ONDES LIQUIDES
points de sa longueur, pour se rendre compte de la marche de l’onde, de sa longueur, de sa vitesse, des réflexions qu’elle éprouve, etc.
Pour explorer le volume en un point, je place le tube entre deux demi-gouttières de métal (fîg. 181), de façon que l’écartement
Fig.' 181. Appareil explorateur du passage de l'onde liquide dans le tube I.
ou le rapprochement de ces demi-gouttières se transmette à la membrane d’un tambour à air mis en rapport avec un levier inscripteur.
Lorsque le passage de l’onde dilate le tube de caoutchouc, les deux demi-gouttières de métal tendent à s’écarter l’une de l’autre, et comme la supérieure est seule mobile, c’est elle qui exécute la totalité du mouvement; elle comprime le tambour placé au-dessus d’elle et envoie au levier inscripteur le signal du passage de l’onde.
La figure 180 représente la disposition de l’appareil complet. Un tube horizontal de caoutchouc est rempli de liquide; à l’une de ses extrémités est une pompe, à l’autre un ajutage d’écoulement que l’on peut laisser ouvert ou fermé suivant la nature de l’expérience. Le tube traverse une série de six petits explorateurs semblables à celui qui vient d’être décrit plus haut; ces explorateurs sont situés à une distance de 20 centimètres les uns des autres ; le tube se prolonge au delà du dernier, mais on peut, au moyen d’une pince, le fermer immédiatement après son passage sous le 6e explorateur. De cette façon, l’onde viendra heurter, en ce point, contre l’obstacle formé par la pince. Les six tambours à levier, dont chacun est actionné par un des explorateurs de l’onde, tracent sur un même cylindre qui tourne avec une vitesse de 28 centimètres par seconde. Cette vitesse est contrôlée par un chronographe de 50 vibrations doubles par seconde.
Lorsqu’au moyen de la pompe représentée à gauche de la figure on lance une certaine quantité de liquide dans le tube, il se produit
INSCRIPTIONS MULTIPLES
une onde positive. Si, au contraire, en retirant le piston de la pompe, on crée une aspiration dans le tube, il se produit une onde négative , qui, du reste, se propage de la même manière.
Quand on ferme au moyen d’une pince l’extrémité du tube, de façon à empêcher l’issue du liquide, ainsi que cela est représenté dans la figure, il se produit des réflexions de l’onde contre cet obstacle. Ces réflexions n’ont pas lieu lorsqu’on laisse le tube ouvert.
Sans entrer dans les détails de ces expériences qui ont été exposées ailleurs, avec les développements nécessaires4, je donnerai quelques types des tracés qu’elles ont fournis.
La figure 182 montre le passage d’une onde positive sous les six explorateurs; l’orifice d’écoulement était fermé, ce qui donnait naissance à une onde réfléchie. On y voit aussi qu’à la suite de l’onde positive directe se forment une série d’ondes secondaires.
Explication de la figure 182. — La ligne des abscisses représente les temps; chaque durée peut être évaluée en 50e de seconde et en fractions, d’après le nombre de vibrations doubles du chronographe.
La ligne des ordonnées exprime les longueurs du tube ou les espaces parcourus par l’onde. Entre deux explorateurs il y a un intervalle de 0m,20. Les distances verticales I à II, II à III, etc., correspondent donc à 0m,20 de chemin parcouru par l’onde.
Les lettres a, b, c, a', dans les six tracés superposés, marquent chacune le sommet d’une même onde, et permettent d’en suivre la marche. Une flèche indique le sens dans lequel se fait la propagation. Ainsi la, 2a, 3a.... 6a, signalent la marche de la première onde directe positive qui, partant de l’orifice d’entrée où elle est signalée par l’explorateur n° 1, arrive à l’extrémité fermée du tube où elle se réfléchit. On peut alors suivre cette même onde pendant son retour; elle est signalée par les lettres a' 6, a'5....a'l. Le lieu de la réflexion est indiqué par le changement de direction des flèches qui, d’ascendantes qu’elles étaient, deviennent descendantes.
Les ondes secondaires sont signalées par des lettres qui permettent également de les reconnaître ; ainsi b désigné la 2e onde, c la troisième, d la quatrième. Ces ondes secondaires s’éteignent plus ou moins vite : l’onde b ne dépasse pas le 3e explorateur, c’est-à-dire qu’elle s’éteint après un parcours de 0m,40; l’onde c ne parcourt que 0n’,20; l’onde d ne parcourt pas 0m,20.