‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 135 sur 277 · VOLUME DES ORGANES · texte numérisé non relu

VOLUME DES ORGANES

Étant connue la capacité d’une enceinte pleine d’air, on fait varier cette capacité d’une quantité également connue et on note l’élévation de pression qui s’ensuit.*

On introduit alors le corps à mesurer dans la môme enceinte et on en fait varier comme tout à l’heure la capacité. 11 se produit, dans cette deuxième expérience, un changement de pression plus grand que dans la première, parce qu’on a agi sur un volume d’air diminué de tout ce qui correspond au volume du corps introduit dans le réservoir. C’est de cette différence de pression que se déduit le volume du corps à mesurer.

Ainsi, il y a deux moyens de connaître le volume d’un corps : ('/est de mesurer le volume d’eau qu’il déplace ou l’augmentation de pression qu’il produit dans un gaz au sein duquel il est introduit. Modifiés suivant les besoins particuliers, ces deux moyens se prêtent aux expériences les plus variées et se plient fort bien aux exigences de la méthode graphique ainsi qu’on va le voir.

1° Mesure par déversement. — Ce n’est pas seulement le volume d’un corps, mais les changements de ce volume qu’on doit mesurer; supposons donc que le corps en question soit immergé dans un vase plein d’eau ; on organise le déversement de telle sorte que le liquide arrive, par un tube, au fond d’une éprouvette graduée. Dans ces conditions on voit à chaque instant, d’après l’élévation du niveau dans l’éprouvette, de combien le corps augmente en volume ; si au contraire le volume du corps immergé diminue, cela se traduit par un abaissement du niveau dans l’éprouvette dont le liquide est alors aspiré.

11 y a beaucoup de moyens d’inscrire les changements du niveau d’un liquide dans un vase, au moyen d’un flotteur qui, selon qu’il s’élève ou s’abaisse, actionne, dans un sens ou dans l’autre, le style écrivant. Si les changements; de volume sont faibles et déplacent peu de liquide, il est préférable de recourir à l’éprouvette flottante décrite précédemment. Les oscillations qu’elle exécute traduisent les changements de volume du corps immergé.

C’est là le procédé dontMosso s’est servi pour mesurer les variations que subit un organe sous l’influence des changements qui se produisent dans la circulation du sang à son intérieur. Cet habile expérimentateur a rendu sensibles et mesurables les moindres variations du calibre des petits vaisseaux sous les influences vaso-motrices.

L’avantage de l’appareil de Mosso dans les évaluations physiologiques est qu’il fournit, du premier coup, la valeur absolue du changement de volume qui s’est produit dans l’organe immergé. Les divisions de l’ordonnée des courbes inscrites sont toujours proportionnelles à la quantité de liquide versé dans l’éprouvette. La valeur de ces divisions peut être déterminée, une fois pour loutes, par une graduation de l’appareil.

2° Mesure d'après les changements de pression. — Sur l’autre principe, celui qui mesure la force élastique d’un gaz comprimé,

FL. 151. Appareil inscripteur des changements do volume de la main. La membrane au travers de laquelle passe l’avant-bras est immobilisée par une plaque métallique.; dans le tube vertical muni d'une ampoule, s’opèrent les changements de niveau qui s’inscrivent à distance, à l'aide de la transmission par l’air.

est basée la construction d’un autre inscripteur physiologique des changements de volume. Le corps dont il s’agit d’inscrire les changements de volumes est plongé comme ci-dessus dans un vase rempli d’eau ; mais au lieu de faire déverser le liquide on en fait arriver le niveau (fig. 151) dans un espace clos contenant de l’air et on inscrit les compressions plus ou moins grandes de cel air avec un tambour à levier servant de manomètre.

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