hémorrhagie et le temps que le sang met à atteindre dans le péricarde une pression égale à celle du sang dans les oreillettes.
Inscription (le la pulsation du cœur.
La pulsation du cœur est surtout produite par un durcissement de cet organe qui indique une augmentation de la pression à l’intérieur des ventricules. Ainsi, étudier la pulsation du cœur, c’est explorer, de l’extérieur de cet organe, les changements de la pression du sang à son intérieur.
Divers appareils servent à recueillir la pulsation du cœur. Sur l’homme, j’emploie des explorateurs de formes variées, parmi lesquels je donne la préférence à celui que je nomme explorateur à tambour (voir Technique).
Les figures 14b et 146 montrent des tjpes des tracés de la pulsation du cœur recueillis sur l’homme et sur les animaux.
On reconnaît dans la ligure 145 la pulsation du cœur du chien
un instant en inspiration; de I en I on voit se modilier la forme des pulsations cardiaques qui deviennent négatives. (Héliogravure.)
et ses irrégularités rhythmées avec la respiration. La figure 146 correspond à la pulsation du cœur de l’homme ; à la partie moyenne du tracé, on remarque un changement dans la forme des pulsations sous l’influence d’un arrêt respiratoire en inspiration (voir Cardiographie humaine, Technique.
Pulsation du cœur chez les petits animaux.
Pour inscrire la pulsation du cœur de la grenouille, on emploiera avec succès une sorte de pince à cuillerons (fig. 147); on saisit la masse ventriculaire enlre les mors de la pince, qui en s’ouvrant et se fermant fait mouvoir un levier inscripteur.
Enfin, chez les petits mammifères, lapin, cobaye, etc., on inscrit fort bien la pulsation du cœur avec l’appareil représenté figure
Fig. 147, Pince cardiaque, ou myographe du cœur de la grenouille.
148. Ce sont deux tambours dont la membrane est soulevée par des ressorts-boudins. Ces deux tambours, articulés au moyen d’une charnière, s’ouvrent tous deux dans un tuyau en Y dont la branche terminale aboutit à un tambour à levier. On recueille ainsi, dans un même tracé, la somme des pulsations explorées par les deux tambours. En effet, chez les petits mammifères dont il vient d’être parlé, le cœur occupe une situation à peu près médiane, dans l’angle dièdre situé au-dessus du sternum. On place l’explorateur de façon que la charnière s’applique sur ,1a ligne médiane, le thorax de l’animal remplissant l’espace représenté par une ellipse ponctuée, figure 148; on a soin que le cœur soit saisi