TRAVAIL MUSCULAIRE
La disposition suivante m’a servi à obtenir des courbes du travail musculaire.
Il s’agit de soumettre ces mouvements à deux sortes de mesure : l'effort développé et le chemin parcouru à chaque instant.
L 'effort se mesure au moyen de l’appareil représenté figure 153; c’est un dynamomètre dont les indications, transmises par un tube à air, s’inscrivent au moyen d’un tambour à levier.
Une forte monture de fer est munie de deux anneaux, dont l’un A s’applique à la force motrice et l’autre B à la résistance. Ce dernier prolonge la tige d’un piston maintenu en équilibre entre deux ressorts-boudins, dont l’un, plus résistant, supporte tout l’effort de la traction. De l’autre côté du piston, la tige se con-
Fig. 153. Dynamographe inscrivant à distance les efforts de traction.
tinue jusqu’à une membrane de caoutchouc qui ferme une caisse métallique.
Toute traction sur la tige du dynamomètre attire la membrane élastique et raréfie l’air de la caisse. Des alternatives de raréfaction et de compression de l’air contenu dans cette caisse se produisent suivant que la force de traction augmente ou diminue ; cela donne naissance à une soufflerie qui se transmet à travers un tube de caoutchouc, jusqu’à un appareil chargé de l’inscrire sur un cylindre tournant.
Dans le tracé qu’on obtient ainsi, la courbe s’élève d’autant plus haut que l’effort de traction développé est plus énergique. On gradue l’instrument en le soumettant à des tractions connues et Ton construit l’échelle qui sert à en évaluer les indications. Sur cette échelle, les hauteurs sont très-sensiblement proportionnelles aux poids employés à produire la traction, quand l’effort varie entre 1 et 36 kilogrammes.
Soit donc à inscrire Je travail produit par le soulèvement d’un poids au moyen d’une poulie.
Entre la main et l’extrémité de la corde sur laquelle on agit, se place un dynamographe à transmission dont les indications sont inscrites par un tambour à levier sur un cylindre. •
Or, ce cylindre doit se mouvoir proportionnellement aux alternatives d’élévation et d’abaissement du poids, afin que, dans les courbes, les chemins parcourus se lisent sur l’axe des x. Rien de plus facile que de lui imprimer ce mouvement alternatif par un procédé analogue à celui que Watt employait pour l’inscription du travail de la vapeur dans une machine. Il suffit d’utiliser la rotation alternative de la poulie et de la transmettre, après l’avoir convenablement réduite, au cylindre sur lequel s’écrit la pression.
En tirant lentement sur la corde, on obtient la figure 154, dans laquelle la courbe supérieure représente l’effort développé à chacune des phases de l’élévation du poids ; la courbe inférieure, l'effort développé dans la descente. Le travail d’ascension sera mesuré par l’aire que la courbe supérieure limite par en haut1.
Analysons les différents détails de cette courbe : om est tracé par le dynamographe et mesure l’effort nécessaire pour soutenir le poids; celui-ci, n’ayant aucune vitesse pendant cette phase, la ligne tracée est parfaitement verticale. En m, la force de traction excède la pesanteur et s’élève en a, en même temps que le déplacement imprime au cylindre un mouvement de rotation. Au point e, l’effort diminue ; la pesanteur reprend sa supériorité et le poids redescend lentement; le tracé suit la direction ebm 2. Dans cette figure, l’air de omaex correspond au travail dépensé par les muscles pour élever le poids; ombex est le travail que le poids a fait pour tendre les muscles pendant la descente. On
I’ig. 154. Courbes du travail dans l’élévation et rabaissement d’un poids.
1 . Je n’ai pu faire jusqu’ici qu’un petit nombre d’expériences, et les appareils d’essai •dont je me suis servi étaient fort imparfaits. Toutefois il m’a paru évident qu’en poursuivant ces recherches on arriverait bien vite à des résultats précis.
2. J’ai dit que les instruments n’étaient pas encore construits correctement, c’est pour -cela que le point c se trouve un peu plus haut que ni, tandis qu’il devrait être sur le .même niveau horizontal.