TRAVAIL MUSCULAIRE
voit que dans l’ascension il y a eu plus de travail développé. Cela lient à ce que l’effort des muscles excédait le poids dans l’ascension, tandis qu’une partie seulement du poids agissait contre les muscles dans la descente.
Quand l’effort musculaire est destiné à tendre un ressort, les choses se passent un peu différemment ; l’effort reste sensiblement le même dans les deux phases du mouvement.
On a pris un fil de caoutchouc un peu long et après l’avoir tendu, on en a fixé l’extrémité à une corde qui était attachée au dynamomètre. Le fil est tendu avec une certaine force que devra atteindre l’effort dynamométrique om (fig. 155) avant que l’allongement sc produise. A l’instant om le fil s’allonge et le cylindre commence à tourner.
Pendant cette traction, la force élastique du fil croit un peu, ce qui fait que la courbe du dynamographe s’élève en se portant de m en e. On diminue l'effort de traction exercé sur le fil, et le trait repasse par les mêmes points pour arriver en m et retomber en u.
Dans un autre cas (fig. 156), on a procédé d’une manière brusque en soulevant un poids au moyen d’une poulie. L’effort a d’abord été considérable à cause de l’inertie du corps et s’est élevé de m en n ; mais, à ce moment, le corps ayant acquis une certaine vitesse, s’est élevé quoique l’effort diminuât, comme le montre l’inflexion de la courbe. Celle-ci se relève encore à la fin pour remonter à e, parce que le corps retombe de son poids sur les muscles encore tendus.
Dans la phase inverse, les choses se passent inversement, il n’est pas nécessaire de donner plus de détails à cet égard.
En résumé, l’effort d’un muscle est réglé par les résistances qu’il rencontre : inertie des masses, frottements, forces élastiques, telles sont les causes qui font varier continuellement l’intensité de l’effort.
Fig. 155. Travail produit dans la tension el la détente d'un fil de caoutchouc.
Fig. 156. Travail produit dans l’élévation brusque d’un poids, suivie de descente brusque.
La volonté peut commander et la fibre musculaire exécuter les mêmes actes dans deux contractions successives, et pourtant ces deux contractions feront des quantités de travail très-différentes si l’une rencontre beaucoup de résistance et l’autre très-peu.
Destruction «lu travail moteur par les chocs.
L’effort que développe un muscle par sa contraction ne peut pas dépasser un certain maximum; or il arrive parfois que les résistances à vaincre excèdent cet effort possible; alors les actes musculaires s’accomplissent sans production de travail extérieur; le muscle se tend lui-même et s’échauffe sans déplacer l’obstacle qui s’oppose à son raccourcissement. Quelquefois, pendant qu’un mouvement se produit, la résistance s’accroît subitement. Ainsi quand on traîne une voiture sur un sol inégal, sur un pavé irrégulier, l’insuffisance de la force pour vaincre la résistance existe ici comme dans l’exemple précédent et constitue une perte de travail. Un brusque temps d’arrêt s’observe dans le mouvement commencé ; c’est ce qu’on appelle un choc. Les mécaniciens savent tous qu’il faut éviter ces chocs dans les machines, sous peine de perdre une notable quantité de travail. J’ai pensé que, dans la traction des fardeaux, ces pertes devaient fréquemment se produire et qu’en essayant de les empêcher on réaliserait une économie du travail de moteurs animés.
Économie du travail moteur réalisée en appliquant les forces intermittentes par l’intermédiaire d’un corps élastique.
On trouvera dans un autre travail 1 les expériences qui m’ont servi à démontrer l’importance que présente l’emploi d’organes élastiques pour transmettre des efforts discontinus, ou pour surmonter des résistances d’inertie. Voici par quelles expériences j’ai donné celte démonstration.
Si l’on se souvient que les résistances d’inertie croissent comme le carré des vitesses, on comprend que l’action d’un muscle qui serait deux fois plus brève que celle d’un autre éprouverait une