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ROLE DE L’ÉLASTICITÉ DES ARTÈRES

ché du corps, on verrait, en inscrivant les pressions artérielle et veineuse sur un cylindre qui tournerait d’un mouvement proportionnel au débit, quelle est la quantité de travail qui a été consommée dans les' capillaires, et l’on pourrait contrôler les hypothèses des anciens sur l’origine mécanique de la chaleur animale, en cherchant combien de calories a pu produire une pareille destruction de travail.

L’élasticité des artères économise le travail moteur du cœur.

Ce qu’on a vu plus haut du rôle de l’élasticité pour diminuer les résistances d’inertie qui se produisent dans le mouvement des corps solides s’applique également au mouvement des liquides dans les conduits, à celui du sang dans les vaisseaux, par exemple. De même que les résistances d’inertie des masses solides, celles que présentent les liquides en mouvement croissent en raison du carré des vitesses. Un tube dans lequel le liquide pénètre avec une certaine force fournit un certain débit; si nous voulions doubler le débit ou vitesse d’écoulement, il faudrait une force quatre fois plus grande ; une vitesse triple exigerait une force neuf fois plus grande, et ainsi de suite. Comme conséquence, si l’impulsion n’est donnée au liquide que pendant la moitié du temps, il faudra, pour produire un certain débit, qu’elle soit quatre fois plus forte que si elle était continue.

Or le cœur, en sa qualité de muscle, n’agit que d’une manière intermittente. Transformer en courant continu les mouvements saccadés qu’il imprime au liquide sanguin, c’est réduire la résistance que ce liquide éprouve pour un certain débit, et, par conséquent, la force nécessaire pour en effectuer la propulsion.

Si l’on connaît les durées relatives de la période pendant laquelle le cœur envoie du sang dans les artères et de la période de repos, on peut avoir une idée approximative de la diminution des résistances par l’élasticité vasculaire dans les artérioles où le cours du sang est continu. Celte action favorable de l’élasticité artérielle se fera d’autant plus sentir, que la durée de l’impulsion du sang sera plus faible par rapport au temps de repos du cœur. Si la période d’action est égale à celle de repos, la résistance sera réduite au quart de ce qu’elle eût été sans l’élasticité artérielle ;

si la période active n’est que du tiers d'une révolution du cœur, la résistance sera réduite au neuvième.

J’ai démontré ailleurs1, au moyen de nombreuses expériences, la réalité de ce fait, et j’en ai tiré cette conclusion, que l’élasticité de l’aorte et des vaisseaux artériels a pour effet, non-seulement de régulariser le cours du sang que le cœur envoie, mais aussi de faciliter l’expulsion du sang par le cœur; autrement dit, d’économiser le travail moteur de cet organe.

Une conclusion se déduisait de ces prémisses et permettait de fournir une vérification curieuse du fait qui vient d’être énoncé. On sait que le cœur s’hypertrophie lorsqu’il existe un obstacle à l’issue du sang qu’il envoie dans les artères; par une harmonie merveilleuse, les parois musculaires des ventricules deviennent plus épaisses et plus fortes quand elles doivent faire plus de travail. S’il est bien vrai que l’élasticité dont jouissent normalement les artères soit une condition favorable au cours du sang, la perte de cette élasticité qu’on observe normalement dans la vieillesse constituera un obstacle au cours du sang et amènera l’hypertrophie du cœur. Celte hypertrophie existe toujours en effet, ainsi qu’Andral l’avait déjà signalé, sans pouvoir en expliquer la production.

Ainsi, le travail mécanique des solides ou des liquides est soumis à des lois semblables; tout ce qui en régularise la production est favorable aux organes moteurs et exige une moindre dépense de force.

. l’hNsiol. intid. de lu circulation du sang. p. 130.

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